Ce 9 février, bitcoin et l’or repartent à la hausse en même temps. Le réflexe du marché est clair : moins de stress immédiat, donc plus d’achats. Le décor reste fragile, mais trois moteurs expliquent ce mouvement.
En bref :
- Bitcoin et l’or montent grâce à un apaisement du stress global et un retour d’achats.
- Le signal Coinbase Premium suggère une demande américaine plus active.
- La baisse de difficulté soulage les mineurs, mais la macro US peut vite retourner l’ambiance.
Le Japon remet du “risk-on” sur la table
La première étincelle vient du Japon. La victoire électorale de Sanae Takaichi et la supermajorité obtenue par le parti au pouvoir ont déclenché un rebond des actions japonaises. Le Nikkei a fortement progressé, et le marché a lu cela comme un retour de visibilité politique. Quand l’Asie respire, les actifs risqués reprennent souvent des couleurs, bitcoin inclus.
Dans la foulée, le yen s’est affaibli face au dollar. C’est un détail qui pèse lourd. Un yen qui se détend réduit la peur d’un débouclage violent des stratégies de “carry trade”. Moins de liquidation forcée, c’est moins de ventes paniques sur tout le reste. Et bitcoin, qui déteste les chocs de marge, profite de ce relâchement.
L’or suit le même chemin, mais pour une raison légèrement différente. Quand les devises bougent vite et que l’incertitude géopolitique ou monétaire flotte, l’or redevient un refuge “simple”. Il a repassé les 5 000 $ l’once dans un marché devenu nerveux, puis acheteur à nouveau.
Les acheteurs américains reviennent sur bitcoin
Deuxième raison : un signal de demande côté États-Unis. Le Coinbase Premium s’est redressé, ce qui indique que les achats au comptant sur Coinbase redeviennent plus présents que sur d’autres places. Ce n’est pas magique, mais c’est un thermomètre utile : quand il remonte, le marché sent que “l’argent impatient” revient.
Ce détail compte parce que le rebond actuel ressemble à un soulagement après une grosse secousse. Beaucoup d’opérateurs avaient réduit la voilure lors du plongeon vers la zone des 60 000 $. Une fois la pression retombée, le marché se rachète, parfois en vitesse. Ça donne des reprises franches, mais pas forcément un trend propre.
Il y a aussi une couche plus psychologique. Après une chute, le marché cherche un point de repère. Revoir bitcoin reprendre des niveaux au-dessus de 70 000 $ réactive les stratégies de “buy the dip”, même chez des investisseurs qui n’avaient pas envie de se précipiter vendredi. L’élan se nourrit alors de lui-même, au moins sur quelques séances.
Les mineurs respirent, pendant que la macro menace déjà
Troisième facteur : la mécanique interne du réseau. La difficulté de minage a chuté d’environ 11 % vers 125,86 trillions, un mouvement rare par son ampleur. Pour les mineurs encore en place, c’est un bol d’air, car chaque bloc devient un peu moins coûteux à “gagner”.
Ce soulagement arrive après une phase où certains acteurs ont dû vendre. L’idée n’est pas nouvelle : quand le prix baisse vite, une partie des mineurs finance ses dépenses en liquidant du bitcoin. Cela peut accentuer la baisse, puis s’éteindre quand la pression se calme. La baisse de difficulté suggère justement que la purge a laissé des traces.
Mais la semaine n’est pas un long fleuve tranquille. Les marchés regardent déjà les grosses publications américaines, comme l’inflation et l’emploi, parce qu’elles influencent les anticipations de taux. Or bitcoin et l’or montent souvent quand le marché imagine une Fed moins restrictive. À l’inverse, un chiffre “trop chaud” peut rallumer la volatilité en une heure.
