Actu crypto Afrique : Le Nigeria veut placer 80 % des actifs crypto hors ligne
La SEC nigériane propose que 80 % des actifs crypto des clients soient conservés hors ligne, avec 2 milliards de nairas de capital pour les exchanges.

Le Nigeria prépare l’un des cadres de conservation crypto les plus stricts d’Afrique. Dans un projet publié le 20 août, la SEC exige que les dépositaires d’actifs numériques conservent au moins 80 % des cryptoactifs de leurs clients en cold storage. Les incidents majeurs devront être signalés en 24 heures et les grands exchanges devront disposer de 2 milliards de nairas de capital minimum.
La crypto nigériane entre clairement dans une autre phase : celle où opérer légalement coûtera beaucoup plus cher.
Actu crypto Afrique : 80 % des actifs devront rester hors ligne
Le principe est simple. Un cold wallet reste déconnecté d’Internet et réduit donc considérablement l’exposition permanente aux attaques à distance. La SEC veut que les Digital Asset Custodians y placent au moins 80 % des actifs numériques confiés par leurs clients.
Cette nouvelle étape prolonge l’ouverture récente du sandbox de la Banque centrale nigériane aux VASP. Abuja ne cherche plus seulement à faire entrer les entreprises crypto dans un cadre expérimental. Il commence à définir précisément comment elles doivent conserver l’argent de leurs utilisateurs.
Les 20 % restants pourront notamment servir aux retraits et au règlement des transactions via des wallets connectés. Ils devront toutefois être encadrés par des limites, des contrôles d’accès, une surveillance renforcée et des mécanismes de réduction des risques.
Le projet officiel publié par la SEC nigériane impose aussi la séparation des actifs des différents clients et interdit de les mélanger avec ceux de l’entreprise.
Les exchanges devront avoir 2 milliards de nairas
La conservation n’est qu’une partie du durcissement. Une plateforme d’échange ou un dépositaire crypto devrait disposer de 2 milliards de nairas de capital minimum. Les opérateurs de plateformes, offres de tokens et tokenisation RWA seraient soumis à 500 millions de nairas. Pour les autres VASP, le seuil descend à 200 millions.
Une assurance de fidélité couvrant au moins 25 % du capital minimum est également prévue.
Ces montants pourraient sérieusement relever la barrière à l’entrée pour les petites entreprises locales. Le Nigeria avait déjà commencé à transformer un marché estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars en industrie beaucoup plus formelle, comme nous l’expliquions dans notre analyse sur la fiscalité et les paiements crypto au Nigeria.
Ce mouvement peut renforcer la confiance. Il peut aussi favoriser les acteurs disposant déjà de suffisamment de capital pour absorber les coûts réglementaires.
La SEC veut connaître chaque incident en 24 heures
Cyberattaque, perte d’actifs clients, fuite de données ou défaillance importante : la première notification à la SEC devra intervenir dans les 24 heures. Un rapport détaillé est ensuite attendu sous 48 heures.
Le régulateur veut également pouvoir suivre les réserves, les wallets et les mouvements des actifs. Les fonds des clients doivent rester protégés des créanciers si un dépositaire devient insolvable.
Ce durcissement dépasse le Nigeria. Le Ghana vient lui aussi de renforcer son dispositif de supervision des actifs virtuels, tandis que l’Afrique du Sud travaille sur les transferts crypto transfrontaliers.
L’actu crypto Afrique change donc rapidement de nature. Il y a encore quelques années, le débat portait sur l’interdiction ou l’autorisation des cryptos. Au Nigeria, la discussion porte désormais sur le capital, la conservation des clés, les assurances et le reporting réglementaire. C’est beaucoup plus sérieux. Et beaucoup plus coûteux.


