Washington remet la loi CLARITY sur la table ce jeudi, avec une troisième réunion à la Maison Blanche réunissant des représentants de Ripple, Coinbase et du secteur bancaire. L’objectif est de débloquer le point qui fige tout, celui des récompenses liées aux stablecoins. La rencontre est annoncée pour 9 h (heure de l’Est) et s’inscrit dans une course contre la montre avant une échéance de fin de mois.
En bref :
- La Maison Blanche tient une troisième réunion CLARITY avec Ripple, Coinbase et les banques.
- Le blocage porte sur les récompenses en stablecoins.
- Un compromis circule, mais la ligne “intérêt vs récompense” reste le vrai piège.
Une table réduite, un sujet explosif
Le fond du débat tient en une phrase : qui a le droit de “partager” le rendement généré autour d’un stablecoin, et sous quelles conditions. Les banques poussent pour une interdiction large. Elles craignent une concurrence frontale avec les dépôts classiques, donc un risque de fuite de liquidités.
En face, les plateformes crypto répondent que supprimer ces récompenses, c’est couper un usage devenu central. Pas seulement pour “gagner plus”. Aussi pour rendre le marché américain compétitif face à des juridictions plus souples.
Stablecoin yield : le mot qui bloque tout
L’administration américaine tente de faire rentrer ce sujet dans une case réglementaire stable. Problème : le stablecoin n’est plus un simple jeton de trading. C’est un instrument de paiement, un outil de trésorerie, parfois une brique DeFi, souvent tout à la fois.
Un autre élément complique le puzzle : certaines règles sur les stablecoins visent déjà l’idée d’un “intérêt” versé par l’émetteur. Mais le débat actuel porte surtout sur les intermédiaires. Autrement dit, même si l’émetteur ne verse rien, une plateforme peut structurer des récompenses via d’autres mécanismes. C’est précisément là que les banques voient une brèche.
Ce bras de fer a déjà montré qu’il ne se résout pas avec une poignée de main et une photo. Une réunion précédente, rapportée par Reuters, s’est terminée sans percée malgré un ton jugé “constructif”. Traduction : chacun est reparti avec ses lignes rouges.
La proposition “compromis” qui circule
Pour éviter une interdiction totale, The Digital Chamber a publié des principes et pousse un compromis : renoncer aux récompenses qui ressemblent trop à un compte épargne, mais préserver des exceptions liées à des usages plus “activité” que “dépôt”. Le texte insiste notamment sur des cas comme la fourniture de liquidité ou la participation à certains mécanismes d’écosystème.
Ce compromis a une logique politique. Il donne quelque chose aux banques sur le symbole “pas d’intérêt sur de l’argent qui dort”. Il donne quelque chose à la crypto sur l’innovation “récompense si tu fais tourner la machine”.
Reste la question qui fâche : qui définit la frontière entre “récompense légitime” et “intérêt déguisé”. Sans définition solide, le marché aura un texte… et des années de bataille d’interprétation.
Avril en ligne de mire, mais le calendrier reste nerveux
En coulisses, un horizon revient : avril. Des déclarations publiques évoquent un chemin possible vers une adoption ou une finalisation autour de cette période, même si les détails procéduraux restent flous.
Sur le plan législatif, le CLARITY Act vise à clarifier le partage des rôles entre régulateurs et à encadrer les marchés d’actifs numériques. Le texte existe, il est suivi, et son état est traçable au Congrès.
Ce qui change aujourd’hui, c’est la pression. Les marchés lisent ces réunions comme un signal : soit Washington verrouille un compromis, soit la loi traîne encore et les acteurs continuent d’opérer avec une incertitude qui coûte cher. C’est pour ça que cette “réunion choc” compte autant. Elle n’écrit pas la loi, mais elle peut décider de sa vitesse.
