Le bitcoin traverse une semaine où les nerfs comptent autant que les graphiques. Le décor est simple. Le marché aime la liquidité. Or, elle se fait plus rare au moment même où le refuge reprend la vedette. Cinq catalyseurs peuvent peser sur le prix du Bitcoin et accélérer une baisse sur les prochains jours : une liquidité stablecoins en retrait, une Fed en mode pause, un yen plus ferme, des flux d’ETF moins porteurs, et une grosse échéance d’options qui peut amplifier les mouvements. En toile de fond, l’or enchaîne les records et capte une partie de l’attention “risk-off”.
En bref :
- Cette semaine, plusieurs forces poussent le marché vers la prudence.
- La liquidité et les flux institutionnels sont les points à surveiller de près.
- L’échéance d’options peut transformer une baisse ordinaire en mouvement sec.
Liquidité en retrait, refuge en marche
Quand l’argent “facile” se contracte, le marché crypto perd de sa souplesse. Plusieurs signaux vont dans ce sens. Des analyses relayées autour de Matrixport évoquent des rachats nets d’USDC sur plusieurs semaines, ce qui réduit mécaniquement le carburant disponible pour acheter les replis.
En parallèle, l’or envoie un message clair. Il a franchi un nouveau sommet historique autour du 28 janvier 2026, au-dessus de 5 200 dollars l’once. Ce n’est pas un détail. Cela traduit une préférence assumée pour les actifs perçus comme protecteurs, dans un climat d’incertitude économique et géopolitique.
Il faut nuancer. Les stablecoins restent massivement utilisés. Les volumes de transactions ont même explosé en 2025, menés par l’USDC et l’USDT. Mais un marché peut être très actif et, malgré tout, manquer de liquidité marginale au mauvais moment. C’est souvent cette marge qui fait tenir ou céder un support.
La Fed et le dollar : un cocktail qui surprend
Deux jours suffisent pour changer l’ambiance. Le calendrier officiel place la réunion du FOMC sur les 27-28 janvier 2026. Les investisseurs attendent une décision sans surprise, avec des taux maintenus dans la fourchette actuelle.
Le problème, c’est le ton. Une Fed qui “garde les taux” n’est pas forcément rassurante si elle laisse entendre que la pause pourrait durer. Plusieurs médias financiers décrivent un début de 2026 marqué par l’idée d’un arrêt prolongé des baisses de taux, alors que l’inflation ne retombe pas assez vite et que l’économie reste solide. Pour le Bitcoin, cela veut dire moins d’espoir de liquidité à court terme.
Ajoutez le dollar et le yen, et la mèche peut s’allumer. Le billet vert a vacillé après des déclarations politiques, pendant que le yen se renforçait sur fond de spéculations d’intervention. Un yen plus fort peut forcer le débouclage de stratégies de “carry trade”, souvent liées à des actifs risqués. Dans ce genre de moment, le Bitcoin n’est pas toujours traité comme un refuge.
Flux institutionnels : les ETF Bitcoin respirent mal
Le marché spot a une mémoire courte, mais les flux laissent des traces. Sur la fin janvier, plusieurs articles font état d’une séquence de sorties sur les ETF Bitcoin au comptant aux États-Unis, avec une baisse cumulée marquée sur quelques séances. Ce n’est pas une preuve d’abandon. C’est un indicateur de prudence institutionnelle.

CoinDesk rapporte aussi une semaine de sorties nettes d’ETF parmi les plus fortes depuis novembre, d’après des données SoSoValue. Dans une phase de doute macro, ces flux comptent, car ils réduisent l’achat “mécanique” côté spot et laissent davantage le prix dépendre des traders à court terme.
Le point piquant, c’est l’irrégularité. Plus tôt en janvier, le même marché avait vu de grosses journées d’entrées. Autrement dit, la porte tourne vite. Si elle tourne vers la sortie cette semaine, la baisse peut s’accélérer, surtout si le carnet se creuse.
Bitcoin : l’échéance des options comme amplificateur
Les options ne “créent” pas toujours la tendance. Elles peuvent la rendre brutale. Une grosse échéance de contrats BTC est attendue autour du vendredi 30 janvier 2026, avec un notionnel évoqué à plus de 8 milliards de dollars dans certains suivis de marché. C’est un volume suffisant pour durcir la volatilité si le prix se rapproche de niveaux où beaucoup de positions sont concentrées.
Dans ces fenêtres, le marché peut devenir nerveux pour une raison technique : la couverture des market makers. Si le prix bouge vite, leur hedging peut accentuer le mouvement au lieu de le calmer. Les données d’intérêt ouvert par échéance montrent en général des “pics” qui attirent le prix, puis le relâchent d’un coup.
C’est là que les cinq facteurs se rejoignent. Une liquidité stablecoins moins généreuse, une Fed peu accommodante, des devises qui bousculent le risque, des ETF moins soutenants, et une échéance d’options : séparément, ce sont des signaux. Ensemble, c’est une semaine où le Bitcoin peut glisser plus vite que prévu si la confiance craque.
