Le marché adore les récits simples, surtout quand tout tremble. Cette semaine, un scénario revient avec insistance : Bitcoin pourrait rebondir, tandis que l’or pourrait décrocher vers 4 000 $. C’est l’idée défendue par le trader vétéran Peter Brandt, qui mélange prudence de court terme et pari de mouvement violent sur les métaux précieux.
En bref :
- Bitcoin pourrait rebondir, selon Peter Brandt, malgré un biais fragile à court terme.
- Il voit aussi un risque de chute de l’or vers 4 000 $ après un palier autour de 4 430 $.
- Le marché pourrait surtout changer de “refuge” plus vite que prévu.
Brandt, le rebond Bitcoin… sans fanfare
Brandt ne chante pas la hausse sans réserve, mais il voit une fenêtre pour un rebond du Bitcoin. En face, il imagine un chemin plus sombre pour l’or, avec une chute d’abord vers 4 430 $, puis une extension possible vers 4 000 $.
Peter Brandt n’essaie pas de séduire. Il parle comme un technicien : un marché peut être baissier à court terme et offrir un rebond tactique. Cette nuance est souvent perdue sur X, où tout devient “moon” ou “zéro”.
Dans son approche, le rebond n’est pas une promesse. C’est un scénario conditionnel. Il dépend d’un maintien de zones clés et d’un retour d’appétit pour le risque. Le Bitcoin n’a pas besoin d’une euphorie générale. Il a besoin d’un manque de vendeurs, ce qui est différent.
Ce qui rend l’idée intéressante, c’est le timing. Quand le marché est saturé de pessimisme, il suffit parfois d’un soulagement macro, d’un flux ETF moins négatif, ou d’un short squeeze propre pour relancer la machine. Beaucoup de rebonds naissent dans un silence gêné, pas dans une fête.
L’or à 4 000 $ : une chute qui surprendrait… puis semblerait “logique”
Parler d’un krach de l’or à 4 000 $ choque parce que l’or garde une aura d’actif “sage”. Mais Brandt vise précisément cette confiance. Il évoque un décrochage possible, avec un palier intermédiaire autour de 4 430 $ avant 4 000 $.
Un mouvement pareil ne serait pas juste une correction. Ce serait un changement d’humeur. L’or monterait moins par conviction que par réflexe, puis il se ferait punir au moment où tout le monde s’y croit enfin. Le marché a ce talent : attendre que l’histoire soit parfaite, puis la casser net.
Ce n’est pas la première fois que Brandt assume des projections tranchantes. Son historique est souvent rappelé, notamment ses appels passés sur des chutes marquées quand le consensus regardait ailleurs. Cela ne prouve rien pour aujourd’hui, mais ça explique pourquoi ses graphiques circulent autant
Le duel “valeur refuge” : Bitcoin et or ne jouent pas toujours le même film
On colle souvent l’étiquette “or numérique” au Bitcoin. C’est pratique, mais incomplet. L’or est un actif de confiance ancienne. Le Bitcoin est un actif de confiance en construction, parfois nerveux, souvent explosif. Quand les taux, le dollar et la liquidité bougent, les deux peuvent réagir à contretemps.
Certains jours, ils montent ensemble. D’autres jours, l’un siphonne l’attention de l’autre. Et parfois, les deux baissent parce que le marché vend tout ce qui est liquide pour se refaire une marge. Les corrélations sont des photos, pas des lois de la physique.
Ce que Brandt met sur la table, c’est un croisement de trajectoires. Bitcoin reprend de l’élan au moment où l’or perd sa posture d’évidence. Dit autrement : le refuge ne disparaît pas, il change de forme. Et ça, pour beaucoup d’investisseurs traditionnels, c’est encore inconfortable.
Ce que ça implique pour les traders Bitcoin : moins de slogans, plus de niveaux
Si le Bitcoin rebondit, ce ne sera pas forcément “propre”. Les rebonds de marché stressé sont pleins de mèches, de faux départs, et de retournements intraday. Le point n’est pas d’avoir raison sur l’histoire. Le point est de survivre à la volatilité.
Côté or, viser 4 000 $ revient à imaginer un marché qui casse des supports psychologiques. Là aussi, la violence vient souvent du positionnement, pas des gros titres. Quand trop de monde est du même côté, le marché devient étroit. Puis il craque.
Au fond, la lecture la plus utile de Brandt est mentale. Il force à regarder les actifs comme des trajectoires probables, pas comme des identités fixes. L’or peut chuter. Le Bitcoin peut respirer. Et l’investisseur qui s’accroche à une seule mythologie finit souvent par financer le prochain récit… des autres.
