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Crypto Afrique : Minisend relie les stablecoins à M-Pesa au Kenya

Minisend accélère au Kenya avec une promesse simple : transformer des USDC ou USDT reçus sur plusieurs blockchains en shillings directement disponibles sur M-Pesa. La fintech vient d’être désignée partenaire officiel de paiement de l’Africa Blockchain Festival 2026, organisé du 15 au 17 octobre au Sarit Expo Centre de Nairobi. Une vitrine stratégique pour une société qui considère désormais le Kenya comme un marché prioritaire.

Une commerçante de Nairobi reçoit un paiement mobile issu de stablecoins sur son téléphone
Minisend veut convertir USDC et USDT vers M-Pesa afin de rendre les stablecoins utilisables dans l’économie kényane.

Crypto Afrique : Minisend mise sur M-Pesa

L’offensive arrive alors que le Kenya resserre justement son contrôle sur les stablecoins. Minisend se positionne à l’autre bout du problème : rendre ces dollars numériques réellement utilisables dans l’économie locale.

Son système accepte des dépôts en USDC et USDT depuis plusieurs blockchains, puis les convertit vers les moyens de paiement utilisés quotidiennement. Au Kenya, la sortie passe par M-Pesa. Au Nigeria, Minisend propose le virement bancaire, tandis que Ghana et Ouganda disposent du mobile money. Son site revendique 19 réseaux EVM pour l’USDC, 15 pour l’USDT, auxquels s’ajoutent notamment Solana et Stellar.

Minisend affirme avoir déjà traité plus de 500 000 dollars, répartis sur plus de 10 000 ordres et plus de 1 000 utilisateurs. Ces chiffres sont communiqués par l’entreprise et n’ont pas été vérifiés indépendamment par Tech-ish.

Les stablecoins cherchent leurs rails africains

Minisend s’inscrit dans une tendance déjà visible. BrefCrypto rapportait récemment que DCS Pay et Kotani Pay veulent également convertir USDT et USDC vers les monnaies locales et le mobile money dans six marchés africains.

Le besoin existe. Selon Chainalysis, l’Afrique subsaharienne a reçu plus de 205 milliards de dollars de valeur on-chain entre juillet 2024 et juin 2025, en hausse d’environ 52 % sur un an. Les transferts inférieurs à 10 000 dollars y représentent aussi une part plus importante de l’activité que dans le reste du monde.

Le partenariat avec Africa Blockchain Festival donne donc à Minisend une exposition particulière. L’événement réunira du 15 au 17 octobre des acteurs de la blockchain, des paiements, de la réglementation et de la tokenisation à Nairobi.

Le calendrier réglementaire tombe mal

Il reste toutefois un sujet sensible : la licence.

Le Virtual Asset Service Providers Act kényan est entré en vigueur le 4 novembre 2025 et confie à la Central Bank of Kenya et à la Capital Markets Authority la supervision des prestataires concernés. Les opérateurs déjà actifs disposent d’une période transitoire qui arrive à échéance le 4 novembre 2026, moins de trois semaines après le festival.

Tech-ish souligne que l’annonce du partenariat ne précise ni si Minisend a déposé une demande de licence, ni sous quelle catégorie réglementaire la société souhaite exercer. Son offre inclut par ailleurs un rendement annoncé de 5,7 % APY sur les USDC laissés sur la plateforme, ce qui ajoute une activité distincte au simple règlement vers M-Pesa.

Minisend arrive donc au Kenya avec un produit qui répond à un usage concret, celui de faire sortir les stablecoins vers l’économie locale. Mais alors que les paiements numériques deviennent un terrain stratégique en Afrique, la prochaine étape sera moins technologique que réglementaire : pouvoir continuer à opérer une fois la transition kényane terminée.

Sources citées1
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Guy Gomez
Auteur

Guy Gomez

Guy Gomez est analyste et journaliste spécialisé en cryptomonnaies chez BrefCrypto. Ses articles se distinguent par une lecture experte des marchés, intégrant cycles, psychologie des investisseurs et rapports de force macro-économiques. Il analyse avec précision les enjeux réglementaires internationaux, en évaluant leur impact concret sur Bitcoin, les altcoins et l’adoption institutionnelle. Guy Gomez accorde une place centrale aux risques systémiques et à la sécurité, en décortiquant les mécanismes de fraude, d’ingénierie sociale et les erreurs récurrentes des investisseurs. Il apporte enfin un regard stratégique sur l’Afrique, où il étudie l’équilibre entre régulation, souveraineté financière et usages réels des crypto-actifs.