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Bitcoin Afrique : trois projets africains décrochent les nouvelles subventions du HRF

La Human Rights Foundation finance trois projets Bitcoin actifs en Afrique : BitSpenda, Bitzed et Hack4Freedom, entre mobile money et formation.

Une développeuse africaine relie Bitcoin, Lightning, Mobile Money et formation technique
BitSpenda, Bitzed et Hack4Freedom rapprochent Bitcoin des paiements africains et de la formation des développeuses.

Plus de 500 millions de satoshis, soit plus de 5 BTC, vont financer 16 projets liés à Bitcoin et aux technologies décentralisées. L’Afrique prend une place visible dans cette nouvelle vague du Bitcoin Development Fund de la Human Rights Foundation : BitSpenda, Bitzed et Hack4Freedom sont directement actifs sur le continent. Paiements transfrontaliers, mobile money, self-custody et formation des développeuses sont au programme.

Bitcoin Afrique : BitSpenda attaque les transferts coûteux

BitSpenda intervient sur un problème très africain : envoyer de l’argent entre deux pays reste souvent lent, cher et dépendant de plusieurs intermédiaires. Un sujet déjà visible avec la progression des paiements transfrontaliers numériques en Afrique, où les nouvelles infrastructures cherchent justement à raccourcir ces circuits.

La plateforme relie Bitcoin et le mobile money au Nigeria, au Kenya, au Cameroun, en Ouganda et au Ghana. L’utilisateur peut envoyer des BTC depuis un portefeuille Lightning. À l’arrivée, le bénéficiaire reçoit directement la valeur correspondante dans son compte mobile money, en monnaie locale.

Pas besoin pour ce dernier de gérer lui-même Bitcoin.

Le modèle est non custodial et ne nécessite pas de compte traditionnel sur la plateforme. La subvention du HRF doit permettre à BitSpenda d’étendre cette infrastructure.

C’est une utilisation assez différente du récit classique autour du BTC. Ici, l’enjeu n’est pas de spéculer sur son prix, mais d’utiliser Lightning comme rail de règlement entre plusieurs systèmes monétaires africains.

Bitzed branche le mobile money zambien sur Bitcoin

Même logique en Zambie, avec une différence importante : Bitzed se concentre sur l’achat de Bitcoin.

Le mobile money y est largement utilisé. Pourtant, accéder au BTC passe encore souvent par une banque ou un exchange centralisé. Bitzed cherche à enlever cette couche intermédiaire.

Le service permet d’utiliser un compte mobile money existant pour acheter du bitcoin, puis de recevoir directement les fonds dans son propre portefeuille Lightning. La Human Rights Foundation explique que son financement doit notamment aider le projet à toucher davantage de Zambiens exclus des services bancaires traditionnels.

La garde personnelle est centrale. Elle signifie simplement que l’utilisateur contrôle lui-même ses clés et donc ses BTC, plutôt que de laisser une plateforme les conserver à sa place.

Cette autonomie apporte évidemment sa propre responsabilité. Les récentes failles découvertes dans certains wallets Bitcoin ont rappelé qu’une mauvaise gestion des clés ou un logiciel vulnérable peut coûter cher.

BitSpenda et Bitzed dessinent néanmoins la même direction : connecter les infrastructures déjà massivement utilisées en Afrique à Bitcoin plutôt que demander aux utilisateurs de repartir de zéro.

Hack4Freedom mise sur les développeuses africaines

Le troisième projet africain financé ne concerne pas directement les paiements.

Hack4Freedom est un programme intensif de deux semaines créé par Brianna Honkawa d’Estries, fondatrice d’Evento. Des développeuses y apprennent à construire avec Bitcoin et d’autres technologies libres et open source.

Des sessions sont notamment organisées à Lagos, Nairobi et São Paulo. La subvention doit financer les événements et certains frais de déplacement afin d’élargir l’accès des femmes à ces formations techniques.

L’Afrique apparaît également indirectement dans une autre subvention. My First Bitcoin, réseau éducatif open source actif dans plus de 40 pays, dont l’Ouganda, veut faire passer son nombre d’éducateurs formés d’environ 60 à 120.

Au total, le Bitcoin Development Fund affirme avoir distribué 12,2 millions de dollars en BTC à 383 projets dans 70 pays depuis 2020. Cette dernière enveloppe finance également WalletScrutiny, des outils Bitcoin open source, Nostr, le minage décentralisé ou encore des systèmes de communication résistants à la censure.

Pour l’Afrique, les trois projets retenus racontent surtout quelque chose de concret. Bitcoin se rapproche du mobile money, de la formation et des paiements quotidiens. C’est précisément sur ce terrain que le débat entre centralisation et autonomie devient beaucoup moins théorique.

Le continent n’a probablement pas besoin d’une nouvelle application crypto de trading. Des infrastructures capables de relier les wallets, le mobile money et les monnaies locales peuvent être autrement plus utiles.

À propos de l’auteur

Lydie Musekwa

Lydie Musekwa

Lydie Musekwa, enseignante chercheuse passionnée par les nouvelles technologies, plonge dans l'univers des cryptomonnaies avec un regard analytique et innovant. Depuis sa découverte du bitcoin, son parcours s'est orienté vers une exploration exhaustive de la blockchain et de ses applications. Armée d'un esprit critique et d'une soif d'apprendre, elle s'attache à démystifier les concepts technologiques complexes pour ses lecteurs, tout en scrutant les dernières tendances et avancées. En tant que rédactrice, Lydie s'engage à partager des connaissances précises et à jour, faisant le pont entre le monde académique et la sphère digitale en constante évolution.