Il y a des transactions qui ressemblent à un tweet : bruyantes, éphémères, vite oubliées. Et puis il y a celles qui tombent comme une pièce dans un puits, sans écho possible. Le week-end, un inconnu a envoyé 2,565 BTC (environ 181 000 $) vers l’adresse “Genesis” associée à Satoshi Nakamoto, selon les données suivies par Arkham.
En bref :
- Un inconnu envoie 2,565 BTC, soit 181 000 $, vers l’adresse Genesis liée à Satoshi, probablement irrécupérable.
- Le transfert tranche avec les micro dépôts habituels et relance le débat entre erreur d’adresse et “burn” volontaire.
- Pendant ce temps, Bitcoin consolide autour de 68 761 $ et le marché attend des chiffres macro clés cette semaine.
Un virement qui ressemble à une disparition
Dans l’univers Bitcoin, “envoyer” ne signifie pas “donner” au sens classique. On peut aussi renoncer. Et quand la destination est irréversible ou presque, la transaction devient une forme de brûlage : des coins retirés du jeu, sans cérémonie.
D’ailleurs, ce genre de geste hors logique tombe souvent au pire moment, quand le marché est déjà fébrile et que les signaux techniques se dégradent, comme on l’a vu récemment avec la baisse brutale du Bitcoin et un hashrate en décrochage de 10%, un cocktail qui rend chaque mouvement on-chain encore plus chargé de sens.
C’est ce qui rend ce transfert si étrange. Des micro-envois arrivent parfois sur des adresses célèbres (spam, poussière, tests), mais ici le montant tranche nettement. On passe du bruit de fond à un vrai billet posé sur la table.
Deux scénarios dominent, et aucun n’est totalement satisfaisant. Soit une erreur (copier-coller d’adresse, confusion de wallet, mauvaise vérification), soit un geste volontaire : un don symbolique, ou une destruction assumée pour “marquer” la blockchain.
Satoshi, l’ombre portée sur plus d’un million de BTC
L’autre aimant de cette histoire, c’est la taille du mythe. Arkham a élargi son suivi d’adresses attribuées à Satoshi (via le “Patoshi Pattern”) et regroupe environ 1 096 354 BTC sur près de 22 000 adresses.

À ces niveaux, chaque mouvement (ou non-mouvement) devient un signal psychologique. Le marché ne craint pas seulement une vente : il craint la fin d’une règle tacite, celle du “Satoshi ne touche à rien”. C’est une superstition moderne, mais elle influence les nerfs.
Et justement, ici, le paradoxe est savoureux : on parle d’un “wallet de Satoshi”, alors que la transaction vient d’un tiers. Satoshi ne bouge pas. Ce sont les autres qui déposent des pièces au pied de la statue.
Prix du Bitcoin : l’histoire tombe au milieu d’un marché nerveux
Ce lundi, le Bitcoin évoluait en baisse sur 24 heures, dans un contexte de ventes sur l’ensemble du marché crypto et de liquidations importantes.
Le timing n’aide pas : après un rebond rapide depuis la zone des 60 000 $ vers les 70 000 $, le prix s’est remis à consolider dans une bande de fluctuation qui traduit l’hésitation. Dans ces phases, une info “bizarre” suffit parfois à alimenter les discussions, même si elle ne change rien aux fondamentaux.
Surtout, la semaine est chargée côté macro : chiffres d’emploi, inflation et autres publications qui peuvent déplacer les anticipations de taux et donc l’appétit pour le risque. Et quand le marché est suspendu à des données, une transaction envoyée dans le “vide” agit comme un miroir : elle raconte moins Satoshi… que l’état mental des investisseurs.
