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Actualité Crypto Afrique

Crypto Afrique : la SEC promet une voie claire aux VASP

La SEC nigériane veut lever une partie du brouillard réglementaire autour des fintechs et entreprises crypto. Lors de son deuxième Regulator/FinTech Clinic organisé le 7 octobre à Abuja, son directeur général Emomotimi Agama a promis des « voies claires » d’entrée sur le marché. Le message reste toutefois exigeant : une autorisation provisoire n’est pas une licence et les exchanges crypto devront notamment disposer de 2 milliards de nairas de capital minimum.

Illustration d’une fondatrice fintech nigériane portant un dossier devant un point de contrôle réglementaire
Illustration symbolique des démarches et contrôles réglementaires applicables aux entreprises crypto au Nigeria.

Crypto Afrique : Abuja veut faciliter l’entrée des VASP

« Nous ne voulons bâillonner personne. » La formule d’Emomotimi Agama tranche avec les années durant lesquelles le Nigeria entretenait une relation beaucoup plus conflictuelle avec la crypto.

Le mouvement était déjà visible lorsque la Banque centrale du Nigeria a ouvert son sandbox réglementaire aux VASP. La SEC veut maintenant rendre le parcours vers l’enregistrement beaucoup plus compréhensible.

Son FinTech and Innovation Hub, FinPort, distingue notamment le Regulatory Incubation Programme et l’Accelerated Regulatory Incubation Programme, ou ARIP. Les entreprises peuvent commencer par une évaluation, intégrer un environnement réglementaire contrôlé puis progresser vers une véritable immatriculation.

Cette mécanique commence déjà à accueillir du monde. Busha et Quidax figurent dans le programme ARIP depuis 2024. Luno, Koinkoin, Blockvault et plusieurs autres entreprises ont été admises en juillet 2026. Yellow Card, Pisi Payments et BC Access les ont rejointes en août.

La porte est donc ouverte.

Pas sans conditions.

Une autorisation provisoire ne vaut pas licence

La SEC insiste désormais sur cette nuance. Une Approval-in-Principle, ou AIP, permet à l’entreprise de travailler dans un périmètre supervisé. Elle ne signifie pas que le régulateur lui a accordé son agrément définitif.

Janet Joseph, responsable de la supervision des actifs virtuels et fintechs à la SEC, explique que cette phase sert notamment à vérifier la gouvernance, le capital disponible, les contrôles technologiques et les mécanismes de protection des investisseurs.

Les candidats qui échouent présentent souvent les mêmes faiblesses : proposition commerciale mal définie, gouvernance du risque insuffisante, capital trop faible ou plan de conformité incomplet.

Et Abuja a fortement relevé la barre financière. Depuis janvier, le capital minimum d’un Digital Assets Exchange est fixé à 2 milliards de nairas, contre 500 millions auparavant. Même exigence pour un dépositaire crypto. Une plateforme de tokenisation d’actifs réels doit disposer d’un milliard de nairas.

BrefCrypto avait déjà relevé cette nouvelle philosophie lorsque la SEC a proposé que les dépositaires conservent au moins 80 % des crypto-actifs de leurs clients hors ligne.

La clarté réglementaire promise par Agama ne signifie donc pas déréglementation.

Dit autrement : la SEC veut expliquer plus clairement comment entrer. Elle ne compte pas réduire le prix d’entrée.

Le Nigeria formalise son marché crypto

Cette accélération réglementaire arrive sur un marché devenu trop important pour rester dans une zone grise.

L’Investments and Securities Act de 2025 donne désormais explicitement à la SEC le pouvoir d’enregistrer et de superviser les virtual asset service providers, digital asset operators, exchanges et custodians. Les plateformes qui proposent des services d’investissement au Nigeria doivent donc entrer dans ce cadre.

L’autorité veut simultanément durcir la lutte contre la fraude. Lors de la rencontre du 7 octobre, la Nigerian Financial Intelligence Unit a indiqué que les fraudes à l’investissement représentaient environ la moitié des dossiers qu’elle avait examinés. Les VASP sont donc poussés à renforcer la vérification des clients, la surveillance des opérations transfrontalières et le signalement des transactions suspectes.

Cette surveillance devient d’autant plus importante que le marché crypto nigérian, estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars, entre déjà dans une phase beaucoup plus lourde en matière de fiscalité et de conformité.

Le tournant est assez net. Abuja ne semble plus chercher à savoir s’il faut laisser exister le secteur crypto. Il travaille maintenant sur qui peut l’exploiter légalement, avec combien de capital et sous quels contrôles.

Cela ne garantit pas que le parcours réglementaire deviendra rapide. Les exigences financières peuvent même éliminer une partie des petites entreprises.

La SEC envoie néanmoins un message beaucoup plus lisible qu’il y a quelques années : la crypto peut entrer dans le système financier nigérian.

À condition d’entrer par la porte.

Sources citées1
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Lydie Musekwa
Auteur

Lydie Musekwa

Lydie Musekwa, enseignante chercheuse passionnée par les nouvelles technologies, plonge dans l'univers des cryptomonnaies avec un regard analytique et innovant. Depuis sa découverte du bitcoin, son parcours s'est orienté vers une exploration exhaustive de la blockchain et de ses applications. Armée d'un esprit critique et d'une soif d'apprendre, elle s'attache à démystifier les concepts technologiques complexes pour ses lecteurs, tout en scrutant les dernières tendances et avancées. En tant que rédactrice, Lydie s'engage à partager des connaissances précises et à jour, faisant le pont entre le monde académique et la sphère digitale en constante évolution.