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    La fin des layer 1 généralistes ? Pas vraiment

    Lydie MusekwaBy Lydie Musekwa6 mai 2026Aucun commentaire19 Mins Read
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    Réseaux layer 1 généralistes face à la sélection du marché crypto
    Les layer 1 généralistes entrent dans une phase où l’usage réel, les stablecoins et les applications comptent plus que les promesses techniques.
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    Pendant des années, chaque nouvelle blockchain voulait devenir “le nouvel Ethereum”. Même promesse, même vocabulaire. Même rêve de conquête. Plus rapide, moins chère, plus scalable, plus simple, plus verte, plus adaptée au gaming, à la DeFi, aux NFT, aux paiements, aux institutions et, pourquoi pas, au café du matin.

    Le marché a fini par répondre

    En 2026, la question n’est plus seulement de savoir quelle blockchain peut tout faire. La vraie question est plus froide : quelle blockchain sert réellement à quelque chose, pour qui, et avec quelle économie durable ?

    C’est là que le débat sur la fin des layer 1 généralistes devient intéressant. Non, les L1 généralistes ne vont pas disparaître demain. Ethereum, Solana, BNB Chain ou Avalanche ne vont pas s’évaporer. Mais l’époque où il suffisait de lancer une blockchain programmable, de promettre 100 000 transactions par seconde et de vendre un token comme “l’infrastructure du futur” touche clairement à sa limite.

    Le marché ne veut plus seulement des blockchains. Il veut des usages. Paiements. Stablecoins. Applications fluides. Frais prévisibles. Garanties de sécurité. Et, surtout, des réseaux qui ne ressemblent pas à des villes fantômes avec une belle capitalisation.

    Le vieux rêve du layer 1 universel

    Un layer 1 généraliste, c’est une blockchain de base capable d’héberger plusieurs types d’applications. Finance décentralisée, NFT, jeux, identité, stablecoins, gouvernance, réseaux sociaux, actifs tokenisés. En théorie, elle est le sol sur lequel tout peut pousser.

    Ethereum a popularisé ce modèle. L’idée était puissante. Une couche de règlement ouverte. Des smart contracts. Des applications sans permission. Un écosystème où n’importe qui peut déployer un protocole. Cette vision a déclenché une vague immense.

    Mais le marché a changé. L’utilisateur moyen ne se demande pas s’il utilise un layer 1, un layer 2 ou une appchain. Il veut que son swap passe. Il veut envoyer un stablecoin. L’utilisateur veut payer peu de frais. Il veut éviter les ponts compliqués. Il veut une expérience qui ne ressemble pas à un tableau de bord d’ingénieur.

    Cette évolution prolonge exactement le mouvement décrit dans notre article sur les blockchains invisibles : l’infrastructure qui gagne vraiment est souvent celle que l’utilisateur final ne regarde plus.

    Conséquance pour les Layer 1

    La conséquence est simple. La valeur ne va plus automatiquement au layer 1 généraliste. Elle se déplace vers les applications, les front-ends, les stablecoins, les rollups, les wallets, les infrastructures spécialisées et les réseaux capables de capter un usage précis.

    Ethereum reste le centre de gravité de la DeFi et des stablecoins. Les données de DeFiLlama montrent encore une masse stablecoin et une activité DeFi considérables sur Ethereum. Ce n’est pas un réseau mort. C’est même encore le coffre-fort principal de l’économie on-chain. Mais Ethereum n’est plus simplement “la blockchain où tout se passe directement”. Une grande partie de son avenir passe désormais par les layer 2.

    Solana, de son côté, montre un autre modèle. La chaîne assume une logique monolithique : une seule couche très rapide, pensée pour une expérience plus directe. DeFiLlama affiche aussi une activité quotidienne élevée sur Solana, avec beaucoup de transactions et d’adresses actives. Cela montre une chose : le marché garde de l’appétit pour les L1 rapides quand l’usage suit. Ces chiffres cassent une idée trop simple. Les layer 1 généralistes ne meurent pas tous. Ils se spécialisent, parfois malgré eux.

    La généralité ne suffit plus

    Le problème des L1 généralistes n’est pas technique seulement. Il est économique. Pendant le cycle précédent, beaucoup de projets vendaient une idée large : “venez construire chez nous”. Cela suffisait parfois à attirer des développeurs, des capitaux et des chasseurs d’airdrops. Mais une blockchain vide coûte cher à maintenir. Elle doit rémunérer ses validateurs, sécuriser son réseau. Elle doit financer ses équipes, soutenir son token, créer une demande réelle pour son espace de bloc.

    Or, si l’activité ne vient pas, le récit se fissure.

    Le marché devient plus exigeant. Il ne compare plus seulement les TPS théoriques. Il regarde les volumes DEX, les stablecoins, les frais générés, les revenus, les utilisateurs actifs, les ponts, les développeurs, la liquidité native et la capacité à garder les applications. Une blockchain peut être rapide et n’avoir aucune gravité économique. Elle peut être techniquement propre et socialement invisible. Elle peut avoir un token coté partout, mais aucune raison organique d’être utilisée.

    C’est ici que beaucoup de layer 1 généralistes souffrent. Ils se retrouvent coincés entre Ethereum, qui garde la profondeur de liquidité, Solana, qui capte le récit de performance grand public, BNB Chain, qui bénéficie encore d’une base retail importante, et les layer 2, qui absorbent une partie de la demande applicative. Cette sélection rejoint une idée plus large : seules les technologies blockchain qui survivront jusqu’en 2030 seront celles qui règlent un vrai problème.

    BNB Chain reste un bon exemple de L1 généraliste qui survit par distribution. DeFiLlama lui attribue une activité importante en stablecoins, adresses actives et transactions. Ces chiffres montrent que le réseau reste utilisé. Mais son avantage ne vient pas seulement de la technologie. Il vient aussi de son intégration à un écosystème d’exchange, de wallets, de liquidité et d’utilisateurs déjà présents.

    C’est une nuance importante. Le gagnant n’est pas toujours la meilleure architecture. C’est souvent la meilleure combinaison entre distribution, liquidité, confiance, coût et simplicité.

    Ethereum n’est plus seulement un L1 généraliste

    Ethereum est au cœur du débat, car il a changé de nature. À ses débuts, Ethereum voulait être un ordinateur mondial. En 2026, il ressemble davantage à une couche de règlement, de sécurité et de disponibilité des données pour un réseau de layer 2.

    Ce glissement est stratégique. Il ne veut pas dire qu’Ethereum abandonne son L1. Au contraire, la Fondation Ethereum a publié en février 2026 une mise à jour de ses priorités protocolaires autour de trois axes : scaler, améliorer l’expérience utilisateur et durcir le L1. Le texte insiste sur le scaling, les blobs pour les L2, l’interopérabilité et la préservation des propriétés fondamentales du réseau.

    Ethereum domine toujours ?

    C’est très révélateur. Ethereum ne cherche plus à gagner la guerre en copiant Solana sur son propre terrain. Il cherche à devenir une couche de confiance. Une base robuste. Un lieu où les actifs les plus importants peuvent être réglés, sécurisés et reliés à un ensemble de rollups.

    L’upgrade Dencun a accéléré cette direction. Ethereum.org explique que Dencun a activé le proto-danksharding via EIP-4844, avec des “blobs” temporaires destinés à réduire le coût de stockage des données pour les rollups.

    Dans ce modèle, le L1 généraliste classique devient moins central pour l’utilisateur final. Il devient plus central pour la sécurité du système. Ce n’est pas une disparition. C’est une mutation.

    Cela explique aussi pourquoi certains critiques disent qu’Ethereum perd de la valeur au profit de ses L2. C’est une vraie question. Si les utilisateurs paient moins de frais sur le L1, si les applications captent davantage de revenus, et si les rollups développent leurs propres économies, où se concentre la valeur ? Dans l’ETH ? Les tokens de L2 ? Les applications ? Dans les séquenceurs ? Dans les wallets ?

    La réponse n’est pas encore complètement tranchée. Mais elle montre que le modèle “un L1 généraliste capte tout” est dépassé.

    Les layer 2 ont changé la carte

    Les layer 2 ne sont pas seulement des extensions techniques. Ils sont devenus des territoires économiques.

    Base en est l’exemple le plus parlant. Ce n’est pas un L1. C’est un layer 2 Ethereum incubé par Coinbase. Pourtant, dans l’usage quotidien, beaucoup d’utilisateurs peuvent le percevoir comme une chaîne à part entière. DeFiLlama lui attribue une activité qui rivalise avec plusieurs L1 historiques, notamment en TVL, stablecoins, adresses actives et transactions.

    Voilà le cœur du problème pour les L1 généralistes secondaires. Pourquoi lancer une nouvelle L1 si un layer 2 peut offrir une expérience rapide, peu chère, connectée à Ethereum, avec une distribution déjà forte ? Pourquoi convaincre les utilisateurs de déplacer leur liquidité vers une nouvelle sécurité économique, quand ils peuvent rester dans une orbite Ethereum ?

    Ce n’est pas seulement une bataille technique. C’est une bataille de confiance. Les nouveaux L1 doivent convaincre sur trois fronts en même temps : sécurité, liquidité et usage. Les L2, eux, peuvent parfois emprunter une partie de la crédibilité d’Ethereum tout en construisant leur propre marque.

    C’est violent pour les chaînes généralistes moyennes. Elles n’ont ni la profondeur d’Ethereum, ni la vitesse narrative de Solana, ni la distribution de BNB Chain, ni l’avantage de proximité des L2 Ethereum.

    Elles se retrouvent dans une zone grise. Trop générales pour être indispensables. Trop petites pour être liquides. Et trop isolées pour être naturelles, trop similaires aux autres pour être mémorables.

    Solana défend le modèle monolithique

    Face à la modularité Ethereum, Solana défend une autre thèse. Le monde n’a pas besoin de mille couches visibles. Il a besoin d’une chaîne rapide, intégrée et fluide. Un seul environnement. Des frais bas. Une exécution rapide. Une culture produit plus directe. Une communauté développeur très active.

    Ce modèle parle aux applications grand public. Il parle aux memecoins, au trading on-chain. Il parle aux paiements rapides, aux expériences où la latence compte. Et s’inscrit aussi dans les grandes narratives crypto 2026, où l’usage réel pèse plus lourd que les slogans.

    Solana n’est pas seulement une “Ethereum killer”, comme on disait autrefois. Cette expression est fatiguée. Solana est devenue une réponse différente à la même question : comment faire passer la crypto d’un marché de niche à une infrastructure utilisable par beaucoup de monde ?

    La chaîne a aussi travaillé sur sa robustesse. Firedancer, le client développé par Jump Crypto, est présenté comme une amélioration majeure pour diversifier l’infrastructure de validation et augmenter les performances. The Block a rapporté en décembre 2025 que Firedancer avait atteint le mainnet, avec l’ambition de débloquer à terme des performances très élevées.

    Cela ne signifie pas que Solana a gagné. Elle reste exposée à des risques : centralisation relative, exigences matérielles, congestion lors de pics spéculatifs, dépendance à certaines catégories d’activité, concurrence des L2 et pression réglementaire possible sur certains usages. Mais Solana prouve qu’un L1 généraliste peut encore être pertinent s’il devient un environnement culturel et économique cohérent.

    L’usage bat le prestige

    Les discussions intellectuelles sur la crypto oublient parfois une chose simple : le marché n’utilise pas toujours la chaîne la plus élégante. Il utilise celle qui marche pour un besoin donné.

    Dans de nombreux marchés émergents, ce qui compte n’est pas la pureté théorique d’une architecture blockchain. Ce qui compte, c’est d’envoyer de la valeur vite, à coût raisonnable, avec un actif que les gens reconnaissent. Le stablecoin devient alors le produit, et la blockchain le rail.

    C’est une leçon dure pour beaucoup de projets. Le marché ne récompense pas toujours la meilleure narration décentralisée. Il récompense souvent le rail le plus pratique pour un usage donné.

    Dans ce sens, les réseaux utilisés pour les paiements en dollars numériques n’annoncent pas la fin des L1. Ils annoncent la fin des L1 sans fonction claire.

    Avalanche, Cosmos et le retour des chaînes spécialisées

    Une autre tendance pousse contre le modèle généraliste : les appchains et les chaînes spécialisées.

    Avalanche a beaucoup travaillé cette logique avec ses subnets, puis avec Avalanche9000. Le site d’Avalanche9000 présente cette mise à jour comme la plus importante depuis le lancement du mainnet, avec l’objectif de rendre le lancement de son propre L1 plus économiquement faisable, plus simple à personnaliser et plus rapide à mettre sur le marché.

    Le message est direct. Tout ne doit pas vivre sur une même chaîne généraliste. Une application, une institution ou un secteur peut vouloir sa propre chaîne. Avec ses règles. Ses validateurs. Sa conformité. Ses frais. Sa logique économique. Sa gouvernance. Son niveau de confidentialité. Sa performance adaptée.

    Cette idée est ancienne dans Cosmos. Elle revient en force sous d’autres noms : appchains, sovereign rollups, subnets, L3, rollup-as-a-service, modular chains. Peu importe l’étiquette. Le mouvement est clair. L’infrastructure devient plus fragmentée, mais aussi plus spécialisée.

    Cela peut paraître contradictoire avec le besoin de simplicité. En réalité, les deux tendances avancent ensemble. Sous le capot, l’infrastructure se spécialise. Côté utilisateur, l’expérience doit devenir invisible, comme dans le mouvement du Web3 sans token spéculatif : moins de friction visible, plus d’infrastructure derrière.

    Le futur ne sera peut-être pas une seule blockchain pour tout. Ce sera peut-être un ensemble de chaînes spécialisées, reliées par des standards, des wallets et des interfaces qui cachent la complexité.

    Dans ce monde, le layer 1 généraliste n’est plus le héros unique. Il devient une option parmi d’autres.

    Le vrai danger : devenir une commodité

    Le risque majeur pour les L1 généralistes est la commoditisation. Autrement dit, devenir interchangeable. Si une chaîne promet seulement “des transactions rapides et peu chères”, elle a un problème. Beaucoup de réseaux peuvent promettre cela. Les L2 aussi. Les bases de données centralisées encore plus. Il faut donc plus qu’une performance brute.

    Il faut une liquidité difficile à déplacer. Une communauté développeur solide. Des applications natives. Une distribution. Une marque. Une sécurité reconnue. Des intégrations avec les stablecoins. Une présence dans les wallets. Des ponts fiables. Une capacité à attirer les market makers crypto. Une raison de rester.

    Sans cela, une L1 devient une route vide. Bien asphaltée, peut-être. Mais vide. Cette pression explique pourquoi les nouvelles blockchains cherchent souvent des niches. IA, gaming, DePIN, RWA, stablecoins, confidentialité, trading haute fréquence, identité, données, propriété intellectuelle, actifs institutionnels. Elles ne veulent plus seulement être “la prochaine blockchain généraliste”. Elles veulent devenir l’infrastructure d’un segment.

    C’est plus crédible. Mais c’est aussi plus difficile. Une niche demande une vraie expertise. Pas seulement un white paper.

    Les applications captent de plus en plus l’attention

    Une autre menace vient de la couche applicative. Un utilisateur ne dit pas “je vais utiliser Ethereum”. Il dit “je vais utiliser Uniswap”, “je vais envoyer un stablecoin”, “je vais trader sur un agrégateur”, “je vais utiliser un wallet”, “je vais passer par Base”, “je vais acheter un memecoin”.

    La marque de la chaîne compte encore. Mais elle n’est plus toujours au centre de l’expérience. Dans la DeFi, les applications peuvent générer des frais importants même lorsque les frais de la chaîne baissent. DeFiLlama sépare d’ailleurs les métriques de frais et revenus des chaînes de celles des applications, ce qui montre bien que la valeur économique ne se situe pas toujours au même niveau.

    C’est un glissement majeur. Les blockchains étaient autrefois les stars. Les applications deviennent les portes d’entrée. Les wallets deviennent les navigateurs. Les stablecoins deviennent le produit le plus utilisé. Les exchanges restent des centres de liquidité. Les chaînes, elles, deviennent parfois des infrastructures arrière-plan.

    Cela ne veut pas dire qu’elles n’ont plus de valeur. Mais cela veut dire qu’elles doivent justifier leur place dans une pile plus complexe.

    Le stablecoin est devenu le juge de paix

    Pour mesurer l’utilité d’une chaîne, il faut regarder les stablecoins. Pas seulement la TVL DeFi, pas seulement les NFT. Pas seulement le nombre de transactions. Les stablecoins montrent où circule une demande réelle de dollars numériques.

    DeFiLlama suit la répartition des stablecoins par chaîne, et cette donnée est devenue l’un des meilleurs thermomètres de l’usage on-chain. Elle confirme qu’Ethereum reste un socle majeur de liquidité stablecoin, mais aussi qu’une partie importante de cette masse circule ailleurs.

    Cette distribution raconte l’avenir. Ethereum garde le coffre. Solana pousse l’usage rapide et l’USDC. Base attire les utilisateurs grâce à Coinbase et à l’écosystème Ethereum. BNB Chain reste forte sur le retail international.

    Les L1 généralistes qui n’attirent pas de stablecoins ont un gros problème. Sans stablecoins, il n’y a pas de vraie liquidité transactionnelle. Sans liquidité, les applications restent fragiles. Et sans applications fortes, les utilisateurs partent. Et sans utilisateurs, le token devient surtout un actif spéculatif.

    Le stablecoin est devenu le sang de l’économie on-chain. Une chaîne qui n’en a pas assez respire mal.

    Les Ethereum killers ont perdu leur slogan

    Le vieux récit des “Ethereum killers” est mort. Pas parce qu’Ethereum a écrasé tout le monde. Plutôt parce que le marché s’est complexifié.

    Solana ne tue pas Ethereum. Elle prend un autre segment. Base ne tue pas Ethereum. Il l’étend, tout en créant une nouvelle zone de pouvoir. Avalanche ne tue pas Ethereum. Il propose une logique de chaînes personnalisées. BNB Chain ne tue pas Ethereum. Elle sert une base d’utilisateurs différente.

    La question n’est plus “qui tue qui ?”. La question est “qui devient indispensable dans quelle partie de la pile ?”.

    C’est moins spectaculaire. Mais plus mature.

    Un layer 1 généraliste peut encore survivre s’il devient indispensable à un usage. Ethereum pour la sécurité, la liquidité profonde et le règlement. Solana pour l’exécution rapide et l’expérience on-chain. BNB Chain pour un retail mondial connecté à l’écosystème Binance. Avalanche pour les chaînes personnalisées et certains usages institutionnels ou sectoriels.

    Les autres devront prouver davantage.

    Le marché va devenir impitoyable avec les L1 sans traction

    La prochaine phase pourrait être rude. Beaucoup de L1 ont encore des valorisations élevées, mais peu de revenus organiques. Certaines chaînes vivent grâce aux incentives. D’autres grâce à des annonces. D’autres grâce à des listings. Et d’autres grâce à des campagnes de points. Cela peut marcher un temps. Mais une économie blockchain ne peut pas éternellement dépendre de subventions.

    Quand les incentives baissent, les mercenaires partent. Les rendements artificiels disparaissent, la liquidité migre. Quand l’airdrop est distribué, les utilisateurs deviennent silencieux. C’est là qu’on voit si une chaîne a une vraie base.

    Le marché crypto a longtemps confondu activité et extraction d’airdrop. En 2026, cette confusion devient plus dangereuse. Les investisseurs regardent davantage la qualité des flux. Les développeurs veulent des utilisateurs réels. Les utilisateurs veulent une expérience simple. Les régulateurs surveillent. Les stablecoin issuers choisissent leurs rails avec prudence. Les exchanges filtrent mieux.

    Un L1 généraliste qui n’a pas de différenciation forte risque donc de devenir un simple ticker. Tradable, mais pas essentiel.

    La modularité ne tue pas les L1, elle les force à choisir

    La modularité est souvent présentée comme la fin des blockchains monolithiques. C’est exagéré. Solana montre qu’un modèle intégré peut rester puissant. Mais la modularité impose une discipline stratégique. Chaque couche doit savoir ce qu’elle fait mieux que les autres.

    Disponibilité des données. Exécution. Règlement. Consensus. Séquençage. Interopérabilité. Confidentialité. Identité. Stockage. Paiement. Chaque fonction peut devenir un marché.

    Dans ce contexte, le L1 généraliste ne peut plus se contenter d’être “la couche de base”. Il doit dire pourquoi sa couche de base mérite d’exister.

    Ethereum répond par la sécurité, l’effet réseau, les blobs, les L2 et la liquidité. Solana répond par la performance intégrée. Avalanche répond par les L1 personnalisables. BNB Chain répond par la distribution retail et l’écosystème Binance.

    Les chaînes qui n’ont pas de réponse claire seront compressées.

    Ce que cela change pour les investisseurs

    Pour un investisseur, la question doit évoluer. Acheter un token L1 parce que “la blockchain est rapide” ne suffit plus. Il faut regarder la demande réelle pour le token. Le token sert-il à payer des frais ? Les frais sont-ils significatifs ? La chaîne brûle-t-elle une partie de ces frais ? Les validateurs captent-ils toute la valeur ? Les applications captent-elles l’essentiel ? Le token est-il nécessaire à la sécurité ? La liquidité vient-elle d’usages réels ou d’incentives temporaires ?

    Il faut aussi regarder la qualité des stablecoins sur la chaîne. USDT ou USDC natifs valent mieux qu’une liquidité bridgée fragile. Il faut regarder les volumes DEX, mais aussi leur origine. Un volume élevé peut être sain. Il peut aussi être gonflé par du wash trading, des bots ou des campagnes de farming.

    Il faut regarder les développeurs, mais pas seulement leur nombre. Une petite base de développeurs qui construit des produits utilisés vaut mieux qu’un grand hackathon sans lendemain.

    Enfin, il faut regarder la distribution. Une blockchain peut être brillante et rester invisible. Dans la crypto, l’infrastructure ne gagne pas seule. Elle gagne quand elle rencontre des wallets, des exchanges, des applications, des market makers, des communautés et des cas d’usage.

    Ce que cela change pour les fondateurs

    Pour les fondateurs, lancer une nouvelle L1 généraliste en 2026 est beaucoup plus difficile qu’en 2021. Le marché a déjà trop d’infrastructures. Les développeurs sont sollicités partout. Les utilisateurs ne veulent plus changer de réseau pour une promesse vague. Les investisseurs demandent une thèse plus précise.

    La bonne question n’est plus : “comment créer une blockchain plus rapide ?” La bonne question est : “quel problème mérite sa propre couche de confiance ?”

    Un réseau pour les paiements transfrontaliers en stablecoins n’a pas les mêmes besoins qu’un jeu on-chain. Un réseau pour des actifs financiers tokenisés n’a pas les mêmes exigences qu’un protocole DePIN. Une chaîne pour une banque n’a pas la même gouvernance qu’un réseau permissionless. Une appchain gaming n’a pas la même tolérance au risque qu’un marché monétaire DeFi.

    La spécialisation devient un avantage. Mais seulement si elle correspond à une demande réelle.

    La fin d’un imaginaire, pas la fin des L1

    Dire “la fin des layer 1 généralistes” est donc un raccourci utile, mais incomplet. Ce qui se termine vraiment, c’est l’imaginaire selon lequel chaque L1 peut devenir un empire universel.

    Le futur sera plus sélectif. Quelques grands L1 resteront. Certains deviendront des couches de règlement. D’autres des chaînes d’exécution rapide. D’autres des rails de stablecoins. Et d’autres des hubs de chaînes spécialisées. Beaucoup deviendront secondaires. Certains disparaîtront dans l’indifférence.

    Le marché ne manque pas de blockchains. Il manque de raisons fortes de les utiliser.

    C’est brutal, mais sain. La crypto sort lentement de l’ère où l’infrastructure était vendue comme une fin en soi. Elle entre dans une phase où l’infrastructure doit s’effacer derrière l’usage. Les meilleurs réseaux ne seront pas forcément ceux qui parlent le plus fort. Ce seront ceux que les utilisateurs utilisent sans même y penser.

    La fin des layer 1 généralistes ? Non. La fin des layer 1 généralistes sans identité, sans liquidité et sans usage clair ? Oui. Et cette fin-là a déjà commencé.

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    Lydie Musekwa

    Lydie Musekwa, enseignante chercheuse passionnée par les nouvelles technologies, plonge dans l'univers des cryptomonnaies avec un regard analytique et innovant. Depuis sa découverte du bitcoin, son parcours s'est orienté vers une exploration exhaustive de la blockchain et de ses applications. Armée d'un esprit critique et d'une soif d'apprendre, elle s'attache à démystifier les concepts technologiques complexes pour ses lecteurs, tout en scrutant les dernières tendances et avancées. En tant que rédactrice, Lydie s'engage à partager des connaissances précises et à jour, faisant le pont entre le monde académique et la sphère digitale en constante évolution.

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