Actu crypto Afrique : l’Afrique du Sud hésite encore sur les stablecoins
La SARB laisse ses règles sur les stablecoins ouvertes à modification, alors que 27 milliards de rands d’USDT ont circulé en Afrique du Sud.

L’Afrique du Sud pourrait encore revoir ses futures règles sur les stablecoins. La South African Reserve Bank (SARB) affirme que son approche n’est « pas arrêtée », alors qu’une coalition réunissant VALR, Luno, AltCoinTrader et EasyEquities conteste les restrictions proposées sur les transferts crypto transfrontaliers. L’enjeu est déjà conséquent : près de 27 milliards de rands de transactions USDT ont été enregistrés sur trois grandes plateformes locales en un an.
Actu crypto Afrique : la SARB laisse la porte ouverte
La banque centrale a confirmé à TechCentral que les dispositions actuellement discutées restent des projets. La consultation publique sur le Crypto Asset Manual for Cross-Border Activities doit se poursuivre jusqu’au 30 septembre 2026.
Cette ouverture intervient quelques jours après que Bref Crypto a détaillé les nouvelles restrictions sud-africaines sur les transferts crypto transfrontaliers.
Le projet actuel prévoit notamment qu’une entité résidente ne puisse pas effectuer certaines transactions crypto considérées comme une importation ou une exportation de capitaux. La SARB et le Trésor veulent empêcher que les actifs numériques deviennent un moyen de contourner les contrôles de change.
La SARB confirme officiellement que le texte peut encore être modifié après consultation. Surtout, elle précise qu’il ne fait pas des cryptos une monnaie officielle et ne distingue pas encore les différents types d’actifs numériques.
27 milliards de rands d’USDT changent le débat
Les stablecoins concentrent désormais l’essentiel de la pression économique.
Selon la dernière Financial Stability Review de la SARB, les transactions on-chain impliquant Tether sur Luno, VALR et AltCoinTrader ont approché 27 milliards de rands durant l’année terminée le 30 avril 2026. L’Afrique du Sud comptait parallèlement 310 prestataires crypto licenciés fin mars.
Ce n’est donc plus un marché marginal.
La banque centrale reconnaît elle-même que les stablecoins servent, dans une moindre mesure, aux transferts internationaux et aux remittances. Ils restent toutefois principalement utilisés pour le trading, l’arbitrage et le règlement au sein des marchés crypto.
Cette progression explique aussi pourquoi Standard Bank se positionne désormais sur les stablecoins et les paiements blockchain.
Le problème pour la SARB est ailleurs : les tokens indexés sur le dollar peuvent faciliter les paiements tout en créant un canal supplémentaire pour déplacer des capitaux hors du pays.
Luno et VALR contestent la méthode
La contestation est désormais organisée autour d’une coalition baptisée Catastrophe, qui réunit notamment VALR, Luno, AltCoinTrader et EasyEquities.
Les entreprises ne rejettent pas la réglementation. Elles contestent surtout l’idée qu’une opération autorisée lorsqu’elle passe par une banque puisse devenir problématique uniquement parce qu’elle utilise un stablecoin.
Luno estime également que les règles envisagées pourraient affaiblir les progrès réalisés pour ramener l’activité crypto dans un environnement réglementé. EasyCrypto cite l’exemple d’une entreprise sud-africaine recevant légalement des dollars d’un client étranger sous forme de stablecoin : le problème économique n’est pas nécessairement différent d’un règlement bancaire classique.
Le débat dépasse donc la seule Afrique du Sud. Les stablecoins prennent déjà une place croissante dans les paiements transfrontaliers africains, précisément parce qu’ils réduisent certaines frictions bancaires.
Pretoria doit maintenant choisir jusqu’où aller. La SARB ne renonce pas au contrôle des flux de capitaux. Elle reconnaît simplement que la manière de traiter les stablecoins reste ouverte.
Avec 27 milliards de rands d’USDT déjà échangés sur trois plateformes, la discussion n’est plus théorique.