L’or a dépassé 4 400 dollars l’once le 11 août, atteignant son niveau le plus élevé depuis plus de deux mois. La faiblesse du marché du travail américain, les anticipations autour de la Fed et surtout les nouveaux achats massifs de la Chine soutiennent le mouvement. Pékin a ajouté près de 20 tonnes à ses réserves en juillet, accélérant nettement son accumulation.
L’or repasse brutalement au-dessus de 4 400 dollars
Ce retour de l’or au premier plan intervient alors que Ray Dalio privilégiait déjà le métal face à Bitcoin en cas d’éclatement de la bulle IA. Selon Bitcoin.com, le cours au comptant a atteint environ 4 434 à 4 435 dollars pendant la séance du 11 août, avant de revenir autour de 4 380 dollars.
Cette reprise tranche avec la correction observée pendant l’été. Bitcoin.com rappelle que l’or avait reculé vers 3 966 dollars avant de retrouver rapidement des acheteurs. Le métal teste désormais une zone technique surveillée autour de sa moyenne mobile à 100 jours.
Depuis le début d’août, la remontée dépasse 8 %. Le mouvement montre que les investisseurs recherchent de nouveau une protection face aux incertitudes économiques et géopolitiques, même après l’importante hausse déjà enregistrée par l’or ces derniers mois.
La Chine ajoute près de 20 tonnes en un mois
Le moteur le plus structurel vient de Pékin. Les réserves officielles de la Banque populaire de Chine sont passées de 75,44 millions à 76,08 millions d’onces en juillet. Cela représente une augmentation de 640 000 onces, soit presque 20 tonnes.
L’agence Anadolu indique que cette hausse équivaut à environ 19,9 tonnes et constitue la plus forte augmentation mensuelle depuis octobre 2023. Elle porte les réserves officielles chinoises autour de 2 366 tonnes.
La valeur des réserves d’or chinoises atteignait environ 306,35 milliards de dollars à la fin juillet. Le rythme des acquisitions s’accélère progressivement depuis mars.
Les achats chinois ne constituent pas un mouvement isolé. Les banques centrales avaient déjà ajouté un volume net important à leurs réserves mondiales ces derniers mois. Cette accumulation prolonge le débat sur la place de l’or dans les réserves officielles, un sujet que nous avions déjà abordé dans notre article sur la chute du ratio Bitcoin face à l’or.
La Fed devient le prochain obstacle pour le métal jaune
L’or profite également du changement des anticipations sur les taux américains. Les faibles chiffres de l’emploi de juillet ont réduit les paris sur une hausse rapide des taux de la Réserve fédérale. Le métal avait alors gagné plus de 2 % en une seule séance.
Cette relation reste essentielle. L’or ne verse aucun intérêt. Lorsque les rendements obligataires augmentent, les investisseurs disposent d’alternatives rémunérées qui peuvent rendre le métal moins attractif. Des taux moins élevés produisent généralement l’effet inverse.
Le marché attend donc les chiffres de l’inflation américaine. Le CPI doit être publié mercredi, suivi des prix à la production jeudi. Les probabilités de hausse de taux citées par Bitcoin.com reflètent les anticipations du marché au moment de son article et peuvent rapidement changer après les données d’inflation.
Cette sensibilité rejoint celle observée sur les actifs numériques. Bitcoin reste lui aussi dépendant du coût du dollar, comme nous l’avons expliqué dans notre analyse sur l’inflation, la Fed et la pression sur Bitcoin avant le CPI.
Les 4 500 dollars deviennent le prochain test
La prochaine zone psychologique se trouve autour de 4 500 dollars l’once. Bitcoin.com estime que ce seuil sera étroitement surveillé si l’inflation américaine confirme une modération. Une surprise haussière sur les prix pourrait au contraire faire remonter le dollar et les rendements obligataires.
Le contexte géopolitique reste également favorable à la demande de protection. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran continuent de peser sur les marchés, tandis que les incertitudes autour du détroit d’Ormuz maintiennent une prime de risque sur l’énergie.
La Chine ajoute toutefois une dimension plus profonde au mouvement. Ses achats ne dépendent pas uniquement d’une statistique américaine publiée cette semaine. Ils reflètent une diversification progressive des réserves officielles. Tant que cette demande institutionnelle reste forte, les corrections de l’or peuvent continuer à rencontrer des acheteurs importants.
En bref
- L’or a dépassé 4 400 dollars et atteint un plus haut de deux mois.
- La Chine a ajouté près de 20 tonnes à ses réserves en juillet.
- Le CPI américain décidera en partie si les 4 500 dollars peuvent être testés.
