La voix ne dirige plus le modèle économique de Telkom. Au premier trimestre de son exercice 2027, les services de données ont représenté 62,4 % des revenus du groupe sud-africain. La progression du mobile et de la fibre compense désormais le recul continu des lignes fixes traditionnelles.
Les données rapportent près de 7 milliards de rands
Cette bascule confirme l’importance des infrastructures que nous décrivions dans notre article sur les satellites comme moteur de croissance en Afrique. Telkom a généré 6,92 milliards de rands de revenus grâce aux données au cours du trimestre terminé le 30 juin 2026. Ce montant progresse de 8,8 % sur un an.
Les données représentaient 58,8 % du chiffre d’affaires du groupe durant la même période de l’exercice précédent. Leur part atteint maintenant 62,4 %. Le chiffre d’affaires global a augmenté de 2,6 %, à environ 11,1 milliards de rands.
Telkom avait déjà signalé dans ses résultats annuels 2026 que les revenus de données progressaient plus vite que le reste du groupe. Le premier trimestre confirme que cette transformation se poursuit au début de l’exercice 2027.
Le mobile devient le principal moteur de croissance
Les revenus issus des données mobiles ont progressé de 11,4 %. Cette hausse a été soutenue par l’augmentation du nombre d’utilisateurs et par une consommation plus forte. Le trafic mobile a atteint 574 pétaoctets, soit une progression annuelle de 19,6 %.
La stratégie prépayée joue un rôle central. Les revenus de cette activité ont augmenté de 9,1 %, à 3,97 milliards de rands. Ils ont contribué à une hausse de 6,4 % des revenus globaux des services mobiles. Telkom séduit notamment les utilisateurs sensibles au prix avec des forfaits de données flexibles et abordables.
Cette dynamique rejoint le virage plus large du continent vers les services numériques, déjà visible dans les négociations entre le Royaume-Uni et le Kenya sur le commerce numérique.
La fibre remplace progressivement les anciennes lignes
Les revenus liés à la fibre ont augmenté de 4 %, à 2,1 milliards de rands. La progression reste moins rapide que celle du mobile, mais elle confirme le remplacement progressif du cuivre par des infrastructures plus modernes.
Openserve, la filiale d’infrastructure de Telkom, continue d’étendre son réseau et d’augmenter le nombre de foyers réellement connectés. Installer la fibre dans une rue ne garantit pas automatiquement des revenus. L’entreprise doit ensuite convaincre les ménages et les fournisseurs Internet d’utiliser cette infrastructure.
La fibre reste essentielle pour soutenir le streaming, le télétravail, les services cloud et les activités numériques des entreprises. Elle forme aussi l’une des bases nécessaires aux usages avancés de l’IA, thème que l’on retrouve dans l’ouverture du laboratoire d’IA appliquée de Google au Ghana.
Telkom doit encore transformer le trafic en bénéfices durables
La croissance des données ne garantit pas automatiquement une forte rentabilité. Le trafic augmente rapidement et oblige l’opérateur à investir dans les antennes, le spectre, la fibre et l’énergie. Chaque nouvel utilisateur crée des revenus, mais aussi une demande supplémentaire sur le réseau.
Telkom bénéficie pour l’instant d’une dynamique favorable. Sur l’ensemble de l’exercice terminé en mars 2026, ses revenus mobiles liés aux données avaient déjà progressé de 10,5 %. Le groupe avait également relevé sa politique de dividende après une hausse de ses bénéfices et de sa trésorerie disponible.
Le basculement paraît désormais difficile à inverser. Les appels classiques deviennent une activité secondaire, tandis que la connexion porte la croissance. Telkom devra cependant maintenir des prix accessibles sans sacrifier les investissements nécessaires à la qualité du réseau.
En bref
- Les données représentent désormais 62,4 % des revenus de Telkom.
- Le trafic mobile a progressé de près de 20 % sur un an.
- La fibre et le mobile compensent le recul des services fixes traditionnels.
