Bitcoin : David Schwartz démonte le nouveau fork après l’échec de BIP-110
Après l’échec de BIP-110, des partisans préparent un fork Bitcoin sous BLAKE2b. David Schwartz raille leur volonté de « réparer » la chaîne.

Le conflit autour de BIP-110 refuse de mourir. Après l’échec spectaculaire de la première chaîne dissidente de Bitcoin, certains partisans du projet préparent une nouvelle tentative dès le 1er septembre. Cette fois, ils veulent abandonner SHA-256d au profit de BLAKE2b. David Schwartz, ancien CTO de Ripple, s’est moqué de leur volonté de « réparer la chaîne historique ».
Bitcoin n’a jamais adopté BIP-110
Tout part d’un désaccord sur l’utilisation des blocs Bitcoin. BIP-110 voulait limiter temporairement certaines données non financières, notamment celles associées aux Ordinals, BRC-20 et Runes.
Le projet prévoyait un seuil de soutien des mineurs de 55 %. Il n’en a obtenu qu’environ 2,6 % à son pic. Lorsque les nœuds appliquant BIP-110 ont commencé à rejeter les blocs de la chaîne principale au bloc 961 632, le résultat a été brutal : leur branche n’a produit que deux blocs avant de pratiquement s’arrêter.
Bitcoin, lui, a continué.
Le document officiel de BIP-110 est désormais marqué « Closed ». Voilà une donnée difficile à contourner.
David Schwartz attaque l’idée de « réparer » Bitcoin
Le débat s’est rallumé lorsqu’un partisan de BIP-110 a expliqué sur X que son camp avait accepté son échec sur la chaîne principale avant de décider de « continuer Bitcoin ailleurs ».
Il parlait notamment de l’échec de leur tentative de « réparer la legacy chain ».
David Schwartz a repris uniquement cette formulation : « Listen to yourself. »
La critique est assez claire. Qualifier la chaîne Bitcoin soutenue par l’écrasante majorité du hashrate de chaîne « legacy » à réparer revient déjà à supposer que la minorité possède la bonne définition de Bitcoin.
C’est précisément le problème de gouvernance que Bref Crypto soulevait en expliquant pourquoi quelques nœuds ne peuvent pas décider seuls des règles de Bitcoin.
Schwartz défend d’ailleurs depuis le début une position assez libérale : sur une blockchain publique, si quelqu’un paie pour utiliser les ressources du réseau, son usage ne devient pas illégitime simplement parce qu’un autre utilisateur le considère comme du « spam ».
BLAKE2b pousse la rupture beaucoup plus loin
La nouvelle branche doit aller nettement plus loin que BIP-110. Ses promoteurs veulent remplacer le Proof of Work SHA-256d de Bitcoin par BLAKE2b-256.
Cela change tout.
Les ASIC spécialisés qui sécurisent actuellement Bitcoin ne pourraient plus simplement basculer leur puissance sur cette nouvelle chaîne. Le projet tente ainsi d’éviter le piège qui avait condamné la première branche : hériter de la difficulté de Bitcoin sans disposer d’assez de hashrate pour produire normalement des blocs.
Pour l’instant, aucun grand exchange, wallet ou acteur majeur de Lightning n’a annoncé son soutien.
Et le fond du conflit reste intact. Les adversaires des inscriptions veulent protéger Bitcoin contre ce qu’ils considèrent comme des données parasites. Leurs opposants défendent un espace de blocs ouvert à celui qui accepte d’en payer le prix. Des images étaient d’ailleurs inscrites dans Bitcoin bien avant l’apparition des Ordinals.
Le 1er septembre ne décidera donc probablement pas de l’avenir de Bitcoin. Il dira surtout si cette minorité peut construire une économie, attirer des mineurs et convaincre des utilisateurs autour de sa propre chaîne. Sans cela, changer d’algorithme ne règle pas le problème qui a tué BIP-110 : le consensus ne se décrète pas.


