Bitcoin : BlackRock refait ses calculs, 2 % suffisent encore à battre le portefeuille 60/40
BlackRock calcule qu’une allocation de 2 % à Bitcoin aurait porté le rendement annuel d’un portefeuille 60/40 de 9,9 % à 11,8 % sur dix ans.

Bitcoin a perdu environ 50 % depuis son sommet d’octobre 2025. BlackRock a donc repris ses calculs. Résultat : même après ce violent drawdown, une allocation de seulement 2 % au BTC aurait porté le rendement annualisé d’un portefeuille traditionnel 60/40 de 9,9 % à 11,8 % sur dix ans. La volatilité, elle, serait passée de 10,1 % à seulement 10,6 %.
Bitcoin résiste au nouveau test de BlackRock
Le timing n’a rien d’anodin. BlackRock ne réévalue pas Bitcoin après un nouveau record, mais après l’une de ses périodes les plus difficiles. Une situation bien différente de celle où IBIT transformait déjà les détenteurs de Bitcoin en clients de Wall Street.
Dans sa nouvelle étude, Re-Underwriting Bitcoin: Still a Portfolio Diversifier, BlackRock compare un portefeuille composé à 60 % d’actions et 40 % d’obligations avec deux variantes intégrant respectivement 1 % et 2 % de BTC.
Le portefeuille classique affiche environ 9,9 % de rendement annualisé sur la période étudiée. Avec 1 % de Bitcoin, il atteint 10,9 %. Avec 2 %, 11,8 %.
La différence de risque reste étonnamment faible : volatilité annualisée de 10,1 % sans BTC, 10,3 % avec 1 % et 10,6 % avec 2 %.
Autrement dit, 2 % de Bitcoin auraient ajouté environ 1,9 point de rendement annuel pour seulement 0,5 point de volatilité supplémentaire.
2 % de Bitcoin changent beaucoup de choses
Le ratio de Sharpe raconte encore mieux l’histoire. Cet indicateur compare le rendement obtenu au risque pris.
Sans Bitcoin, il atteint 0,81. Avec une allocation de 1 %, il monte à 0,90. À 2 %, il grimpe à 0,96.
Même le drawdown maximal du portefeuille bouge peu : -20,3 % pour le portefeuille 60/40 contre environ -20,9 % avec 2 % de Bitcoin.
BlackRock rappelle cependant qu’il s’agit de données historiques, pas d’une promesse de performance future. Dans son étude officielle, le gestionnaire estime que les moteurs du BTC restent différents de ceux des actifs traditionnels : offre plafonnée, absence d’émetteur souverain et potentiel rôle monétaire mondial.
Cette lecture rejoint d’ailleurs l’analyse de BlackRock sur la dette américaine. Déficits publics persistants et dépréciation des monnaies peuvent renforcer l’intérêt pour un actif dont l’offre maximale reste fixée à 21 millions d’unités.
BlackRock ne devient pas maximaliste
Pas question pour autant de placer 20 % d’un portefeuille en Bitcoin.
Le seuil de 1 à 2 % revient précisément parce qu’au-delà, le poids du BTC dans le risque total augmente rapidement. Dans ses travaux précédents, BlackRock estimait qu’une allocation de cette taille pouvait apporter un risque comparable à celui d’une grande action technologique au sein d’un portefeuille diversifié.
Et malgré le plongeon récent, cette mathématique tient toujours.
La conclusion est moins spectaculaire qu’un objectif Bitcoin à 500 000 dollars, mais probablement plus importante pour Wall Street. Bitcoin n’a plus besoin d’être considéré comme un placement dominant pour peser sur la performance d’un portefeuille.
Cette normalisation intervient d’ailleurs alors que Bitcoin résiste autour de 78 000 dollars malgré les tensions sur le marché obligataire.
BlackRock ne dit donc pas que Bitcoin est devenu sans risque. Le gestionnaire dit quelque chose de plus précis : même après un crash majeur, une petite dose de BTC continue historiquement d’améliorer les mathématiques d’un portefeuille traditionnel. Pour l’adoption institutionnelle, c’est probablement le chiffre à retenir.


