Donald Trump est accusé d’avoir publiquement valorisé plus de 20 entreprises quelques jours après l’achat de leurs actions par ses gestionnaires. Nvidia, Tesla et Apple apparaissent dans cette enquête, qui relance le débat sur les conflits d’intérêts du président américain.
Trump aurait promu 21 entreprises après 44 achats
Cette séquence prolonge les soupçons de conflits d’intérêts déjà visibles autour de Trump Media et de ses projets crypto. Une analyse de CNN affirme avoir identifié au moins 44 achats d’actions concernant 21 entreprises. Chaque transaction aurait été réalisée dans la semaine précédant un message favorable publié par Donald Trump sur Truth Social, selon la présentation de l’enquête par CNN. Certains posts vantaient directement une société, son dirigeant ou l’un de ses produits.
D’autres publications annonçaient des décisions gouvernementales susceptibles de profiter aux entreprises présentes dans son portefeuille. Cette chronologie ne prouve pas que Trump a personnellement commandé les achats. Elle soulève néanmoins une question sensible : le président pouvait-il connaître les positions prises en son nom avant de communiquer publiquement ?
La Maison-Blanche rejette cette interprétation. Elle affirme que les investissements sont effectués par des institutions financières indépendantes à travers des comptes discrétionnaires. Donald Trump et sa famille n’approuveraient donc pas les transactions individuelles.
Nvidia devient le cas le plus embarrassant
L’exemple de Nvidia concentre une grande partie des critiques, dans un marché où la valorisation de Nvidia nourrit déjà les alertes sur une bulle IA. Selon l’enquête, les comptes de Trump auraient acheté entre 200 000 et 500 000 dollars d’actions Nvidia. Quelques jours plus tard, le président a annoncé une nouvelle importante concernant les projets américains de supercalculateurs destinés à l’intelligence artificielle.
Trump avait alors salué les investissements technologiques et promis d’accélérer certaines autorisations nécessaires à la construction d’infrastructures d’IA. Nvidia pouvait directement bénéficier de cette politique. Le problème ne vient donc pas seulement d’un compliment adressé à une entreprise. Il vient du pouvoir présidentiel d’influencer son environnement économique.
Apple se retrouve dans une situation comparable. Le jour de la présentation du plan américain pour l’intelligence artificielle, le 23 juillet 2025, les gestionnaires de Trump auraient acheté entre un et cinq millions de dollars d’actions Apple, Nvidia, Amazon, Broadcom, Meta et Microsoft. Les documents ne précisent toutefois pas si ces achats ont été effectués avant ou après l’annonce.
Tesla et les milliers de transactions alimentent les soupçons
Tesla fait également partie des entreprises publiquement défendues après des acquisitions d’actions, alors que le titre reste très suivi par les grands investisseurs comme Cathie Wood. Une analyse citée par plusieurs médias évoque environ quatre millions de dollars investis dans le constructeur avant des messages favorables à Elon Musk et à ses véhicules. Là encore, aucune preuve publiée ne montre que Trump aurait lui-même ordonné les transactions.
L’ampleur du portefeuille rend cependant la séparation difficile à vérifier. Les dernières déclarations financières montrent plus de 21 000 transactions sur titres durant la première année du mandat. Les comptes concernés auraient atteint au moins 858 millions de dollars et détenu des positions dans près de 1 600 entreprises.
À titre de comparaison, Joe Biden n’aurait déclaré que 13 transactions boursières pendant toute sa présidence. Les prédécesseurs de Trump privilégiaient généralement les fonds diversifiés ou les véritables trusts aveugles. Ils limitaient ainsi les situations dans lesquelles une décision publique pouvait augmenter leur richesse personnelle.
Le débat dépasse désormais le marché des actions
Les comptes de Trump sont gérés de manière discrétionnaire, mais ils ne répondent pas aux exigences d’un blind trust classique. Dans un véritable trust aveugle, le responsable politique ne connaît pas précisément les actifs détenus. Ici, les transactions finissent par apparaître dans les déclarations publiques, ce qui maintient un doute sur les informations accessibles au président.
Aucune donnée publiée ne démontre pour l’instant un délit d’initié ou une manipulation illégale. Les accusations portent surtout sur l’éthique et la confiance publique. Le président peut agir sur les tarifs douaniers, les contrats fédéraux, les exportations de puces ou les réglementations. Ses propos peuvent aussi déplacer rapidement les cours.
Cette affaire rejoint directement le débat crypto. Plusieurs sénateurs réclament déjà des restrictions empêchant le président et les hauts responsables de profiter des actifs numériques qu’ils réglementent. Les revenus crypto de la famille Trump, estimés à plus de 1,4 milliard de dollars en 2025, avaient fragilisé les négociations autour du CLARITY Act. Les actions Nvidia, Tesla et Apple ajoutent désormais un autre étage au conflit d’intérêts.
En bref
- Trump aurait promu 21 entreprises après 44 achats d’actions.
- La Maison-Blanche affirme que des gestionnaires indépendants contrôlent les transactions.
- Aucune preuve publique n’établit actuellement une opération illégale.
