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Actualité Crypto Afrique

Crypto au Botswana : Bitcoin, NBFIRA, stablecoins et règles

Le Botswana fait partie des pays africains où la question « la crypto est-elle réglementée ? » reçoit désormais une réponse assez nette.

Bitcoin et stablecoins encadrés par la réglementation financière au Botswana
Le Botswana dispose déjà d’un régime de licences pour les prestataires crypto sous la supervision de la NBFIRA.

Oui.

Depuis 2022, les prestataires de services sur actifs virtuels doivent disposer d’une licence. Et depuis le 24 janvier 2025, une nouvelle Virtual Assets Act a remplacé la première loi pour élargir et renforcer le dispositif. La NBFIRA, le régulateur des institutions financières non bancaires, peut agréer les plateformes, les contrôler, imposer des obligations de conformité et retirer leur licence. Le texte s’applique même aux entreprises situées à l’étranger lorsqu’elles fournissent des services au Botswana.

Ce n’est plus une déclaration d’intention.

En février 2026, la NBFIRA a annulé la licence de PAA Capital, lui interdisant de continuer à proposer des services d’échange, de transfert, de conservation, de courtage ou tout autre service réglementé sur actifs virtuels. Le régulateur lui a également demandé d’organiser la protection et la restitution ou le transfert légal des avoirs de ses clients.

Voilà ce qui distingue immédiatement la crypto au Botswana d’une grande partie des marchés africains.

Comme l’explique notre guide sur les exchanges crypto, le pays ne débat plus uniquement de la future réglementation des plateformes. Il possède déjà le régulateur, la loi, des licences, des obligations AML/CFT, des contrôles, des prestataires identifiés et des précédents d’enforcement.

Le marché reste pourtant minuscule comparé au Nigeria ou à l’Afrique du Sud.

L’évaluation nationale des risques publiée en 2026 indique qu’à fin 2024, le secteur avait enregistré un peu plus de 169 millions de pula de transactions. Le rapport comptabilisait six VASP licenciés à cette date, même si seuls deux avaient commencé leurs opérations commerciales. Ensemble, les prestataires effectivement actifs dépassaient à peine 1 200 clients actifs. Yellow Card représentait plus de 85 % du marché mesuré.

Petit marché.

Grande infrastructure réglementaire.

C’est précisément ce qui rend le Botswana intéressant.

La Bank of Botswana observe parallèlement les stablecoins, Bitcoin et les technologies de registre distribué dans le cadre d’une transformation plus large de son système de paiement. Son rapport annuel 2024 consacre un chapitre entier aux « next generation payment systems » et reconnaît aussi bien les avantages potentiels des monnaies numériques que leurs risques. La banque centrale a créé un groupe multidisciplinaire chargé d’étudier la faisabilité d’une CBDC, son architecture, ses implications juridiques et son impact potentiel sur le système bancaire avant toute décision de lancement.

Le Botswana possède déjà une autre infrastructure numérique solide : Orange Money, Mascom MyZaka, BTC Smega et Poso Money. La Bank of Botswana recensait 23 à 24 prestataires de services de paiement électronique opérationnels fin 2024 selon ses différentes publications sectorielles, avec plus de 1 500 agents à travers le pays.

Bitcoin et USDT n’arrivent donc pas dans un vide.

Ils arrivent entre un système bancaire relativement structuré, des wallets mobiles en développement, une réglementation crypto déjà fonctionnelle et une banque centrale qui cherche maintenant à moderniser l’ensemble de son architecture financière.

Le Botswana pose ainsi une question différente de celle du Nigeria, de la RDC ou de la Tanzanie.

Pas : faut-il un jour réglementer la crypto ?

Plutôt : que produit réellement une réglementation lorsque le marché crypto reste encore petit ?

En bref

  • Le Botswana dispose d’un régime légal de licences crypto depuis 2022.
  • La première loi a été remplacée par la Virtual Assets Act, 2025, entrée en vigueur le 24 janvier 2025.
  • La NBFIRA supervise et agrée les Virtual Asset Service Providers, ou VASP.
  • La loi vise aussi les prestataires situés hors du pays lorsqu’ils servent le marché botswanais.
  • Les activités réglementées couvrent notamment l’échange crypto-fiat, crypto-crypto, les transferts, la conservation et certains services liés à l’émission de tokens.
  • Les banques peuvent elles-mêmes demander une licence VASP, sous réserve notamment de l’approbation de la Bank of Botswana.
  • L’évaluation nationale des risques publiée en 2026 indique que six VASP avaient obtenu une licence à fin 2024, mais seuls Yellow Card et Express Minds opéraient effectivement à cette date.
  • Le secteur avait traité plus de 169 millions de pula en 2024 et comptait un peu plus de 1 200 clients actifs auprès des opérateurs effectivement en activité.
  • Yellow Card représentait plus de 85 % du marché évalué.
  • Express Minds exploitait notamment un distributeur crypto à Airport Junction et proposait surtout des achats de stablecoins comme USDT.
  • La licence de PAA Capital a été annulée en février 2026 par la NBFIRA.
  • Les VASP sont soumis aux obligations de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
  • La Bank of Botswana étudie une CBDC, sans avoir décidé de lancer un pula numérique grand public.
  • Orange Money, MyZaka, Smega et Poso Money constituent déjà une infrastructure importante de paiements numériques.
  • Les remittances reçues représentaient environ 0,7 % du PIB en 2024, ce qui rend les transferts internationaux moins structurants qu’au Sénégal ou au Lesotho.
  • La fiscalité crypto reste moins explicitement définie que le régime de licences : les sources officielles examinées ne permettent pas de présenter un taux unique de taxation des gains Bitcoin applicable à tous les utilisateurs.

La crypto au Botswana est déjà un secteur licencié

La première particularité botswanaise apparaît immédiatement lorsqu’on la compare à d’autres marchés africains. Alors que le débat porte encore souvent sur la future formalisation des exchanges, le Botswana a déjà choisi la licence. Cette avance réglementaire le rapproche davantage de l’Afrique du Sud, où les stablecoins et les prestataires crypto sont eux aussi directement supervisés que de pays dans lesquels le trading reste essentiellement accessible depuis des plateformes étrangères sans registre local clairement opérationnel.

Le Botswana réglemente la crypto depuis 2022

La première Virtual Assets Act est entrée en vigueur le 25 février 2022.

Son objectif était explicite : réglementer la vente et le commerce des actifs virtuels, créer un régime de licences pour les VASP et encadrer les émetteurs d’Initial Token Offerings.

La période transitoire n’a duré que trois mois.

Les entreprises déjà présentes devaient demander leur licence avant le 31 mai 2022. Passé ce délai, la NBFIRA indiquait qu’un VASP continuant à exercer sans licence opérait illégalement et devait cesser son activité.

Le message n’avait rien d’ambigu.

Une société pouvait proposer légalement des services crypto.

À condition d’être agréée.

Puis le pays a réécrit sa loi en 2025

Trois ans plus tard, le Botswana ne s’est pas contenté de conserver le premier texte.

Il l’a remplacé.

La Virtual Assets Act, 2025, Act No. 4 of 2025, est entrée en vigueur le 24 janvier 2025 et abroge la loi de 2022.

Ce remplacement est important.

Il montre que la première loi n’était pas considérée comme un texte définitif.

Le marché avait évolué.

Les standards du GAFI aussi.

Stablecoins, automated market makers, nouveaux produits blockchain, DeFi et prestataires transfrontaliers obligeaient à préciser davantage les définitions.

La loi de 2025 couvre désormais de manière très large les entreprises offrant un service autour d’un actif virtuel.

Qu’est-ce qu’un VASP au Botswana ?

La définition retenue suit de près celle utilisée par le GAFI.

Une entreprise peut entrer dans cette catégorie lorsqu’elle réalise professionnellement, pour le compte d’un client :

l’échange entre actif virtuel et monnaie fiduciaire ;

l’échange entre plusieurs actifs virtuels ;

le transfert de crypto-actifs ;

leur conservation ou administration ;

ou certains services financiers relatifs à l’offre ou la vente d’un actif virtuel.

La loi de 2025 élargit encore la définition aux acteurs qui achètent et vendent des actifs pour leur propre compte à des prix qu’ils déterminent, notamment certains market makers, fournisseurs de liquidité et systèmes automatisés de liquidité blockchain.

Un simple site web proposant BTC/Pula peut donc entrer dans le champ.

Un custodian aussi.

Un service de transfert également.

Un desk OTC.

Une plateforme fournissant de la liquidité.

Le droit regarde la fonction économique.

Pas seulement le nom commercial.

La loi s’applique même hors du Botswana

C’est probablement l’un des éléments les plus forts du dispositif.

La Virtual Assets Act s’applique à un prestataire fournissant son activité « into or from Botswana », indépendamment de l’endroit physique où se trouvent ses bureaux ou ses serveurs.

Une plateforme enregistrée à Dubaï ne peut donc pas automatiquement dire :

« Nous ne sommes pas au Botswana, la NBFIRA ne nous concerne pas. »

Si elle cible et sert des clients botswanais, le texte peut s’appliquer.

Cette logique ressemble de plus en plus aux cadres adoptés ailleurs.

Le marché crypto est mondial.

Les régulateurs répondent en rattachant leur compétence au client local plutôt qu’au serveur informatique.

Quelques activités restent exclues

La loi ne considère pas toute représentation numérique comme un actif virtuel réglementé de la même manière.

Les programmes de fidélité non convertibles en argent ou en crypto peuvent être exclus.

Certains actifs utilisés uniquement dans un jeu ou une plateforme de jeu sont également hors du périmètre.

La loi de 2025 exclut aussi explicitement les NFT de son champ général, ainsi que les représentations électroniques de monnaies fiduciaires, les titres et les autres actifs financiers déjà réglementés par d’autres textes.

Cette séparation est importante.

Une action tokenisée peut relever du droit des valeurs mobilières.

Un stablecoin peut relever de la réglementation sur les actifs virtuels.

Un NFT n’entre pas nécessairement dans la même catégorie.

La technologie blockchain ne détermine pas seule le droit applicable.

La NBFIRA devient le régulateur central

Le rôle revient à la Non-Bank Financial Institutions Regulatory Authority.

Elle peut délivrer les licences.

Surveiller les prestataires.

Demander des informations.

Inspecter.

Émettre des lignes directrices.

Prendre des mesures de contrôle.

Et sanctionner.

La loi lui confie aussi une mission plus intéressante : favoriser l’éducation des investisseurs et les conditions permettant l’innovation du secteur, tout en travaillant avec la banque centrale sur la stabilité financière.

Le Botswana n’a donc pas conçu sa réglementation uniquement comme une interdiction.

Le VASP est une institution financière non bancaire autorisée à exister.

Obtenir une licence demande beaucoup plus qu’une société

Créer une entreprise au Botswana ne suffit pas.

Le régulateur examine l’identité et la réputation des dirigeants et bénéficiaires effectifs.

Le demandeur doit disposer des ressources financières nécessaires.

D’une infrastructure technique.

D’employés compétents.

De politiques de conformité.

D’un plan d’affaires.

De projections financières et opérationnelles.

De mécanismes de gouvernance.

De procédures AML/CFT.

La NBFIRA analyse également la solvabilité, les qualifications, l’expérience, la capacité à gérer correctement l’activité et le risque potentiel pour les clients ou le public.

Le régulateur ne donne donc pas simplement une licence parce que l’entreprise possède une application fonctionnelle.

Il regarde qui la contrôle.

Avec quels moyens.

Et pour quel produit.

Le processus peut durer 90 jours

La NBFIRA utilise désormais son système de supervision basé sur le risque pour les demandes et renouvellements.

Une fois le dossier complet, l’autorité indique qu’elle dispose de 90 jours pour étudier la demande et déterminer si la licence peut être délivrée.

Un dossier incomplet peut être rejeté.

Un refus doit être motivé.

Le demandeur dispose de voies de recours.

On est donc loin du modèle dans lequel une plateforme se déclare elle-même « exchange africain » sur Twitter.

Une banque peut même demander une licence crypto

Autre particularité intéressante de la loi.

Le texte prévoit qu’une banque licenciée au Botswana peut, avec l’accord de la banque centrale, demander à la NBFIRA une licence permettant de mener une activité sur actifs virtuels. La première loi de 2022 prévoyait déjà cette possibilité.

C’est important pour l’avenir.

Le Botswana n’a pas créé une séparation juridique absolue entre banques et crypto.

Il a créé une procédure.

Une banque ne peut pas lancer du trading Bitcoin du jour au lendemain.

Mais le droit envisage qu’elle puisse entrer sur ce marché dans un cadre approuvé.

Cela laisse beaucoup plus de possibilités institutionnelles qu’une interdiction générale.

Yellow Card devient le premier symbole du marché réglementé

Le 10 octobre 2022, la NBFIRA a officiellement accordé à Yellow Card Botswana une licence de Virtual Asset Service Provider.

Yellow Card est ensuite devenue l’acteur dominant du marché local.

L’évaluation nationale des risques publiée en 2026 estime qu’elle représentait plus de 85 % du marché mesuré à fin 2024.

Cette concentration est spectaculaire.

Elle montre surtout à quel point le marché reste petit.

Un seul acteur peut encore dominer l’essentiel du volume.

Express Minds suit avec un modèle très différent

Express Minds ne joue pas exactement le même rôle.

L’évaluation nationale des risques décrit l’entreprise comme un opérateur domestique centré notamment sur un Bitcoin ATM, ou plutôt un distributeur d’actifs virtuels, installé à Airport Junction.

Son activité se concentrait surtout sur l’achat d’actifs, notamment des stablecoins comme USDT, ainsi que sur certaines transactions OTC de volumes plus importants.

La différence est intéressante.

Un régulateur crypto ne supervise pas seulement de grandes plateformes web.

Il peut superviser des distributeurs physiques.

Des desks OTC.

Des services spécialisés.

L’écosystème est plus large qu’un simple exchange.

Kalahari Exchange figure également dans les acteurs licenciés

Le rapport annuel NBFIRA publié pour 2024 listait quatre VASP :

Express Minds ;

Kalahari Exchange ;

PAA Capital Botswana ;

Yellow Card Botswana.

L’évaluation nationale des risques publiée plus tard mentionne six licences à fin décembre 2024, même si elle souligne que seuls deux prestataires avaient effectivement commencé leurs opérations.

Les deux sources utilisent manifestement des dates ou périmètres de reporting différents.

Il vaut donc mieux conserver cette nuance que chercher à fabriquer un chiffre unique.

Six licences ne signifient pas six exchanges réellement actifs

C’est précisément l’un des pièges des statistiques réglementaires.

Une entreprise peut obtenir une licence puis retarder son lancement.

Une autre peut ne jamais parvenir à démarrer.

Une autre encore peut perdre son autorisation.

Le rapport national indique que seuls Yellow Card et Express Minds étaient opérationnels parmi les six VASP recensés à fin 2024.

Le nombre de licences surestime donc parfois le marché réellement utilisé.

Plus de 169 millions de pula échangés

Le secteur avait enregistré plus de 169 millions de BWP de volume de transactions à fin décembre 2024.

Le pula s’échangeant autour de quelques cents de dollar selon les périodes, le marché reste relativement modeste à l’échelle crypto mondiale.

Il est même minuscule comparé aux dizaines de milliards de dollars qui circulent dans les grands marchés africains.

Cela n’empêche pas la réglementation d’être sophistiquée.

C’est justement l’enseignement du Botswana.

Un pays n’a pas besoin d’attendre que Bitcoin devienne systémique pour créer les règles.

À peine plus de 1 200 clients actifs

Le même rapport indique que les deux opérateurs effectivement actifs dépassaient ensemble 1 200 clients.

La taille est presque étonnante.

Le Botswana a une population d’environ 2,5 millions de personnes.

Internet touchait environ 57 % de la population en 2024 selon la Banque mondiale.

Le potentiel théorique est donc beaucoup plus grand que la base crypto réglementée mesurée.

Pourquoi si peu ?

Le marché local est relativement petit.

La monnaie n’a pas connu les mêmes crises que le naira.

Les transferts de diaspora pèsent moins.

Les paiements électroniques traditionnels fonctionnent relativement bien.

Et une partie de l’activité crypto peut évidemment se dérouler hors des VASP locaux.

Bitcoin, USDT et Ether sont bien présents

L’évaluation nationale des risques mentionne explicitement plusieurs actifs utilisés au Botswana :

Bitcoin ;

USD Tether ;

Ethereum ;

Solana.

Elle évoque également les exchanges, wallets custodiaux, distributeurs crypto et Initial Token Offerings.

Le marché réglementé n’est donc pas centré uniquement sur BTC.

Les stablecoins occupent déjà une place importante.

Ce détail sera essentiel pour les paiements.

Le Botswana a même vu apparaître un stablecoin lié au pula

Le rapport national cite parmi les produits examinés un stablecoin Temtum adossé au pula, dans le cadre des offres initiales de tokens étudiées.

Il faut être prudent avec cette information.

La présence du produit dans l’évaluation des risques ne signifie pas qu’il est devenu une monnaie nationale numérique massivement utilisée.

Encore moins qu’il constitue un « pula officiel ».

Le pula légal reste émis sous l’autorité de la Bank of Botswana.

Un token privé indexé sur le pula reste une construction différente.

Cette distinction rejoint exactement le débat mondial sur les stablecoins.

PAA Capital montre qu’une licence peut disparaître

Le meilleur test d’une réglementation n’est pas la délivrance d’une licence.

C’est ce qui se passe lorsque le prestataire ne respecte plus les conditions.

Le 25 février 2026, la NBFIRA a annulé la licence de PAA Capital.

L’avis public indique que la société n’est plus autorisée à proposer, annoncer ou fournir des services réglementés sur actifs virtuels, notamment échange, transfert, conservation et brokerage.

Cette décision change la valeur du mot « licence ».

Elle n’est pas permanente.

Elle dépend de la conformité continue.

Les clients doivent pouvoir récupérer leurs actifs

La NBFIRA ne s’est pas contentée de dire « licence supprimée ».

Elle a demandé à PAA Capital d’organiser :

l’information de ses clients ;

la protection des actifs et fonds ;

leur restitution appropriée ;

ou leur transfert légal ;

ainsi que la fermeture ou le transfert des comptes concernés.

Ce passage est important pour la protection du consommateur.

Une réglementation crypto mature doit penser à l’entrée sur le marché.

Mais aussi à la sortie.

Que se passe-t-il lorsqu’un exchange disparaît ?

Qui protège les actifs clients ?

Quels sont les droits de retrait ?

Le Botswana commence à répondre concrètement.

La NBFIRA alerte aussi sur les acteurs non autorisés

Le 4 septembre 2026 encore, la NBFIRA avertissait le public contre Prestige Wealth Investments, une entreprise qu’elle disait non licenciée et non autorisée à solliciter ou gérer des fonds au Botswana.

L’avertissement mentionnait explicitement les promotions liées aux opportunités d’investissement en cryptomonnaies et actifs virtuels.

La date est importante.

Ce n’est pas un vieux communiqué de 2022.

Le régulateur continue activement sa surveillance en 2026.

La licence devient donc une vérification simple

Avant d’envoyer de l’argent, un utilisateur botswanais peut poser une question assez concrète :

ce prestataire figure-t-il parmi les entités réglementées par la NBFIRA ?

Cela ne garantit pas que l’investissement prendra de la valeur.

Cela ne garantit pas qu’un exchange ne sera jamais piraté.

Cela ne transforme pas USDT en dépôt bancaire.

Mais cela élimine au moins une partie de l’incertitude sur l’identité et le statut juridique du prestataire.

Dans beaucoup d’autres pays africains, cette vérification reste beaucoup plus difficile.

Les VASP sont aussi des institutions financières non bancaires

Le Botswana a relié la réglementation crypto à son architecture financière générale.

Les VASP sont considérés comme des Non-Bank Financial Institutions dans le dispositif applicable.

Ils entrent donc dans un environnement où la supervision ne porte pas seulement sur le token.

Elle porte sur l’entreprise.

Gouvernance.

Gestion du risque.

Contrôle interne.

Personnel.

Cybersécurité.

Conformité.

C’est une étape importante de normalisation.

L’AML est au cœur du modèle

La Financial Intelligence Act 2022 a intégré les VASP parmi les entités assujetties.

La NBFIRA leur impose donc des obligations de lutte contre le blanchiment, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération.

En mars 2025, le régulateur a publié une note spécifique expliquant comment ces obligations doivent être mises en œuvre dans les activités liées aux actifs virtuels.

Le message est assez simple.

Une licence crypto sans programme AML sérieux ne suffit pas.

Le KYC est obligatoire chez les opérateurs réglementés

L’évaluation nationale des risques donne une image précise de l’onboarding.

Les clients doivent passer par des contrôles CDD/KYC.

Identification vérifiée.

Adresse.

Bénéficiaire effectif pour les entreprises.

Source des fonds lorsque la situation l’exige.

Les personnes présentant des risques élevés, notamment certaines personnes politiquement exposées, non-résidents ou individus liés à des juridictions à haut risque, font l’objet de mesures renforcées.

Voilà la différence entre un exchange réglementé et une transaction anonyme sur Telegram.

La facilité diminue.

La traçabilité augmente.

La Travel Rule fait également partie de la conformité

Le rapport national évoque explicitement la conformité à la Travel Rule comme outil permettant de renforcer l’identification dans les transferts virtuels.

Le principe rejoint les recommandations du GAFI.

Lorsqu’un prestataire réglementé transfère des actifs à un autre prestataire, certaines informations sur l’origine et la destination peuvent devoir accompagner l’opération.

La blockchain affiche déjà la transaction.

La Travel Rule ajoute l’identité réglementaire.

Pour l’utilisateur, le transfert devient donc moins « sans permission » dès qu’il traverse un intermédiaire licencié.

Blockchain publique ne signifie pas transaction invisible

Le rapport botswanais insiste d’ailleurs sur ce paradoxe.

Les adresses peuvent être pseudonymes.

Mais les blockchains permettent souvent de retracer les mouvements.

Les mixers ou le chain-hopping peuvent compliquer l’analyse.

Le rapport précise cependant que ces pratiques n’avaient pas été observées chez les VASP licenciés étudiés.

La crypto n’est donc pas simplement « anonyme ».

Elle possède un modèle de traçabilité différent.

Le risque AML est jugé réel

La National Risk Assessment publiée en 2026 consacre un chapitre entier aux actifs virtuels.

Ce seul fait est révélateur.

Le gouvernement ne considère plus le secteur comme négligeable.

Il analyse :

produits ;

clients ;

canaux de distribution ;

risques transfrontaliers ;

stablecoins ;

distributeurs ;

wallets ;

marché OTC ;

blanchiment ;

financement du terrorisme.

Le marché reste petit.

Le risque est traité comme un sujet financier normal.

Les stablecoins compliquent particulièrement la supervision

USDT peut circuler rapidement.

24h/24.

Sur plusieurs blockchains.

Entre différents pays.

Entre plateformes.

Entre wallet custodial et wallet personnel.

Cette mobilité est utile.

C’est également ce que le régulateur surveille.

Un actif capable de déplacer une valeur en dollars sans utiliser un virement bancaire classique peut modifier la manière dont les flux internationaux sont contrôlés.

Le Botswana le sait déjà.

La réglementation ne signifie pas absence d’innovation

C’est probablement la différence la plus intéressante avec les modèles purement restrictifs.

La NBFIRA explique elle-même que la supervision vise trois choses :

répondre aux standards du GAFI ;

protéger la stabilité du système ;

protéger les consommateurs.

Elle ne dit pas que le secteur doit disparaître.

La licence constitue au contraire un moyen de lui permettre d’exister légalement.

Dit autrement, le Botswana a choisi de faire entrer la crypto dans le droit financier plutôt que de la laisser entièrement à côté.

Mobile money et stablecoins se disputent les paiements

La réglementation n’explique qu’une partie du marché. Pour savoir à quoi Bitcoin ou USDT peuvent réellement servir au Botswana, il faut regarder les paiements déjà existants. Orange Money, MyZaka, Smega, Poso Money, banques mobiles et services de transfert ont déjà construit une infrastructure numérique solide. C’est sur ce terrain que les stablecoins cherchent aujourd’hui à s’imposer dans les paiements africains.

Le Botswana possède déjà un marché de paiements électroniques structuré

La Bank of Botswana réglemente les Electronic Payment Service providers depuis les Electronic Payment Services Regulations de 2019.

Ces entreprises peuvent proposer wallets mobiles, comptes de monnaie électronique, cartes prépayées, transferts, collecte de fonds, paiements marchands et remittances.

La frontière avec certains usages crypto devient donc immédiatement intéressante.

Les deux peuvent permettre de transférer une valeur numérique.

Ils ne reposent pas sur le même système juridique.

Orange Money fait partie des grands acteurs

La Bank of Botswana cite Orange Money parmi les grands prestataires EPS du marché.

Le service permet de stocker et transférer de la monnaie électronique, payer, retirer et accéder à différents services financiers.

Cette monnaie électronique reste exprimée en pula.

Elle ne constitue pas une cryptomonnaie.

Le wallet est géré par un opérateur identifié.

Les transactions s’effectuent dans une infrastructure réglementée.

Le client peut suivre des procédures classiques en cas de problème.

Bitcoin fonctionne autrement.

Mascom MyZaka occupe le même terrain

MyZaka, proposé par Mascom Wireless Botswana, fait lui aussi partie des principales infrastructures citées par la banque centrale.

Les utilisateurs peuvent envoyer et recevoir de l’argent depuis leur téléphone.

Encore une fois, le produit remplit déjà une fonction que les discours crypto présentent parfois comme révolutionnaire :

transférer de la valeur sans billet physique.

Le Botswana n’a donc pas besoin de Bitcoin pour découvrir la monnaie numérique.

BTC Smega complète l’écosystème

Botswana Telecommunications Corporation propose Smega, autre wallet électronique intégré au marché.

La banque centrale cite également Poso Money, développé par Botswana Postal Services.

L’écosystème n’est donc pas dominé par un seul acteur.

Cela crée de la concurrence.

Et oblige toute solution crypto à répondre à une question simple :

pourquoi l’utilisateur changerait-il ?

Plus de 1 500 agents physiques

Fin 2024, le secteur EPS disposait d’un réseau de plus de 1 500 agences ou agents à travers le pays.

Cette infrastructure représente quelque chose que la blockchain ne fournit pas naturellement.

Le cash-in.

Le cash-out.

Un actif numérique est utile tant que l’utilisateur peut l’échanger contre ce dont il a besoin.

Pour une personne payant dans un commerce en pula, le dernier kilomètre reste essentiel.

Le mobile money gagne donc les petits paiements locaux

Supposons qu’une personne souhaite envoyer 100 pula à un proche.

Les deux possèdent un wallet mobile.

Le transfert est simple.

Pourquoi acheter de l’USDT ?

Il faudrait convertir.

Choisir un réseau.

Payer éventuellement un spread.

Envoyer.

Puis reconvertir en pula.

La blockchain ajouterait plusieurs étapes.

Pour les petites transactions nationales, le mobile money part avec un avantage considérable.

Bitcoin doit trouver un problème différent

Comme le détaille notre guide complet sur Bitcoin, BTC peut servir à autre chose.

Investissement.

Épargne spéculative.

Self-custody.

Transfert international.

Accès à un actif monétaire non émis par le gouvernement.

Ces propriétés ne sont pas celles d’Orange Money.

Il faut donc éviter le vieux débat :

« Bitcoin va-t-il remplacer le mobile money ? »

Il n’a probablement pas besoin de le faire.

Les stablecoins sont un concurrent plus direct

Notre guide sur les stablecoins aide à comprendre pourquoi USDT et USDC ressemblent davantage à un moyen de paiement.

Leur volatilité est beaucoup plus faible que celle de Bitcoin lorsqu’ils maintiennent correctement leur parité.

Ils peuvent traverser une frontière rapidement.

Un utilisateur peut les recevoir à toute heure.

Un commerçant international peut les accepter.

Un freelance peut les facturer.

Un prestataire peut les convertir, comme le montrent les infrastructures africaines qui relient stablecoins, monnaies locales et mobile money.

C’est là que la compétition devient intéressante.

Le Botswana possède cependant moins de pression monétaire que d’autres pays

L’inflation était d’environ 2,7 % en 2025 selon la Banque mondiale.

Ce niveau est très différent des périodes de forte inflation observées dans certaines économies africaines.

Le pula ne subit donc pas une fuite généralisée vers USDT pour les mêmes raisons que le naira a pu en connaître.

Cela réduit le cas d’usage « protégez-vous immédiatement de votre monnaie nationale ».

Pas le cas d’usage international.

Le pula lui-même fonctionne avec un panier de devises

La politique de change du Botswana repose historiquement sur un mécanisme de panier incluant notamment les principales monnaies partenaires.

Le pula n’est donc ni un dollar fixe ni une monnaie laissée entièrement sans gestion.

Cette relative stabilité joue contre une dollarisation spontanée par stablecoin.

Un utilisateur peut néanmoins vouloir du dollar numérique pour commercer.

La demande reste possible sans crise monétaire.

Les remittances sont relativement petites

Les transferts personnels reçus représentaient environ 0,7 % du PIB du Botswana en 2024.

Comparons.

Sénégal : plus de 10 %.

Botswana : moins de 1 %.

Le marché des remittances n’a donc pas le même poids économique.

Un produit stablecoin centré uniquement sur la diaspora rencontre un marché plus restreint.

Cela oblige à chercher d’autres usages.

Le commerce régional est probablement plus intéressant

Le Botswana est étroitement intégré à l’Afrique australe.

Afrique du Sud.

Namibie.

Zambie.

Zimbabwe.

Les entreprises et particuliers traversent régulièrement ces frontières économiques.

Les paiements internationaux et commerciaux peuvent donc représenter un cas d’usage plus pertinent que les seules remittances familiales.

Le SADC-RTGS existe déjà

La finance traditionnelle possède pourtant son propre rail régional.

En 2024, quatre banques botswanaises participaient au SADC-RTGS et avaient réglé environ 117,7 milliards de pula d’opérations par cette infrastructure régionale.

Quatre autres banques souhaitaient alors rejoindre le système.

Ce chiffre remet les volumes crypto en perspective.

169 millions de pula de transactions VASP.

117,7 milliards via SADC-RTGS.

Le système financier traditionnel reste plusieurs ordres de grandeur plus important.

Les stablecoins peuvent néanmoins servir là où RTGS est lourd

Une petite entreprise ne possède pas nécessairement les mêmes besoins qu’une grande banque.

Elle peut vouloir payer 500 dollars.

Un freelance peut recevoir 300 dollars.

Une startup peut régler un fournisseur logiciel.

Pour ce type de flux, un stablecoin peut être plus facile à intégrer dans une application.

L’avantage n’est donc pas seulement le coût institutionnel.

C’est l’accessibilité.

Le P2P existe aussi au Botswana

Même avec des exchanges réglementés, deux particuliers peuvent transférer directement des actifs numériques.

La blockchain le permet.

La réglementation des VASP ne transforme pas chaque wallet personnel en institution financière.

Cela conserve un espace pour les transactions peer-to-peer.

Mais la protection réglementaire diminue lorsqu’on sort de l’intermédiaire.

Utiliser un VASP licencié change le type de recours

Si un prestataire réglementé bloque injustement des fonds ou ne respecte pas ses obligations, l’utilisateur dispose au moins d’une autorité identifiée.

NBFIRA.

Procédure de plainte.

Supervision.

Enforcement.

Avec un vendeur Telegram inconnu, l’environnement change complètement.

Voilà une différence concrète de la réglementation.

Yellow Card peut servir d’on-ramp et d’off-ramp

Le rapport national décrit Yellow Card comme un exchange permettant achat, vente, transfert et conservation d’actifs virtuels.

Pour l’utilisateur, cela crée un pont entre pula et crypto.

C’est probablement plus important que la simple possibilité de trader.

Le passage monnaie locale → crypto puis crypto → monnaie locale détermine l’utilité réelle du système.

Express Minds montre qu’un ATM peut jouer le même rôle

Un distributeur crypto ressemble physiquement à un ATM bancaire.

Son fonctionnement économique est toutefois différent.

L’utilisateur peut acheter un actif virtuel.

Le système transfère ensuite le token vers une adresse ou un wallet.

Selon le produit, l’ATM peut aussi demander une vérification d’identité.

Le Botswana a donc commencé à intégrer même le cash physique dans son infrastructure crypto réglementée.

Le stablecoin devient le pont privilégié

Pourquoi acheter USDT plutôt que BTC pour envoyer une valeur ?

Parce qu’un stablecoin cherche à garder un prix stable.

Un utilisateur qui veut transférer 1 000 pula équivalents ne souhaite pas nécessairement perdre 8 % parce que Bitcoin baisse pendant la journée.

USDT est donc plus adapté à certaines opérations.

Voilà pourquoi Express Minds se concentrait notamment sur ce type d’actif.

Le problème du stablecoin commence pourtant avec son émetteur

USDT n’est pas Bitcoin.

Il dépend d’une entreprise.

De réserves.

De banques partenaires.

D’un mécanisme de remboursement.

D’une blockchain.

Le token peut aussi être gelé dans certaines situations par l’émetteur.

Le risque est donc différent.

Moins de volatilité.

Plus de dépendance institutionnelle.

USDT n’est pas un dollar bancaire

Cette distinction est particulièrement importante dans un pays où les services financiers classiques fonctionnent relativement bien.

Un dépôt bancaire de 1 000 dollars et 1 000 USDT ne possèdent pas exactement les mêmes protections.

Le stablecoin peut être pratique pour transférer.

Le dépôt bancaire obéit à une architecture juridique différente.

L’utilisateur doit savoir ce qu’il achète.

La réglementation botswanaise reconnaît cette diversité

La Bank of Botswana distingue dans son rapport :

cryptomonnaies ;

stablecoins ;

CBDC ;

actifs virtuels.

Elle ne traite donc pas tout le secteur comme un bloc unique.

C’est une bonne base.

Bitcoin n’est pas USDT.

USDT n’est pas une CBDC.

Une CBDC n’est pas Orange Money.

Comprendre ces distinctions évite beaucoup de mauvais débats.

Les EPS et les VASP sont régulés par des institutions différentes

Les prestataires de paiement électronique relèvent principalement de la Bank of Botswana.

Les VASP relèvent principalement de la NBFIRA.

Cette séparation reflète leurs fonctions.

Un wallet mobile en pula appartient au système national de paiement.

Un exchange crypto appartient au secteur financier non bancaire spécialisé.

Les deux peuvent finir par se rencontrer.

C’est précisément là que les régulateurs doivent coopérer.

Le nouveau cadre fintech prévoit cette convergence

Le Fintech Analytical Assessment Framework publié par la Bank of Botswana en 2025 va beaucoup plus loin.

Il définit les services financiers liés aux actifs virtuels comme pouvant inclure la création, distribution, conservation ou échange d’actifs, ainsi que leur utilisation pour l’investissement ou le paiement.

Le document distingue ensuite :

payment tokens ;

security tokens ;

utility tokens.

Ce n’est plus un discours général.

La banque centrale commence à construire une taxonomie réglementaire.

Les payment tokens touchent directement les paiements

Le cadre indique que les services utilisant des tokens de paiement devront être examinés au regard de plusieurs textes :

Virtual Assets Act 2025 ;

Virtual Assets Regulations ;

Financial Intelligence Act ;

protection du consommateur ;

Data Protection Act ;

cadres de cybersécurité ;

futures règles du National Payment System ;

open banking ;

DLT ;

cloud computing.

La liste est longue.

Elle montre à quel point un simple bouton « payer en USDT » peut toucher plusieurs domaines juridiques.

La réglementation de 2026 modernise aussi les paiements classiques

Le 22 juillet 2026, la Bank of Botswana a annoncé la mise en œuvre des Electronic Payment Services Amendment Regulations 2026.

Pendant que la NBFIRA affine son secteur crypto, la banque centrale réforme donc elle aussi les rails fiat.

Les deux marchés évoluent en parallèle.

Le Botswana ne mise pas uniquement sur la blockchain

Le rapport fintech publié en juin 2026 montre d’ailleurs que l’adoption des technologies financières repose beaucoup plus sur les API et le cloud que sur la DLT.

La Bank of Botswana estime que l’utilisation encore faible de l’intelligence artificielle, du machine learning et de la technologie de registre distribué représente un potentiel inexploité.

La blockchain reste donc une technologie émergente.

Pas le cœur actuel du système.

Le regulatory sandbox peut changer cela

En mars 2026, la Bank of Botswana a ouvert des candidatures pour son Regulatory Sandbox.

Un sandbox permet à certaines innovations d’être testées dans un environnement contrôlé.

Clients limités.

Période limitée.

Surveillance.

Critères précis.

Ce modèle peut être utile lorsque le produit se situe entre plusieurs réglementations.

Stablecoin + paiement.

Wallet + banque.

Tokenisation.

Open finance.

Le Botswana peut tester avant de généraliser

Cette méthode correspond assez bien à son style réglementaire.

Le pays ne possède pas le plus grand marché fintech du continent.

Il cherche néanmoins à mettre en place l’infrastructure juridique avant l’explosion des usages.

C’est presque l’inverse du Nigeria.

Au Nigeria, le marché a forcé la réglementation.

Au Botswana, la réglementation arrive en avance sur le marché.

Cela peut attirer les entreprises sérieuses

Une fintech internationale préfère souvent savoir :

quel régulateur appeler ;

quel formulaire remplir ;

quelle licence demander ;

quelles obligations respecter.

L’incertitude juridique coûte cher.

Sur ce point, le Botswana possède un avantage.

Le marché est petit.

Le droit est lisible.

Pour une entreprise voulant tester un produit africain réglementé, ce n’est pas négligeable.

Cela peut aussi ralentir les startups

L’autre côté existe.

Licences.

Conformité.

Capital.

Audit.

Cybersécurité.

Reporting.

Personnel qualifié.

KYC.

Tous ces coûts sont beaucoup plus lourds pour une startup locale que pour un grand groupe.

Un marché de seulement quelques milliers d’utilisateurs peut difficilement supporter les mêmes coûts fixes qu’un marché de plusieurs millions.

C’est le dilemme botswanais.

Réglementer tôt peut créer un secteur trop petit

Supposons qu’une licence coûte cher à obtenir.

Le VASP investit.

Puis trouve seulement 500 clients.

Son modèle économique devient difficile.

La réglementation protège donc le consommateur.

Elle peut aussi empêcher certains petits projets d’atteindre une taille viable.

Le Botswana devra surveiller cet équilibre.

La consultation sur les frais le montre déjà

En août 2026, la NBFIRA a lancé une consultation plus générale sur la structure des frais de licence et des prélèvements de supervision applicables aux institutions financières non bancaires.

Le sujet concerne plusieurs secteurs.

Mais les VASP sont évidemment sensibles à ce type de coûts.

Une réglementation moderne doit aussi être économiquement supportable.

Le marché crypto reste plus petit que la fintech traditionnelle

La Bank of Botswana comptait environ deux douzaines de prestataires EPS.

La NBFIRA ne compte que quelques VASP.

La différence est énorme.

Cela signifie que la plupart des utilisateurs numériques botswanais continuent à vivre entièrement dans l’économie fiat.

Bitcoin reste une niche.

Les stablecoins aussi.

Le scénario réaliste est donc une intégration progressive

Pas une révolution où le pula disparaît.

Une couche supplémentaire.

Le client conserve Orange Money.

Sa banque.

Son wallet.

Et peut éventuellement utiliser un VASP pour accéder à BTC ou USDT.

Certains services pourraient intégrer ces actifs en arrière-plan.

La crypto s’ajoute à l’architecture.

Elle ne la remplace pas.

CBDC, tokenisation et prochaine étape du Botswana

Le troisième chapitre du Botswana se joue désormais du côté de la banque centrale. La question ne porte plus seulement sur Bitcoin. La Bank of Botswana travaille sur les CBDC, l’open banking, les paiements tokenisés, les titres tokenisés, la cybersécurité et les nouvelles infrastructures financières. C’est ici que le pays pourrait passer d’un petit marché crypto licencié à un véritable laboratoire réglementaire régional.

La Bank of Botswana étudie officiellement une CBDC

Son rapport annuel 2024 confirme la mise en place d’un CBDC Working Group multidisciplinaire.

Le mandat est large.

Faisabilité.

Infrastructure.

Cadre juridique.

Risques.

Impact économique.

Conséquences pour les banques.

Expériences étrangères.

La Bank of Botswana cite notamment son travail de benchmarking auprès de la Banque centrale des Bahamas.

Le Botswana ne possède donc pas encore de pula numérique de banque centrale.

Il possède une exploration structurée.

La stratégie Digital BoB 2024 sert de point de départ

Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation numérique de la banque centrale.

La Bank of Botswana ne réfléchit pas seulement à émettre un token.

Elle modernise :

ses paiements ;

ses systèmes internes ;

ses politiques fintech ;

ses infrastructures ;

ses standards de données.

Une CBDC ne serait qu’une composante de cette transformation.

Pourquoi lancer une CBDC ?

Le rapport de 2024 identifie plusieurs arguments potentiels.

Inclusion financière.

Coûts de paiement plus faibles.

Efficacité.

Modernisation.

Meilleure infrastructure.

Possibilité de soutenir certaines fonctions de politique monétaire.

Le discours ressemble à celui d’autres banques centrales.

La différence se trouve dans le contexte local.

Le Botswana possède déjà du paiement numérique

Le problème est immédiatement visible.

Si Orange Money permet déjà de payer.

Si MyZaka permet déjà de transférer.

Si les banques disposent d’applications.

Si le pula circule électroniquement.

Que doit apporter une CBDC ?

Une application supplémentaire ne suffit pas.

La banque centrale doit trouver un avantage structurel.

Une CBDC n’est pas simplement du mobile money public

Un solde mobile money reste une créance sur une institution privée ou un émetteur réglementé.

Une CBDC serait un passif direct de la banque centrale selon l’architecture choisie.

C’est une différence profonde.

Le risque de crédit n’est pas le même.

Le mécanisme de règlement non plus.

Mais cette sécurité peut déstabiliser les banques

La Bank of Botswana le reconnaît elle-même.

Si les citoyens peuvent déplacer massivement leurs dépôts bancaires vers une CBDC considérée comme plus sûre, les banques pourraient perdre une partie de leurs ressources.

Leur coût de financement augmente.

Le crédit peut être affecté.

Pendant une crise, le transfert pourrait être extrêmement rapide.

Le rapport cite donc explicitement le risque de désintermédiation bancaire.

Voilà pourquoi la CBDC est un projet monétaire.

Pas seulement informatique.

Une CBDC de gros pourrait être moins perturbatrice

Le Botswana pourrait un jour choisir une monnaie numérique destinée principalement aux institutions.

Banques.

Marchés financiers.

Règlement.

Paiements de gros.

Le particulier ne la verrait pas forcément.

Cette architecture pourrait moderniser certaines infrastructures sans concurrencer directement les dépôts bancaires et le mobile money.

Aucune décision définitive n’est toutefois annoncée.

Les stablecoins forcent aussi cette réflexion

La banque centrale reconnaît leur intérêt potentiel pour les paiements transfrontaliers.

Son rapport présente les stablecoins comme des crypto-actifs indexés sur une monnaie ou un autre actif, pouvant servir de pont entre finance traditionnelle et finance décentralisée.

Elle identifie également leurs risques :

incertitude réglementaire ;

centralisation ;

perte de parité.

Le diagnostic est assez équilibré.

Un stablecoin dollar et une CBDC pula ne font pas le même travail

USDT apporte essentiellement une représentation numérique du dollar.

Une CBDC botswanaise apporterait une représentation numérique du pula.

Le premier peut séduire quelqu’un qui veut s’exposer au dollar.

Le second maintient la souveraineté monétaire nationale.

La technologie ne supprime pas la préférence pour une devise.

Elle la rend simplement plus facile à exprimer.

Le pula-backed stablecoin soulève la question inverse

Le stablecoin lié au pula mentionné dans l’évaluation nationale montre qu’un émetteur privé peut aussi essayer de numériser la monnaie locale sur blockchain.

Alors quelle différence avec une CBDC ?

L’émetteur.

Un stablecoin privé dépend de l’entreprise qui le crée et de ses réserves.

Une CBDC dépend directement de la banque centrale.

Les risques juridiques et financiers ne sont pas les mêmes.

L’avenir pourrait comporter trois pula numériques

En théorie, un utilisateur pourrait un jour rencontrer :

pula bancaire électronique ;

pula mobile money ;

pula stablecoin privé ;

pula CBDC.

Tous afficheraient presque la même valeur.

Sous le capot, quatre architectures.

C’est précisément pourquoi la régulation devient importante.

L’expérience utilisateur masque parfois le droit.

Le Botswana commence à penser en fonction économique

Son cadre fintech 2025 montre une approche assez moderne.

Il ne classe pas seulement les produits selon leur technologie.

Il examine leur fonction.

Payment token.

Security token.

Utility token.

Cette logique est beaucoup plus utile.

Un token représentant une action doit être traité comme une action ou un actif financier comparable.

Un token de paiement mérite une réglementation de paiement.

Un utility token relève d’un autre risque.

Les security tokens peuvent rencontrer la Bourse du Botswana

Le Botswana possède déjà son marché financier classique.

La tokenisation peut donc théoriquement concerner :

actions ;

obligations ;

parts de fonds ;

actifs réels ;

créances.

Un token n’est pourtant pas automatiquement un titre légal.

Il faut toujours définir la propriété.

Le registre officiel.

Les droits.

La conservation.

Le règlement.

Le cadre prévoit justement les titres tokenisés

La Bank of Botswana inclut les tokenised securities services dans son analyse fintech.

Elle renvoie alors non seulement à la Virtual Assets Act, mais aussi au Securities Act et aux règles relatives aux investissements collectifs.

Le message est clair.

Une blockchain n’annule pas le droit des valeurs mobilières.

Elle ajoute une couche technologique.

Même chose pour les utility tokens

Le framework prévoit aussi un ensemble de lois pouvant s’appliquer aux tokens donnant accès à un service ou une infrastructure.

Encore une fois, la fonction compte.

Cette approche réduit le risque de créer une réglementation unique et maladroite pour tous les tokens.

Les NFT sont explicitement exclus de la Virtual Assets Act

La loi de 2025 exclut les NFT de son champ général.

Cela ne signifie pas qu’un NFT échappe à toutes les lois.

Fraude.

Contrat.

Propriété intellectuelle.

Fiscalité.

Protection du consommateur.

D’autres règles peuvent toujours s’appliquer.

L’exclusion signifie seulement qu’il n’est pas automatiquement traité comme VASP/virtual asset sous cette loi.

DeFi devient le prochain problème

La loi botswanaise commence déjà à reconnaître certains acteurs de liquidité et systèmes automatisés.

C’est important.

Un Automated Market Maker fonctionne souvent avec des smart contracts.

Aucun courtier humain ne fixe chaque ordre.

Le protocole suit une formule.

Comment licencier cela ?

Qui est le prestataire ?

Le développeur ?

L’entreprise qui maintient l’interface ?

La DAO ?

Celui qui contrôle les clés d’administration ?

Le fournisseur de liquidité ?

La Virtual Assets Act 2025 rapproche déjà certaines de ces activités de la définition de VASP.

Le débat ne fait que commencer.

Le caractère extraterritorial sera testé par la DeFi

Une plateforme centralisée possède une société.

On peut lui envoyer une lettre.

Un protocole DeFi peut être déployé mondialement.

Les utilisateurs botswanais peuvent s’y connecter sans que l’équipe cherche activement le marché local.

À partir de quand l’activité est-elle exercée « into Botswana » ?

La question deviendra difficile.

Le texte est clair avec une entreprise ciblant des clients.

Beaucoup moins avec du code ouvert mondialement.

Le sandbox peut servir précisément à ces cas

Le sandbox réglementaire de la Bank of Botswana peut permettre de tester des produits aux frontières du droit.

Par exemple :

un paiement utilisant un stablecoin ;

un titre tokenisé ;

un wallet relié à une banque ;

une identité numérique ;

un nouveau modèle d’open finance.

Au lieu de créer immédiatement une réglementation pour un produit encore théorique, l’autorité observe son fonctionnement.

C’est souvent plus efficace.

L’open banking arrive également

Le Fintech Analytical Assessment Framework cite l’Open Banking Policy parmi les politiques nécessaires à la nouvelle génération de services financiers.

L’open banking peut permettre à des fintechs autorisées d’accéder à certaines données ou fonctions bancaires via API.

Ce n’est pas de la blockchain.

Mais l’effet économique peut être tout aussi important.

Un service crypto réglementé pourrait un jour combiner :

API bancaire ;

on-ramp ;

wallet ;

stablecoin ;

paiement.

L’utilisateur ne verrait qu’une seule application.

La cybersécurité devient alors centrale

Plus les systèmes se connectent, plus les risques augmentent.

API compromises.

Cloud mal configuré.

Vol de comptes.

Fraude.

Phishing.

Malware.

Clé privée exposée.

Attaque smart contract.

La Bank of Botswana et la NBFIRA mettent donc fortement l’accent sur la cybersécurité.

Ce n’est pas accessoire.

Les arnaques traditionnelles progressent déjà

En août 2025, la Bank of Botswana avertissait contre une hausse inquiétante des fraudes ciblant les plateformes bancaires et mobile money.

La crypto vient ajouter ses propres variantes.

Fausse plateforme.

Faux investissement.

Ponzi.

Faux conseiller.

Fake mining.

Faux wallet.

Faux support.

Wallet drainer.

Le problème humain reste souvent plus important que le protocole.

La licence réduit certains risques, pas tous

Une plateforme NBFIRA peut toujours subir une attaque.

Un employé peut commettre une erreur.

Un client peut se faire phisher.

Bitcoin peut baisser de 30 %.

Un stablecoin peut connaître une crise de confiance.

La réglementation ne supprime pas le risque d’investissement.

Elle structure l’intermédiaire.

C’est différent.

PAA Capital le démontre

Le retrait de licence de février 2026 est d’ailleurs une bonne illustration.

Le régulateur peut contrôler l’entreprise.

Il ne contrôle pas le prix du marché.

Il peut ordonner une sortie organisée.

Il ne peut pas garantir chaque actif.

Cette distinction protège aussi la crédibilité de la licence.

« Régulé » ne veut jamais dire « rentable ».

La fiscalité reste étonnamment moins claire

Le Botswana possède donc un cadre crypto très précis sur les licences.

Beaucoup moins sur la fiscalité spécifique des gains individuels.

Les sources officielles publiques examinées ne permettent pas d’identifier une « crypto capital gains tax » simple, autonome et universelle.

Le pays a toutefois réformé en profondeur son droit fiscal avec les nouveaux textes de 2025, entrés dans leur phase d’application en 2026.

La fiscalité numérique progresse également.

Cela oblige à rester prudent.

Pas de taxe crypto ne signifie pas pas d’impôt

Un trader professionnel peut générer un revenu.

Une entreprise crypto facture des services.

Un salarié peut être payé.

Une société réalise un bénéfice.

Ces revenus n’échappent pas automatiquement à l’impôt simplement parce qu’ils passent par une blockchain.

La qualification fiscale dépend du contexte.

L’utilisateur important devrait donc conserver :

dates ;

montants ;

prix ;

frais ;

contreparties ;

historique des wallets.

La blockchain fournit d’ailleurs une partie de cette trace.

La réforme fiscale 2026 ajoute une couche numérique

Le gouvernement botswanais cherche plus largement à élargir l’assiette fiscale et moderniser la collecte.

Le ministère annonçait notamment des initiatives de taxation du commerce numérique et une réforme de la législation fiscale.

La crypto pourrait donc finir par bénéficier de règles fiscales plus précises.

Pour l’instant, il faut éviter de les inventer.

La petite taille du marché peut être un avantage expérimental

Le Botswana ne possède pas les dizaines de millions d’utilisateurs du Nigeria.

Cela rend certains produits moins rentables.

Mais cela peut aussi rendre les expérimentations plus simples.

Régulateur identifiable.

Marché concentré.

Institutions relativement structurées.

Quelques VASP.

Quelques grands EPS.

Le pays peut tester rapidement de nouveaux modèles.

Yellow Card possède déjà la majorité du marché

La concentration à plus de 85 % signifie aussi qu’un seul acteur influence fortement les statistiques.

Si Yellow Card double son activité, le marché national peut sembler exploser.

Si elle ralentit, le contraire.

Il faut donc éviter d’interpréter chaque variation comme une tendance générale de la population.

Le marché est encore trop petit pour cela.

Le Botswana n’a probablement pas besoin d’une adoption crypto massive

C’est peut-être le point le plus intéressant.

Le succès du cadre ne doit pas forcément être mesuré par le nombre de personnes achetant un memecoin.

Une infrastructure crypto réglementée peut servir à quelques fonctions ciblées :

paiement B2B ;

trésorerie ;

transfert international ;

tokenisation ;

investissement ;

accès au dollar numérique ;

custody institutionnel.

Cela peut suffire à créer un secteur utile.

Les stablecoins peuvent être plus importants que Bitcoin pour cette phase

Bitcoin restera probablement l’actif le plus connu.

Mais USDT et autres stablecoins s’intègrent plus facilement dans les paiements.

Ils peuvent être utilisés comme rail.

Le destinataire n’a pas besoin d’en conserver.

Un fournisseur peut recevoir.

Une fintech peut convertir.

Le Botswana possède déjà un cadre permettant de réglementer les intermédiaires.

Cette combinaison est intéressante.

Le pays doit néanmoins éviter la dépendance au dollar numérique

Si tous les paiements blockchain passent par USDT, le secteur numérique adopte implicitement le dollar comme unité de règlement.

Cela peut paraître pratique.

Pour une banque centrale, le sujet est beaucoup plus stratégique.

Plus les utilisateurs conservent et facturent en stablecoins dollar, plus une partie de l’activité économique se déplace hors de l’unité monétaire nationale.

La Bank of Botswana devra probablement surveiller ce phénomène avant qu’il devienne important.

Un stablecoin pula pourrait offrir une alternative

Un token lié au pula peut conserver l’unité de compte locale tout en utilisant une blockchain.

L’idée paraît séduisante.

Mais tout dépend de la qualité de l’émetteur.

Réserves.

Rachat.

Liquidité.

Gouvernance.

Régulation.

Sans cela, un token « Pula » n’est qu’une promesse.

Le nom de la monnaie ne suffit pas.

Une CBDC résout le problème de l’émetteur

Avec une CBDC, la Banque centrale devient l’émetteur.

Plus besoin de se demander si la société privée possède les réserves promises.

Le risque change complètement.

Mais l’innovation privée diminue aussi potentiellement.

La banque centrale contrôle l’architecture.

Voilà pourquoi certains pays préfèrent laisser coexister CBDC et stablecoins réglementés.

Le Botswana pourrait choisir la coexistence

C’est probablement le scénario le plus plausible à long terme.

Pula bancaire.

Mobile money.

Stablecoins privés.

Bitcoin.

Éventuelle CBDC.

Chacun pour des usages différents.

La réglementation devient alors le langage commun.

Elle dit qui peut convertir.

Qui peut conserver.

Qui peut émettre.

Qui peut régler.

Qui doit identifier.

Qui répond en cas de problème.

Le Botswana possède déjà une longueur d’avance juridique

C’est ici que la comparaison avec plusieurs pays africains devient frappante.

La Tanzanie cherche encore comment organiser l’activité.

Le Sénégal et la Côte d’Ivoire attendent beaucoup du futur cadre BCEAO.

La Zambie vient seulement de commencer l’enregistrement généralisé des VASP.

Le Cameroun conserve une tension entre COBAC et COSUMAF.

Le Botswana, lui, délivre et retire déjà des licences.

C’est une différence concrète.

Peut-on légalement acheter du Bitcoin au Botswana ?

Oui, Bitcoin peut être acheté auprès de prestataires autorisés.

Le Botswana n’a pas interdit la détention de crypto par les particuliers.

Ce qui est strictement réglementé est l’activité professionnelle de prestataire.

Une personne offrant des services virtuels dans le cadre d’un business doit disposer de la licence appropriée.

Le particulier et l’exchange ne sont donc pas juridiquement la même chose.

Bitcoin est-il une monnaie légale ?

Non.

Le pula reste la monnaie légale du Botswana.

La Virtual Assets Act exclut d’ailleurs de sa définition générale des actifs virtuels les représentations numériques du legal tender régies par le Bank of Botswana Act.

Bitcoin reste un actif virtuel.

Pas un deuxième pula.

USDT est-il autorisé ?

USDT fait partie des actifs mentionnés dans les produits disponibles ou étudiés sur le marché botswanais.

Express Minds proposait notamment des achats de stablecoins tels que USDT.

Cela ne donne pas à USDT le statut de monnaie légale.

L’actif peut être proposé par un VASP licencié dans le cadre autorisé.

Comment vérifier un exchange ?

La NBFIRA publie une rubrique dédiée aux entités réglementées et encourage directement les consommateurs à vérifier qu’un prestataire possède une licence avant d’utiliser ses services.

Cette vérification devrait être la première étape.

Pas le rendement promis.

Pas le nombre de followers.

La licence.

Yellow Card est-il licencié ?

Oui.

La NBFIRA a publié une décision officielle annonçant l’octroi d’une licence VASP à Yellow Card Botswana en octobre 2022.

L’évaluation nationale des risques la présente ensuite comme l’acteur dominant du marché.

PAA Capital est-il encore licencié ?

Non.

La NBFIRA a annulé sa licence en février 2026.

C’est précisément pourquoi une vieille liste ou un ancien article ne suffit pas.

Le statut réglementaire peut changer.

Toujours vérifier la source actuelle.

Une société étrangère doit-elle obtenir une licence ?

La loi s’applique également aux VASP fournissant des services « into or from Botswana », quel que soit leur emplacement physique.

Une plateforme étrangère servant activement des clients botswanais ne doit donc pas supposer que l’absence de bureau local la place automatiquement hors du cadre.

Binance est-il automatiquement autorisé parce que l’application fonctionne ?

Non.

L’accessibilité d’un site ou d’une application ne constitue pas une licence NBFIRA.

Le même principe vaut pour n’importe quelle plateforme étrangère.

Il faut vérifier son statut réglementaire effectif pour le marché botswanais.

Peut-on acheter de la crypto avec Orange Money ou MyZaka ?

Des services ou transactions peuvent théoriquement permettre de relier monnaie électronique et crypto.

Il faut néanmoins distinguer le prestataire mobile money du VASP.

Orange Money ou MyZaka peut transporter le pula.

Le VASP effectue la conversion crypto.

L’utilisation d’un wallet comme moyen de paiement ne transforme pas l’opérateur télécom en exchange.

Peut-on utiliser un ATM Bitcoin ?

Le marché botswanais a effectivement comporté un distributeur opéré par Express Minds à Airport Junction selon l’évaluation nationale des risques.

Comme pour tout prestataire, l’utilisateur doit vérifier son statut actuel avant une opération.

Les exchanges font-ils du KYC ?

Les VASP réglementés sont soumis aux obligations CDD/KYC et AML/CFT.

Le rapport national mentionne notamment vérification d’identité, adresse, bénéficiaires effectifs et contrôles renforcés pour les clients ou transactions à risque.

Une plateforme agréée n’est donc pas un service anonyme.

Faut-il déclarer l’origine des fonds ?

Dans certaines situations, oui.

Les VASP doivent pouvoir demander des informations supplémentaires, notamment pour les transactions importantes ou suspectes.

Cela fait partie du fonctionnement normal d’un intermédiaire réglementé.

Le Botswana taxe-t-il Bitcoin ?

Il n’existe pas, dans les sources officielles examinées pour cette mise à jour, une taxe universelle et autonome permettant d’affirmer simplement « chaque gain Bitcoin est taxé à X % ».

Les règles générales sur les revenus, bénéfices et activités peuvent cependant s’appliquer selon la situation.

Le traitement d’un trader professionnel n’est pas nécessairement identique à celui d’un particulier détenant occasionnellement du BTC.

Les remittances sont-elles un gros moteur de l’adoption ?

Moins que dans plusieurs autres pays africains.

Les transferts personnels reçus représentaient environ 0,7 % du PIB en 2024.

Le marché crypto botswanais doit donc chercher une partie de sa croissance dans le trading, les paiements régionaux, les activités B2B, les investissements et les nouveaux services financiers plutôt que dans les seules remittances.

La Bank of Botswana va-t-elle lancer une CBDC ?

Elle l’étudie.

La banque centrale a constitué un groupe de travail et mène des recherches sur la faisabilité, le droit, la technologie et les conséquences économiques.

Aucune décision publique de lancement d’un pula numérique retail n’est établie au 25 septembre 2026.

Une CBDC remplacerait-elle Orange Money ?

Pas nécessairement.

Une CBDC pourrait être distribuée par les banques ou fintechs existantes.

Orange Money et les autres wallets pourraient éventuellement continuer à fournir l’interface utilisateur.

Tout dépend de l’architecture choisie.

Pourquoi réglementer un marché de seulement 1 200 clients actifs ?

Parce que la réglementation ne se construit pas uniquement après une crise.

Le Botswana a choisi l’approche inverse.

Créer le cadre.

Identifier les acteurs.

Imposer les règles.

Puis laisser le marché évoluer.

Cela limite certains problèmes de rattrapage.

Est-ce que cela garantit une adoption plus forte ?

Non.

La réglementation apporte de la certitude.

Elle n’invente pas la demande.

Le Botswana devra encore démontrer que les actifs virtuels apportent une utilité suffisante pour dépasser une niche relativement réduite.

C’est désormais un problème économique plutôt que juridique.

Le prochain test sera institutionnel

La prochaine étape ne sera probablement pas simplement l’arrivée d’un nouvel exchange.

Il faudra regarder :

banques demandant une licence ;

paiements stablecoins ;

tokenisation ;

sandbox ;

stablecoin pula ;

CBDC ;

open banking ;

intégration avec les EPS.

C’est là que le cadre botswanais montrera sa véritable valeur.

Conclusion

Le Botswana possède l’un des paradoxes les plus intéressants de cette série africaine : son marché crypto reste petit, mais son droit est déjà très avancé.

Le pays n’a pas attendu dix millions d’utilisateurs pour créer un régulateur crypto.

Il n’a pas attendu une crise majeure de stablecoin.

Il n’a pas non plus essayé d’interdire Bitcoin.

Il a choisi la licence.

La première Virtual Assets Act entre en vigueur en février 2022.

La NBFIRA commence à agréer les VASP.

Yellow Card obtient sa licence la même année.

Puis le pays réécrit entièrement sa loi.

La Virtual Assets Act 2025 élargit les définitions, renforce la supervision et couvre même les entreprises servant le marché depuis l’étranger.

En 2026, la NBFIRA montre que ce pouvoir n’est pas théorique.

Elle retire la licence de PAA Capital.

Elle avertit encore contre des entreprises non autorisées.

Elle publie des lignes directrices AML.

Elle tient un registre de prestataires.

Le système fonctionne.

Pas parfaitement.

Mais réellement.

Ce résultat mérite d’être comparé à la situation d’autres pays africains où le débat reste coincé entre « crypto légale » et « crypto interdite ».

Le Botswana a dépassé cette étape.

La vraie question est maintenant celle de l’usage.

À fin 2024, le marché réglementé représentait à peine plus de 169 millions de pula de transactions et environ 1 200 clients actifs chez les opérateurs effectivement en activité. Yellow Card dominait à plus de 85 %.

Ce n’est pas encore une révolution monétaire.

Bitcoin n’a pas remplacé le pula.

USDT n’a pas remplacé Orange Money.

Les VASP n’ont pas remplacé les banques.

Le pays dispose déjà d’un secteur de paiements électroniques plus vaste que son industrie crypto, avec Orange Money, MyZaka, Smega, Poso Money, plus de vingt prestataires EPS et plus de 1 500 agents.

C’est là que l’analyse devient plus intéressante.

La crypto botswanaise ne doit pas résoudre un problème de paiement local déjà largement adressé.

Elle doit trouver sa valeur aux endroits où l’architecture classique reste moins efficace :

paiements internationaux ;

B2B ;

actifs numériques ;

stablecoins ;

trésorerie ;

tokenisation ;

self-custody ;

nouveaux produits financiers.

Sur ce terrain, la réglementation peut devenir un avantage.

Une entreprise qui veut connecter USDC au pula sait qu’un VASP doit être licencié.

Une banque sait avec quel régulateur discuter.

Un investisseur sait où vérifier le statut d’une plateforme.

Un utilisateur peut distinguer un acteur autorisé d’un site anonyme.

Cette certitude a une valeur.

Le Botswana devra pourtant éviter que son propre succès réglementaire ne devienne un obstacle économique.

Un marché de quelques milliers de clients ne peut pas supporter indéfiniment des coûts de conformité conçus pour un exchange mondial.

La consultation lancée en 2026 sur les frais et prélèvements de supervision est donc plus importante qu’elle n’en a l’air.

Une réglementation trop chère réduirait le nombre d’entreprises.

Une réglementation trop légère détruirait sa crédibilité.

Le bon équilibre se trouve entre les deux.

La Bank of Botswana ajoute désormais une deuxième couche.

CBDC.

Open banking.

Tokenised payment services.

Security tokens.

Regulatory sandbox.

API.

DLT.

La stratégie financière devient beaucoup plus large qu’un simple débat sur Bitcoin.

C’est probablement ici que le Botswana peut surprendre.

Il ne deviendra peut-être jamais le premier marché crypto d’Afrique en volume.

Le Nigeria possède une population et une demande incomparables.

L’Afrique du Sud dispose d’un marché financier beaucoup plus profond.

Le Kenya possède un écosystème fintech massif.

Le Botswana peut jouer une autre carte : devenir un petit marché où les nouvelles infrastructures financières sont testées dans un cadre relativement clair avant d’être étendues ailleurs.

Cela tombe bien.

Dans la finance numérique, le volume n’est pas toujours le seul avantage.

La prévisibilité juridique compte.

La capacité du régulateur compte.

La qualité des institutions compte.

Et sur ces trois points, le Botswana possède déjà quelque chose que plusieurs économies beaucoup plus grandes cherchent encore à construire.

Le troisième lien avec le reste du continent est particulièrement clair : alors que les gouvernements africains cherchent désormais à formaliser leurs propres règles crypto, Gaborone dispose déjà d’un cas pratique montrant ce qui vient après la loi.

Délivrer une licence.

Contrôler.

Mesurer le marché.

Sanctionner.

Retirer la licence si nécessaire.

Puis recommencer.

Le prochain défi sera autrement plus difficile : faire en sorte que cette infrastructure réglementaire produise réellement de l’innovation.

Sources principales

Ce guide s’appuie en priorité sur la NBFIRA, la Bank of Botswana, la National Risk Assessment botswanaise, la Banque mondiale et la législation nationale.

La base juridique actuelle est la Virtual Assets Act, 2025, qui remplace la loi de 2022 et confie à la NBFIRA la supervision des prestataires d’actifs virtuels.

Les données sur la structure du marché, les six licences recensées à fin 2024, la domination de Yellow Card, les plus de 169 millions de pula de transactions et la base de clients actifs proviennent de la Money Laundering/Terrorist Financing National Risk Assessment, publiée en 2026.

Les informations concernant PAA Capital reposent sur la décision officielle publiée par la NBFIRA en février 2026.

Les développements concernant CBDC, stablecoins et technologies de paiement proviennent du Bank of Botswana Annual Report 2024 ainsi que du Fintech Analytical Assessment Framework de 2025.

Les chiffres macroéconomiques et ceux concernant les remittances proviennent de la Banque mondiale.

Enfin, aucune plateforme n’est considérée dans cet article comme autorisée au Botswana uniquement parce que son application est accessible depuis le pays. La NBFIRA demande explicitement aux utilisateurs de vérifier le statut du fournisseur, et la Virtual Assets Act permet d’appliquer le cadre réglementaire aux entreprises servant le marché botswanais même lorsqu’elles se trouvent physiquement à l’étranger.

Sources citées3
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Mosengo Léon
Auteur

Mosengo Léon

Mosengo Léon est un analyste crypto et rédacteur pour BrefCrypto.com, reconnu pour ses analyses approfondies des marchés Bitcoin et cryptomonnaies, l’impact des événements structurants comme les crises et levées de fonds, et sa capacité à rendre accessibles les enjeux techniques et économiques de la blockchain pour investisseurs et passionnés