Plusieurs projets DeFi ayant résisté à l’effondrement de Terra, à la faillite de FTX et au marché baissier de 2022 cessent leurs activités en 2026. Zapper, Botanix et Parsec figurent parmi les plateformes concernées, tandis que d’autres services plus petits disparaissent ou deviennent inactifs. Leur recul ne traduit pourtant pas un abandon général de la finance décentralisée. Le capital s’est déplacé vers des applications plus rentables, tandis que les investisseurs exigent désormais des revenus durables.
Les projets DeFi de 2022 tombent quatre ans plus tard
Cette vague prolonge les tensions déjà visibles dans la DeFi inter-chaînes sous pression. Zapper a annoncé sa fermeture après près de sept années d’activité. Le tableau de bord permettait aux utilisateurs de suivre leurs actifs, leurs positions et leurs opérations sur plusieurs protocoles. Son ancienneté ne lui a pourtant pas garanti un modèle économique durable.
Selon The Block, Zapper doit arrêter son site principal, ses applications mobiles et ses API le 3 août 2026. La plateforme avait levé 15 millions de dollars en 2021 et atteint, à son pic, plus de 13 milliards de dollars de transactions traitées.
D’autres projets ont suivi une trajectoire proche. Botanix, conçu autour de la DeFi sur Bitcoin, a annoncé l’arrêt progressif de son réseau. Son équipe explique, dans son message de fermeture, que le protocole fonctionnait, mais que l’expérience n’a pas trouvé le bon marché au bon moment.
RootData recensait aussi une forte hausse des projets crypto morts ou inactifs en 2026. Les chiffres varient selon les mises à jour, mais la tendance est claire : les fermetures touchent les exchanges, les wallets, les infrastructures, les NFT et la DeFi. Le contraste est frappant. Certains services avaient traversé le pire choc de l’industrie moderne. Ils ferment maintenant dans un marché plus mature, mais aussi beaucoup plus exigeant.
Le capital DeFi n’a pas disparu, il a changé de destination
L’explication la plus évidente serait une concentration autour de quelques géants. Pourtant, le mouvement semble plus subtil. Le capital n’a pas simplement quitté la blockchain. Il s’est déplacé vers de nouvelles catégories d’applications.
Les plateformes de produits dérivés, les marchés spécialisés, les stablecoins et les services plus simples à utiliser captent désormais une partie des frais autrefois générés par la DeFi classique. Les infrastructures liées à la finance tokenisée attirent aussi davantage de capitaux institutionnels.
Cette dispersion crée un problème brutal. Davantage de protocoles se battent pour les mêmes utilisateurs et la même liquidité. Une application peut conserver une communauté active tout en générant trop peu de revenus pour financer son développement, ses audits et son infrastructure.
Les investisseurs ne financent plus les rendements artificiels
Pendant les premiers cycles DeFi, les récompenses en tokens suffisaient souvent à attirer des capitaux. Les utilisateurs déposaient leurs actifs pour obtenir des rendements élevés. Ils repartaient toutefois dès que les récompenses diminuaient ou qu’un autre protocole proposait davantage.
Ce modèle convainc moins en 2026. Les investisseurs recherchent désormais des revenus durables, un historique solide et une demande qui ne dépend pas uniquement de distributions de tokens. Le rendement doit provenir d’une activité économique identifiable, pas seulement d’une nouvelle émission monétaire.
La sélection devient aussi technique. Les protocoles qui manipulent des fonds doivent financer une sécurité continue, pas seulement un audit initial. Le sujet rejoint les alertes récentes sur les audits crypto devenus insuffisants face aux nouvelles attaques. Sans revenus récurrents, même un bon produit peut manquer des moyens nécessaires pour rester fiable.
La nouvelle DeFi devient une infrastructure invisible
La finance décentralisée ne disparaît pas. Elle change de place dans la chaîne de valeur. Plutôt que de construire un nouvel équivalent d’Uniswap ou d’Aave, les équipes utilisent désormais les protocoles existants comme infrastructures pour développer des produits destinés aux banques, aux fintechs et aux plateformes grand public.
Morpho illustre cette évolution. Le projet a levé 175 millions de dollars en juin 2026 pour développer son réseau de crédit ouvert et attirer davantage d’activités institutionnelles sur la blockchain. Le communiqué de Morpho présente cette levée comme une étape vers un réseau de crédit ouvert, destiné à s’intégrer plus largement aux usages financiers.
Les domaines qui attirent les investissements ont également changé. Les stablecoins, les actifs tokenisés et les agents financiers utilisant l’intelligence artificielle prennent le relais des anciens projets de yield farming. Wall Street avance aussi sur la tokenisation portée par BlackRock et JPMorgan, ce qui déplace une partie de l’attention vers des rails plus institutionnels.
La distribution devient aussi essentielle que la technologie. Un protocole peut être robuste, mais il échouera s’il ne rejoint pas les utilisateurs dans les portefeuilles, les exchanges ou les applications qu’ils fréquentent déjà.
Le marché baissier de 2022 testait surtout la résistance financière. Le marché de 2026 teste l’utilité. Survivre à une crise ne suffit plus. Les projets doivent désormais prouver qu’ils peuvent produire des revenus, toucher un public réel et rester indispensables lorsque les récompenses artificielles disparaissent.
En bref
- Plusieurs anciens projets DeFi ferment en 2026.
- Le capital se déplace vers des applications plus rentables.
- Les revenus durables remplacent les récompenses en tokens.
