Crypto Afrique : Standard Bank s’allie à Goldman Sachs et Citi pour lancer un stablecoin dollar
Standard Bank rejoint Goldman Sachs, Citi et 18 autres institutions pour lancer un stablecoin dollar en 2027, une première majeure pour la crypto Afrique.

Standard Bank rejoint 20 grandes institutions financières internationales pour préparer un stablecoin adossé au dollar américain. La plus grande banque africaine par les actifs sera le seul membre du continent dans ce consortium qui réunit notamment Bank of America, Citi, Goldman Sachs, Wells Fargo, Deutsche Bank et UBS. Lancement visé : premier semestre 2027.
Crypto Afrique : Standard Bank passe à l’étape supérieure
Standard Bank parlait encore en 2023 de devenir un « fast follower » dans la crypto. Trois ans plus tard, la banque ne se contente plus d’observer. Cette décision prolonge son offensive récente dans les paiements numériques, la blockchain et les stablecoins en Afrique.
Le groupe de 21 institutions veut créer une nouvelle société au second semestre 2026. Le stablecoin dollar devrait ensuite être lancé durant les six premiers mois de 2027, sous réserve des dernières conditions réglementaires et commerciales.
Standard Bank rejoint une liste assez lourde : Bank of America, Capital One, Citi, Fidelity Investments, Goldman Sachs, Santander, BBVA, Deutsche Bank, Crédit Agricole, UBS ou encore MUFG Bank.
Le communiqué officiel du consortium prévoit également d’autres stablecoins en monnaies du G7. L’euro serait le prochain sur la liste.
L’Afrique dispose donc d’un siège à cette table. Un seul.
Le dollar numérique arrive dans les banques
Le futur token doit fonctionner sur des blockchains publiques et être adossé à des réserves. Les banques visent les paiements transfrontaliers, le règlement d’actifs numériques et certains usages institutionnels, commerciaux et même particuliers.
C’est exactement le terrain sur lequel les stablecoins progressent déjà rapidement dans les paiements africains.
La différence vient cette fois de l’émetteur.
Jusqu’ici, l’Afrique utilise surtout des dollars numériques provenant d’entreprises crypto étrangères comme Tether avec l’USDT ou Circle avec l’USDC. Le nouveau projet place directement de grandes banques mondiales dans la chaîne d’émission et de distribution.
Le consortium promet une conformité au GENIUS Act américain et à MiCA en Europe lorsque ces régimes s’appliquent.
Pour Standard Bank, l’intérêt est évident. Le groupe opère dans plus de 20 marchés africains et possède déjà une importante infrastructure de paiements transfrontaliers.
Brancher un stablecoin bancaire sur cette distribution pourrait changer l’échelle.
Les banques ne veulent plus laisser le terrain à Tether
Le marché reste pourtant largement dominé par les acteurs crypto. Tether représente à lui seul plus de 180 milliards de dollars de stablecoins en circulation, tandis que l’USDT et l’USDC concentrent l’essentiel du marché mondial.
Les banques ont compris le message.
Stablecoins et blockchains publiques commencent à menacer une partie de leur activité traditionnelle : règlements internationaux, change, trésorerie et transferts. Créer leur propre infrastructure permet de récupérer une partie de cette valeur sans abandonner contrôle réglementaire, KYC et gestion des réserves.
En Afrique du Sud, les paiements en Bitcoin et stablecoins ont déjà bondi de 176 % sur un an. Standard Bank arrive donc sur un marché qui n’attend plus les banques pour se développer.
Son entrée dans ce consortium marque cependant une étape différente. La crypto Afrique ne se construit plus uniquement avec des exchanges, fintechs et startups blockchain. Les grandes banques africaines commencent elles aussi à fabriquer les rails. Et cette fois, Standard Bank veut être dans le wagon de tête.


