Crypto Afrique : Minisend mise sur M-Pesa
L’offensive arrive alors que le Kenya resserre justement son contrôle sur les stablecoins. Minisend se positionne à l’autre bout du problème : rendre ces dollars numériques réellement utilisables dans l’économie locale.
Son système accepte des dépôts en USDC et USDT depuis plusieurs blockchains, puis les convertit vers les moyens de paiement utilisés quotidiennement. Au Kenya, la sortie passe par M-Pesa. Au Nigeria, Minisend propose le virement bancaire, tandis que Ghana et Ouganda disposent du mobile money. Son site revendique 19 réseaux EVM pour l’USDC, 15 pour l’USDT, auxquels s’ajoutent notamment Solana et Stellar.
Minisend affirme avoir déjà traité plus de 500 000 dollars, répartis sur plus de 10 000 ordres et plus de 1 000 utilisateurs. Ces chiffres sont communiqués par l’entreprise et n’ont pas été vérifiés indépendamment par Tech-ish.
Les stablecoins cherchent leurs rails africains
Minisend s’inscrit dans une tendance déjà visible. BrefCrypto rapportait récemment que DCS Pay et Kotani Pay veulent également convertir USDT et USDC vers les monnaies locales et le mobile money dans six marchés africains.
Le besoin existe. Selon Chainalysis, l’Afrique subsaharienne a reçu plus de 205 milliards de dollars de valeur on-chain entre juillet 2024 et juin 2025, en hausse d’environ 52 % sur un an. Les transferts inférieurs à 10 000 dollars y représentent aussi une part plus importante de l’activité que dans le reste du monde.
Le partenariat avec Africa Blockchain Festival donne donc à Minisend une exposition particulière. L’événement réunira du 15 au 17 octobre des acteurs de la blockchain, des paiements, de la réglementation et de la tokenisation à Nairobi.
Le calendrier réglementaire tombe mal
Il reste toutefois un sujet sensible : la licence.
Le Virtual Asset Service Providers Act kényan est entré en vigueur le 4 novembre 2025 et confie à la Central Bank of Kenya et à la Capital Markets Authority la supervision des prestataires concernés. Les opérateurs déjà actifs disposent d’une période transitoire qui arrive à échéance le 4 novembre 2026, moins de trois semaines après le festival.
Tech-ish souligne que l’annonce du partenariat ne précise ni si Minisend a déposé une demande de licence, ni sous quelle catégorie réglementaire la société souhaite exercer. Son offre inclut par ailleurs un rendement annoncé de 5,7 % APY sur les USDC laissés sur la plateforme, ce qui ajoute une activité distincte au simple règlement vers M-Pesa.
Minisend arrive donc au Kenya avec un produit qui répond à un usage concret, celui de faire sortir les stablecoins vers l’économie locale. Mais alors que les paiements numériques deviennent un terrain stratégique en Afrique, la prochaine étape sera moins technologique que réglementaire : pouvoir continuer à opérer une fois la transition kényane terminée.