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Bitcoin : un hedge fund sud-africain lui ouvre la porte, les meme coins sont du « pur jeu d’argent »

Peregrine Capital juge qu’une faible allocation à Bitcoin peut se défendre, mais assimile les meme coins au jeu d’argent et alerte sur leur risque.

Un gestionnaire sud-africain place Bitcoin dans un portefeuille et écarte les meme coins associés au jeu
Peregrine Capital distingue une petite exposition défendable à Bitcoin de la spéculation sur les meme coins.

Bitcoin peut avoir sa place dans un portefeuille. Les dizaines de milliers de meme coins, beaucoup moins. Adam Yates, responsable de la distribution chez Peregrine Capital, l’un des plus anciens gestionnaires de hedge funds privés d’Afrique du Sud, vient de tracer une frontière particulièrement nette entre les deux. Lui-même détient une petite exposition au BTC. Pour une grande partie du reste du marché crypto, son jugement est beaucoup plus sévère.

Bitcoin gagne sa petite place dans le portefeuille

Lors du Moneyweb Summit, Adam Yates a reconnu détenir personnellement du Bitcoin et affirme que de nombreux professionnels de l’investissement qu’il connaît disposent eux aussi d’une exposition, généralement très limitée.

Cette prudence rappelle directement la recommandation récente de BlackRock d’allouer environ 1 à 2 % d’un portefeuille diversifié à Bitcoin. L’idée n’est donc plus nécessairement de transformer le BTC en actif dominant. Quelques pourcents peuvent suffire.

Yates rapproche surtout Bitcoin de l’or. Les deux tireraient une partie de leur valeur de leur rareté et de la confiance que les humains leur accordent. Dans le cas du BTC, le plafond de 21 millions d’unités donne à cette rareté une règle monétaire prédéterminée.

Il reste pourtant un obstacle : la volatilité. Pour Yates, Bitcoin devrait devenir beaucoup moins brutal dans ses mouvements de prix avant de devenir réellement confortable pour l’investisseur ordinaire.

Les meme coins prennent cher

Son discours change complètement lorsqu’il quitte Bitcoin.

Yates décrit les dizaines de milliers de meme coins comme du « pur jeu d’argent » et estime qu’une grande partie d’entre eux sont probablement des arnaques. La distinction est importante : acheter du BTC pour une exposition limitée à un actif monétaire rare n’a, selon cette lecture, rien à voir avec courir derrière un token lancé autour d’un mème, d’une célébrité ou d’une tendance de quelques jours.

Le contraste est particulièrement visible en Afrique du Sud, où les paiements en Bitcoin et stablecoins ont progressé de 176 % sur un an. Une partie du marché commence donc à sortir du trading pur pour servir aux achats, aux transferts et aux paiements.

Le pays encadre parallèlement les prestataires. La FSCA exige notamment une autorisation pour les fournisseurs de services liés aux crypto-actifs.

La spéculation n’a évidemment pas disparu. Elle cohabite simplement avec des usages plus concrets.

La blockchain intéresse davantage que la crypto

Yates va même plus loin : à ses yeux, la technologie blockchain représente une opportunité plus évidente que la plupart des cryptomonnaies elles-mêmes. Il s’attend à voir les registres décentralisés pénétrer progressivement une grande partie des marchés financiers.

Les stablecoins occupent aussi une place à part dans son raisonnement. Leur capacité à représenter numériquement une monnaie comme le dollar ouvre des usages très différents de ceux d’un meme coin : règlement, transfert de valeur, commerce ou accès à une devise étrangère.

Cette évolution est déjà sensible en Afrique du Sud. Elle arrive toutefois au moment où Pretoria envisage de durcir les règles sur certains transferts crypto transfrontaliers.

Le discours de Peregrine Capital résume finalement assez bien la nouvelle ligne de fracture du marché. Bitcoin n’obtient pas un blanc-seing : son risque reste élevé et son allocation reste petite. Il obtient quelque chose de plus intéressant, une place désormais défendable dans un portefeuille traditionnel. Les meme coins, eux, n’ont manifestement pas gagné cette bataille.

À propos de l’auteur

Evan's Selemani

Evan's Selemani

J’ai plongé dans Bitcoin dès 2017, bien avant qu’il ne devienne un sujet grand public. Depuis, j’ai transformé cette immersion de terrain en expertise concrète : analyse des cycles de marché, compréhension fine des protocoles, décryptage des narratifs et des enjeux réglementaires. Rédacteur crypto et formateur sur le terrain, je traduis la complexité de la blockchain en contenus clairs, précis et stratégiques, pensés autant pour les investisseurs avertis que pour les nouveaux entrants.