Crypto : le faux EURC ressemblait au vrai
L’affaire illustre parfaitement l’un des risques souvent ignorés autour des stablecoins. Un token affichant « EURC » dans un wallet n’est pas nécessairement l’EURC émis par Circle.
Les premiers signalements remontent à août 2025. Dans l’un des cas décrits par la police néerlandaise, un homme d’Almelo avait mis sa Rolex en vente sur Marktplaats. Lors de la rencontre, il a vu le paiement crypto apparaître et a remis la montre à l’acheteur.
Le problème n’est apparu que plus tard, lorsqu’il a voulu convertir les tokens reçus en euros : ils étaient sans valeur.
La police néerlandaise décrit les faux EURC comme difficiles à distinguer des véritables au premier regard. Elle ne précise cependant pas publiquement le smart contract ou la blockchain utilisés pour fabriquer les copies.
Le ticker EURC ne prouve rien
Techniquement, créer un token portant le même nom et le même symbole qu’un actif connu est relativement simple sur une blockchain permettant le déploiement de smart contracts.
C’est pourquoi il faut regarder la transaction dans un explorateur de blocs, puis contrôler le réseau et surtout l’adresse du contrat du token.
Circle publie justement les adresses officielles d’EURC pour chacune des blockchains prises en charge. EURC existe notamment sur Ethereum, Base, Solana, Stellar, Avalanche et d’autres réseaux. Sur Base, par exemple, l’EURC officiel possède l’adresse 0x60a3e35cc302bfa44cb288bc5a4f316fdb1adb42.
Un escroc peut créer un autre token et lui donner le symbole EURC. Le wallet peut alors afficher un nom rassurant alors que le contrat n’a aucun lien avec Circle.
C’est l’équivalent numérique d’un faux billet très bien imprimé.
Deux suspects arrêtés un an plus tard
L’enquête a finalement conduit à l’arrestation d’un homme de 24 ans originaire de Geleen et d’un homme de 45 ans de Leiden le 9 septembre 2026.
Lors d’une perquisition liée au suspect de 24 ans, la police affirme avoir saisi des armes à feu et de la drogue. Celui-ci a été placé en détention pour quatorze jours par un juge d’instruction. Le suspect de 45 ans a été libéré, mais reste mis en cause dans l’enquête.
L’affaire ajoute une variante particulièrement efficace aux arnaques qui visent déjà les wallets crypto. Ici, pas besoin de voler la seed du vendeur : il suffit de lui faire croire qu’un paiement sans valeur est un véritable stablecoin.
Voir « 10 000 EURC reçus » ne suffit donc pas.
Pour une vente importante, il faut contrôler le réseau, l’adresse du contrat officiel, le montant confirmé on-chain et, idéalement, vérifier que le token peut effectivement être échangé avant de remettre l’objet.
Une Rolex est difficile à contrefaire correctement. Un ticker crypto, beaucoup moins.