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Actualité Crypto Afrique

Crypto Afrique : Absa lance sa garde institutionnelle avec Ripple

Absa vient de mettre en service une offre de conservation d’actifs numériques utilisant la technologie de Ripple en Afrique du Sud. La banque cible les entreprises et investisseurs institutionnels qui veulent détenir des cryptos et actifs tokenisés dans un environnement bancaire réglementé. Le lancement intervient sur un marché où l’Afrique subsaharienne avait reçu plus de 205 milliards de dollars de valeur crypto on-chain entre juillet 2024 et juin 2025, soit 52 % de plus en un an.

Une infrastructure bancaire africaine protège des actifs numériques institutionnels
Absa utilise la technologie de Ripple pour proposer une solution de conservation institutionnelle d’actifs numériques en Afrique du Sud.

Absa ouvre la crypto aux institutionnels

Le service Absa Digital Asset Custody est désormais opérationnel. Il concrétise le partenariat annoncé en octobre 2025, lorsque Ripple avait fait d’Absa son premier grand partenaire bancaire africain pour son activité de custody.

Cette évolution prolonge un mouvement déjà visible dans la crypto Afrique, où 205 milliards $ de flux on-chain ont été enregistrés sur douze mois. Cette fois, il ne s’agit plus seulement d’exchanges, de fintechs ou de wallets mobiles. Une grande banque fournit directement l’infrastructure permettant à des institutions de conserver leurs actifs numériques.

La conservation institutionnelle est plus complexe qu’un simple wallet. Une entreprise doit protéger ses clés privées, déterminer quels employés peuvent autoriser une transaction, imposer plusieurs niveaux de validation et disposer de procédures de récupération en cas de panne ou d’incident.

Absa explique que sa solution utilise des environnements matériels sécurisés et une dérivation déterministe des clés plutôt qu’un stockage permanent de celles-ci. La banque revendique également plusieurs couches de gouvernance afin qu’une défaillance unique ne puisse pas compromettre les actifs.

Robyn Lawson, responsable Digital Product: Custody chez Absa CIB, présente cette infrastructure comme une manière de fournir aux actifs numériques les standards de sécurité déjà appliqués à la finance traditionnelle. Absa détaille directement le fonctionnement de son service de custody.

Ripple dépasse désormais les paiements

Pour Ripple, l’opération montre aussi jusqu’où son activité s’est éloignée de son image historique de spécialiste des paiements blockchain.

Ripple Custody fournit désormais aux banques une infrastructure de gestion des clés, de contrôle des transactions et de gouvernance. La solution peut servir à conserver des cryptomonnaies, des stablecoins ou encore des actifs du monde réel tokenisés.

La technologie s’appuie notamment sur des systèmes MPC et HSM pour sécuriser les clés privées. Ripple affiche également plusieurs certifications destinées aux clients institutionnels, dont ISO 27001 et SOC 2 Type II.

L’Afrique devient un terrain intéressant pour cette stratégie. Ripple travaille déjà avec Chipper Cash, VALR et Yellow Card, tandis que son stablecoin RLUSD est utilisé dans plusieurs initiatives régionales. En avril, l’entreprise indiquait également que 57 % des dirigeants financiers interrogés dans son enquête mondiale 2026 préféraient travailler avec un fournisseur réunissant custody, orchestration et conformité plutôt que de gérer ces briques séparément.

Cette institutionnalisation accompagne la progression des stablecoins. BrefCrypto observait récemment que 27 milliards de rands d’USDT avaient circulé sur trois grandes plateformes sud-africaines en un an.

Banques, stablecoins et custody commencent donc à se rejoindre.

Les 205 milliards $ racontent autre chose

Le chiffre de 205 milliards de dollars mérite toutefois d’être utilisé correctement.

Il ne signifie pas que le « marché crypto africain vaut 205 milliards $ ». Chainalysis estime que l’Afrique subsaharienne a reçu plus de 205 milliards $ de valeur on-chain entre juillet 2024 et juin 2025, contre environ 135 milliards sur la période précédente. La croissance atteint 52 %, ce qui plaçait alors la région au troisième rang mondial en matière de progression.

Bitcoin reste particulièrement important. Sur les achats crypto effectués en monnaie fiduciaire, BTC représentait 89 % au Nigeria et 74 % en Afrique du Sud selon Chainalysis.

Dans le même temps, les usages deviennent plus variés. Stablecoins, paiements transfrontaliers, transferts, trading et désormais conservation institutionnelle cohabitent. Standard Bank travaille elle aussi sur les infrastructures liées aux stablecoins, tandis que plusieurs fintechs développent les conversions entre USDT, USDC, monnaies locales et mobile money.

C’est là que le lancement d’Absa devient intéressant. La banque ne parie pas nécessairement sur le prix de XRP, Bitcoin ou d’un autre token. Elle se positionne sur l’infrastructure nécessaire pour que d’autres institutions puissent détenir ces actifs.

La crypto Afrique change donc progressivement d’échelle. Les 205 milliards de dollars décrivent l’activité qui existe déjà. Absa et Ripple construisent maintenant la couche bancaire susceptible d’accueillir une partie de cette activité.

Sources citées1
BrefCrypto L’actualité crypto en Afrique et dans le monde
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Gregoire Lacroix
Auteur

Gregoire Lacroix

Grégoire Lacroix est analyste et rédacteur chez BrefCrypto, spécialisé dans les cryptomonnaies et les marchés numériques. Il se concentre sur Bitcoin, l’analyse de marché, les cadres réglementaires et l’adoption réelle de la blockchain. Son travail privilégie une lecture stratégique et factuelle, orientée usage et impact économique. Il apporte un regard expert sur l’écosystème crypto africain, entre opportunités, risques et structuration du marché.