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Coinbase veut relancer la loi crypto avec les banques, depuis Davos

Une femme tenant une tablette crypto Coinbase serre la main d’un banquier en costume devant le Capitole, avec une pièce Bitcoin enchaînée flottant au-dessus d’eux et des documents marqués "LAW" et "$" dans une mallette, sur fond de silhouettes politiques et d’éclairs orange symbolisant la tension et la collaboration.
Alliance stratégique entre Coinbase et les grandes banques pour façonner une législation crypto majeure aux États-Unis.

À Davos, Brian Armstrong prévoit de s’asseoir avec des patrons de banques pour faire avancer, ensemble, la future loi américaine sur la “structure de marché” crypto. Il veut négocier des points de friction, surtout sur les stablecoins, puis retourner à Washington avec des propositions “prêtes à signer”.

En bref :

  • Brian Armstrong dit vouloir travailler avec les banques pour faire avancer la loi américaine sur la structure du marché crypto.
  • Le point le plus sensible reste les stablecoins, notamment les règles de rémunération et de conformité.
  • Le CEO veut trouver un compromis “prêt à l’emploi” et le ramener aux élus à Washington.

Davos, ce détour qui ressemble à un raccourci

Dans l’imaginaire collectif, Davos sert à serrer des mains et prononcer des phrases bien polies. Cette année, Armstrong y voit plutôt une salle de réunion géante. Il confirme des rencontres avec des CEO de banques pour tenter de débloquer un texte qui patine. Pendant, Trump sera aussi au même forum pour pour calmer la guerre commerciale USA–UE.

Le timing n’a rien d’un hasard. Coinbase vient de prendre ses distances avec une version discutée au Sénat. Un geste rare, et bruyant. Il en résulte ainsi qu’une séquence parlementaire a été repoussée, preuve que l’industrie pèse quand elle coupe le son.

Ce détour par la Suisse sert donc un objectif très américain. Créer une zone de compromis avant que les lignes ne se figent au Congrès. Davos, ici, devient un endroit où l’on “pré-écrit” les amendements. Et où l’on teste, en face à face, ce qui passe et ce qui casse.

Stablecoins : l’endroit où les banques veulent tenir le volant

S’il fallait résumer le nœud du sujet, il tient en un mot : stablecoins. Pour les banques, ces jetons indexés sur le dollar ressemblent à de la monnaie qui circule en dehors de leurs rails. Pour les acteurs crypto, c’est l’infrastructure la plus utile pour payer, régler, transférer, sans attendre trois jours ouvrés.

La discussion se tend surtout sur la question des rémunérations et des “récompenses”. Dans les drafts évoqués ces derniers jours, l’idée de limiter l’intérêt versé simplement pour la détention de stablecoins revient comme un refrain. Les banques y voient une barrière de sécurité. Les plateformes y voient une façon de rendre le produit moins attractif.

Armstrong semble vouloir transformer ce bras de fer en marché. En clair : “Dites-nous ce qui vous rassure, et on le rend compatible avec l’innovation.” Cela peut passer par des standards de réserves plus lisibles, des règles de distribution mieux cadrées, ou des exigences de conformité qui ne donnent pas l’impression d’un piège à retardement pour l’utilisateur.

Une loi crypto encore fragile, entre deux versions et trop d’ego

Sur le papier, Washington avance. En effet, des sénateurs ont présenté le 13 janvier 2026 un projet visant à clarifier quand un actif crypto relève du régime des titres financiers, ou plutôt des matières premières. L’ambition est de réduire l’arbitraire, et d’installer un cadre fédéral plus stable.

Le cœur politique du texte reste la répartition des rôles entre régulateurs. L’industrie préfère souvent voir la CFTC superviser les marchés “spot” plutôt que la SEC, jugée plus agressive ces dernières années. Le projet sénatorial va dans ce sens, mais il empile aussi des garde-fous qui irritent Coinbase.

En parallèle, la Chambre n’est pas restée immobile. Le “Digital Asset Market Clarity Act of 2025”, souvent appelé CLARITY Act, existe déjà dans l’écosystème législatif, avec ses propres définitions et son propre squelette. Cela crée une réalité très concrète : deux textes, deux logiques, et une obligation de fusionner sans perdre tout le monde en route.

La posture de Coinbase peut sembler paradoxale. Refuser une version de loi, tout en disant vouloir une loi. Mais la nuance est stratégique : Armstrong répète, en substance, qu’un mauvais cadre peut faire plus de dégâts que l’absence de cadre. Et il cible des points précis, comme l’encadrement de la tokenisation ou certaines limites autour des stablecoins.

Son passage par Davos vise donc à isoler les sujets où un accord avec les banques est possible. Si les banques cessent de voir le texte comme une autoroute pour concurrents non bancaires, la probabilité d’un compromis grimpe. Et si les crypto-acteurs obtiennent une reconnaissance claire de leurs marchés, ils gagnent enfin une visibilité utile pour investir.

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Lydie Musekwa
Auteur

Lydie Musekwa

Lydie Musekwa, enseignante chercheuse passionnée par les nouvelles technologies, plonge dans l'univers des cryptomonnaies avec un regard analytique et innovant. Depuis sa découverte du bitcoin, son parcours s'est orienté vers une exploration exhaustive de la blockchain et de ses applications. Armée d'un esprit critique et d'une soif d'apprendre, elle s'attache à démystifier les concepts technologiques complexes pour ses lecteurs, tout en scrutant les dernières tendances et avancées. En tant que rédactrice, Lydie s'engage à partager des connaissances précises et à jour, faisant le pont entre le monde académique et la sphère digitale en constante évolution.