Bitcoin reste sous pression à l’approche de la réunion de la Réserve fédérale. Alors que les marchés excluent désormais presque totalement une baisse des taux en janvier, les regards se tournent vers un statu quo monétaire prolongé et ses conséquences sur les actifs à risque. Les données de Polymarket confirment ce basculement des anticipations, tandis que les tensions croissantes sur le dollar et le yen ajoutent une nouvelle couche d’incertitude. Dans ce contexte, le Bitcoin se retrouve exposé à des dynamiques macroéconomiques rarement aussi imbriquées.
En bref
- Les traders excluent quasi totalement un assouplissement monétaire en janvier selon Polymarket
- Washington et Tokyo multiplient les signaux de vigilance sur leurs devises respectives
- Le Bitcoin subit désormais de plein fouet les tensions sur le yen japonais
Wall Street anticipe un statu quo monétaire prolongé
Les marchés excluent désormais tout assouplissement monétaire immédiat. Sur Polymarket, plateforme de prédiction décentralisée, 99,3 % des participants anticipent un statu quo total ce mois-ci. Seuls 0,7 % misent encore sur un changement de politique monétaire. Cette quasi-unanimité tranche avec les anticipations observées à la fin de l’année dernière.
La banque centrale américaine maintient son taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,5 % et 3,75 % depuis sa dernière décision. Après trois baisses successives totalisant 100 points de base, l’institution semble désormais privilégier une posture d’observation. Les données économiques récentes justifient cette prudence, l’inflation restant durablement au-dessus de la cible officielle de 2 %.
Le concept de neutralité monétaire domine désormais les débats internes du FOMC. Plusieurs responsables estiment que le niveau actuel des taux n’accélère ni ne freine significativement l’activité économique. Cette lecture réduit mécaniquement la probabilité d’une nouvelle baisse à court terme. Les analystes repoussent désormais toute inflexion avant le printemps, voire l’été.
Jerome Powell avait préparé le terrain dès décembre, insistant sur la nécessité de ralentir le rythme des baisses et d’évaluer soigneusement les effets cumulés des décisions passées. Un message clair adressé aux marchés, désormais contraints de revoir leurs anticipations.
L’ombre de la Maison-Blanche plane sur cette réunion avec une intensité inhabituelle. Le départ programmé de Powell de la présidence en mai alimente les spéculations sur sa succession. L’exécutif multiplie les appels publics à un assouplissement plus agressif, mettant sous tension l’indépendance de la Fed. Rick Rieder (BlackRock), Kevin Warsh et Christopher Waller figurent parmi les profils évoqués pour reprendre les rênes de l’institution.
Le spectre d’une intervention sur le yen fragilise le Bitcoin
Un scénario longtemps cantonné aux marges refait surface sur les desks new-yorkais. Des opérations techniques observées sur le marché dollar-yen ont ravivé les spéculations autour d’une possible intervention des autorités monétaires. Historiquement, ces signaux précèdent parfois des actions sur le marché des changes, sans pour autant les rendre certaines.
La monnaie japonaise s’est récemment appréciée après une phase de faiblesse prolongée, dans un contexte de positions spéculatives vendeuses particulièrement élevées. Les autorités nippones ont durci leur discours, laissant entendre qu’un affaiblissement désordonné du yen ne serait plus toléré.
Le Bitcoin ne peut plus ignorer ces soubresauts. Les phases de renforcement brutal du yen entraînent souvent le dénouement de stratégies de financement à bas coût, largement utilisées pour s’exposer aux actifs risqués. Ce mécanisme a déjà provoqué par le passé des vagues de liquidations sur les marchés crypto.
La pression s’accentue également via la structure des taux américains. L’écart entre les rendements à court et long terme reste élevé, signalant une tension persistante sur le coût du capital. Cette configuration, en partie alimentée par les dynamiques obligataires japonaises, pèse mécaniquement sur le Bitcoin.
Une intervention coordonnée entre Washington et Tokyo rebattrait profondément les cartes. Les tentatives unilatérales menées par le Japon ces dernières années ont montré leurs limites. À l’inverse, les précédents historiques d’actions concertées ont démontré leur efficacité. Toutefois, le calendrier et l’ampleur d’une telle opération restent hautement incertains.
