Le bitcoin a repris de l’altitude au-dessus de 96 000 $ alors que les ETF Bitcoin au comptant aux États-Unis ont attiré environ 753,8 M$ d’entrées nettes le 13 janvier. Dans ce contexte, Matt Hougan (Bitwise) estime qu’un mouvement « parabolique » devient plausible si la demande via ETF continue. Le marché, lui, avance à deux vitesses : enthousiasme au comptant, nervosité sur les dérivés.
Un seuil psychologique qui réveille le marché
Repasser 96 000 $, ce n’est pas seulement un chiffre rond. C’est un niveau qui rouvre des scénarios haussiers et qui remet le bitcoin au centre des écrans. Les traders l’avaient perdu de vue pendant les phases de respiration de fin 2025.
Cette poussée s’inscrit dans un début d’année agité. Le bitcoin alterne impulsions et pauses, avec une liquidité parfois fine. Dans ce genre d’environnement, quelques achats vraiment directionnels suffisent à déplacer le prix plus vite que prévu.
On voit aussi un effet de narration. Quand le bitcoin imprime un plus haut annuel, le marché retrouve un réflexe simple : « ça repart ». Ce réflexe est puissant, même si les fondamentaux ne changent pas d’un jour à l’autre.
Les ETF Bitcoin, une pompe à demande qui se voit enfin
Le signal le plus clair vient des flux. Selon les chiffres suivis par Farside Investors, les ETF Bitcoin spot américains ont cumulé 753,8 M$ d’entrées nettes le 13 janvier. Dans le détail, FBTC (Fidelity) affiche 351,4 M$, tandis que BITB (Bitwise) ajoute 159,4 M$ sur la même séance.
Ce type de journée a un effet mécanique. Les émetteurs doivent créer des parts, et donc acquérir du bitcoin sur le marché. Ce n’est pas une promesse de demande. C’est une demande qui s’exécute, avec un impact souvent plus direct que celui des paris sur les dérivés.
Le point sensible, c’est la concentration géographique. Quand l’essentiel de la pression acheteuse passe par les États-Unis, le bitcoin devient plus corrélé au calendrier américain. Les statistiques, la Fed, et même l’humeur des marchés actions reprennent de l’influence, qu’on le veuille ou non.
La “parabole” selon Bitwise : rareté, vendeurs et timing
Matt Hougan ne dit pas que le bitcoin va exploser “demain matin”. Son idée est plus sournoise. La demande d’ETF peut dépasser l’offre disponible sur la durée, jusqu’à épuiser les vendeurs. Il compare cette dynamique à l’or, capable d’absorber la demande pendant un certain temps avant de réagir plus violemment.
Le raisonnement repose sur un point souvent mal compris. Même si les ETF achètent plus que l’émission quotidienne de nouveaux bitcoins, le prix peut rester “sage” tant que des détenteurs historiques acceptent de vendre. Autrement dit, l’offre n’est pas seulement celle des mineurs. C’est aussi celle des portefeuilles anciens qui se réveillent.
Mais cette réserve n’est pas infinie. Si les flux persistent, les mains faibles se vident, et le marché doit trouver un nouveau point d’équilibre. C’est là que le mot “parabolique” entre en scène : non pas comme une prophétie, mais comme un risque de déséquilibre quand la liquidité se fait rare.
Macro, liquidations et pièges classiques d’un rallye
Le décor macro a aussi aidé. Aux États-Unis, l’inflation de décembre ressort à 2,7 % sur un an, tandis que l’inflation hors alimentation et énergie est à 2,6 %. Rien d’explosif, et surtout rien qui oblige les investisseurs à se remettre en mode panique immédiate.
En parallèle, la hausse du bitcoin a surpris des positions vendeuses. Des suivis de marché évoquent un gros épisode de liquidations sur 24 heures, dominé par les shorts, autour de 685 M$. Ce genre de “short squeeze” accélère le mouvement, mais il le rend aussi plus fragile.
C’est le paradoxe du bitcoin. Plus le prix monte vite, plus il attire des acheteurs tardifs, et plus il crée des zones où un retournement peut être brutal. Un scénario “parabolique” peut donc exister… tout en restant semé de pièges. La clé, dans les prochaines semaines, sera moins le bruit sur les réseaux que la régularité des flux ETF. Si le robinet reste ouvert, le marché devra s’adapter.
