Ethereum en 2026 ne peut plus être critiqué comme en 2021. Dire qu’il est lent, cher et dépassé ne suffit plus. Ce serait même trop facile. Le vrai problème est plus subtil. Ethereum reste le centre nerveux d’une grande partie de la crypto utile. Mais plus le réseau gagne en importance, plus il devient difficile à défendre en une phrase claire. Il est partout. Il sert à tout. Pourtant, il donne souvent l’impression d’être devenu un empire compliqué, fragmenté et moins lisible qu’avant. C’est cette contradiction qui mérite une vraie critique. Pas le vieux cliché du “Ethereum est mort”. En 2026, Ethereum n’est pas mort. Il est énorme. Et c’est justement pour cela que ses défauts comptent plus que jamais.
En bref :
- Ethereum reste au cœur de la finance onchain.
- Mais son écosystème devient de plus en plus complexe.
- Les layers 2 réduisent les coûts sans simplifier l’expérience.
- La décentralisation et la capture de valeur soulèvent encore des doutes.
- En 2026, Ethereum domine toujours, sans être vraiment simple.
Une puissance onchain qui reste incontestable
Il faut d’abord regarder la base. Ethereum reste une machine d’activité impressionnante. DefiLlama affiche environ 59,5 milliards de dollars de TVL DeFi sur la chaîne, 165,25 milliards de dollars de capitalisation stablecoin, près de 694 154 adresses actives sur 24 heures, 2,47 millions de transactions sur la même période et 1,356 milliard de dollars de volume DEX quotidien.
RWA.xyz ajoute une autre pièce au puzzle. Le réseau concentre 737 actifs réels tokenisés, 15,58 milliards de dollars de “distributed asset value”, 20,02 milliards de dollars de volume de transfert RWA sur 30 jours, 169,52 milliards de dollars de stablecoins et 21,5 millions de détenteurs de stablecoins.
Autrement dit, Ethereum n’est pas un protocole nostalgique qui vit sur sa gloire. Il reste le grand carrefour de la DeFi, des stablecoins et d’une partie croissante de la finance onchain. Une critique sérieuse d’Ethereum doit commencer par là. Il ne faut pas confondre puissance réelle et récit boursier décevant. Le réseau compte encore. Beaucoup.
Le grand paradoxe économique d’Ethereum
Mais cette domination cache un malaise économique. Ethereum a gagné la bataille de l’usage. Il n’a pas encore réglé proprement celle de la capture de valeur. Les chiffres de DefiLlama sont durs. La chaîne Ethereum génère autour de 268 285 dollars de frais sur 24 heures et 46 476 dollars de “chain revenue”, alors que les applications installées sur Ethereum produisent environ 6,03 millions de dollars de frais et 1,24 million de dollars de revenus sur la même période.
La différence saute aux yeux. L’activité est là. L’argent circule. Les usages prospèrent. Mais la rente se loge de plus en plus au niveau applicatif ou au niveau des couches autour du protocole, pas forcément dans le socle L1 lui-même.
Blockworks a résumé ce paradoxe de manière assez juste en 2025 : Ethereum peut afficher un usage record tout en voyant ses revenus reculer à mesure que le blockspace devient moins cher et que l’activité migre vers les layers 2. C’est une réussite technique. C’est aussi une faiblesse narrative majeure pour ETH. Le protocole devient plus utile au moment même où sa logique d’accumulation de valeur devient moins évidente pour le marché.
Un récit monétaire devenu beaucoup moins lisible
C’est là que la critique devient inconfortable. Pendant longtemps, le récit d’Ethereum était simple. Plus le réseau sert, plus il brûle des frais, plus ETH bénéficie mécaniquement de la demande. En 2026, cette mécanique n’a pas disparu, mais elle est devenue plus brouillée. Etherscan montrait encore récemment 2 434 980 transactions sur 24 heures avec une commission moyenne autour de 0,13 dollar. Le site rappelle aussi que le record historique de transactions quotidiennes a été atteint le 7 février 2026 avec 2 896 853 transactions sur une seule journée.
Pour l’utilisateur, c’est une excellente nouvelle. Pour le récit monétaire d’ETH, c’est plus ambivalent. Un réseau qui traite davantage d’activité avec des coûts faibles prouve sa maturité. Mais il réduit aussi la pression de frais qui rendait l’histoire “ultrasound money” plus intuitive.
Ethereum réussit donc sa montée en charge. Il réussit moins bien à garder un récit simple sur la manière dont cette montée en charge se transforme en valeur lisible pour le token. C’est un détail pour les ingénieurs. C’est central pour le marché.
Les layers 2 ont résolu les coûts, pas la complexité
L’autre grand reproche concerne l’empire des layers 2. Sur le papier, c’est le triomphe de la stratégie Ethereum. En pratique, c’est aussi sa plus grande source de confusion. L2BEAT montre qu’Arbitrum One sécurise environ 16,66 milliards de dollars, Base 11,43 milliards, OP Mainnet 1,65 milliard, Starknet 551,51 millions et Ink 532,94 millions. Base domine même très largement l’activité quotidienne avec plus de 110 UOPS, loin devant Arbitrum et OP Mainnet sur la page de synthèse. C’est spectaculaire.
Mais cette réussite a un coût. L’utilisateur n’entre plus dans “Ethereum”. Il entre dans Arbitrum, Base, OP, Starknet, Linea, zkSync Era, Scroll, Unichain ou une autre zone de l’archipel. Il doit comprendre les bridges, la liquidité locale, les délais de retrait, les hypothèses de sécurité, les wallets compatibles et parfois même les différences de maturité entre les preuves et les séquenceurs.
Dit autrement, Ethereum n’a pas vraiment supprimé la complexité. Il l’a déplacée vers sa périphérie. Le réseau a cessé d’être un territoire unique. Il ressemble maintenant à une fédération technique. C’est puissant. Ce n’est pas intuitif.
Même Ethereum reconnaît les limites actuelles des rollups
Le point le plus intéressant est que cette critique ne vient pas seulement des concurrents. Elle est écrite noir sur blanc dans la documentation officielle d’Ethereum. La roadmap explique que les rollups restent trop chers et qu’ils reposent encore sur des composants centralisés, ce qui pousse les utilisateurs à faire trop confiance à leurs opérateurs. La page “Scaling Ethereum” ajoute que les rollups peuvent déjà être jusqu’à huit fois moins chers que le mainnet, tout en reconnaissant que certains composants centralisés doivent être retirés à mesure que ces réseaux mûrissent.
Ce passage est crucial. Il signifie que le camp Ethereum ne nie plus le compromis. Il promet de le corriger en l’assumant. C’est honnête. Mais c’est aussi une confession. En 2026, l’expérience Ethereum dominante passe par des couches qui ne sont pas encore totalement trust-minimized. Le réseau a résolu une partie du problème du coût. Il n’a pas encore totalement résolu celui de la confiance. Il a déplacé la douleur vers un autre étage.
Un écosystème L2 encore très inégal en maturité
Cette fragmentation n’est pas seulement théorique. Elle se voit dans les niveaux de maturité. L2BEAT classe Arbitrum One, Base Chain, OP Mainnet, Starknet, Ink et Unichain en Stage 1 sur sa synthèse actuelle. En face, Linea, Katana, zkSync Era et BOB restent en Stage 0. Le contraste est important. Cela veut dire que l’empire Ethereum repose sur un mélange de réseaux déjà avancés et d’autres encore en phase de trust minimization incomplète.
Pour un analyste technique, c’est normal. Pour un nouvel utilisateur, c’est un cauchemar silencieux. Il ne voit pas “Stage 0” ou “Stage 1” quand il clique sur un bridge ou signe une transaction. Il voit juste une marque, un wallet et une promesse de frais plus bas. La réalité, elle, est plus rugueuse. Une partie du succès d’Ethereum repose donc encore sur un environnement où la sécurité pratique varie beaucoup selon le L2 choisi. La fameuse composabilité d’Ethereum existe encore. Mais elle est plus éclatée, plus locale et souvent moins élégante que dans le récit officiel.
Le MEV a été industrialisé, pas supprimé
Il faut aussi parler de ce que beaucoup de présentations marketing contournent : le MEV et la concentration de la construction des blocs. Rated montre qu’en fenêtre un jour, les trois premiers builders concentrent 95,29 % de part de marché. Titan Builder pèse autour de 48,82 %, BuilderNet 31,34 % et Quasar 15,13 %. En parallèle, mevboost.pics affiche environ 91,10 % de blocs relayés via MEV-Boost sur 14 jours.
Le protocole officiel reconnaît lui-même que l’extraction du MEV favorise des acteurs sophistiqués, capables d’opérer avec des logiciels spécialisés et une infrastructure que les petits validateurs ne peuvent pas toujours répliquer. C’est précisément pour cette raison que le proposer-builder separation est mis en avant dans la roadmap.
On peut admirer la lucidité de la réponse. Mais la critique reste entière. Ethereum n’a pas éliminé le problème. Il l’a industrialisé, puis tenté de le contenir. Le réseau reste donc très dépendant d’une plomberie professionnelle qui concentre l’optimisation de la valeur des blocs entre quelques mains expertes. Ce n’est pas forcément fatal. Ce n’est certainement pas simple.
Une décentralisation plus fragile qu’elle n’en a l’air
La décentralisation d’Ethereum mérite la même honnêteté. Oui, le réseau reste plus pluraliste que beaucoup de chaînes concurrentes. Oui, la culture de la diversité des clients y est beaucoup plus avancée qu’ailleurs. Mais en 2026, cette décentralisation reste sous tension. Clientdiversity.org rappelle clairement que dépasser 33 % de part de marché reste indésirable, car un client au-dessus de ce seuil peut empêcher la finalisation de la chaîne s’il fork. Or la même page affiche Geth à 41 % et Nethermind à 38 % selon une de ses sources de suivi. La page va même jusqu’à afficher l’alerte “Geth has a majority, switch to a minority client!”.
Cette donnée est importante parce qu’elle casse le vernis trop propre de certaines présentations sur Ethereum. La chaîne a compris le problème. Elle le documente. Elle milite contre. Mais le risque n’a pas disparu. La diversité des clients n’est pas un trophée acquis. C’est un front ouvert. Tant que deux noms captent l’essentiel de la couche d’exécution, la robustesse d’Ethereum reste plus fragile qu’on ne le raconte souvent au grand public.
La sécurité utilisateur reste un talon d’Achille
Cette tension entre idéal et réalité se retrouve aussi dans la sécurité vécue par l’utilisateur. Le rapport officiel “Trillion Dollar Security” est très clair. Il explique qu’Ethereum est déjà l’écosystème blockchain le plus sécurisé et le plus résilient, mais qu’il doit encore progresser fortement pour soutenir une adoption de masse et une économie onchain de taille civilisationnelle. Le rapport cartographie six familles de problèmes : l’expérience utilisateur, la sécurité des smart contracts, l’infrastructure et le cloud, le consensus, la réponse aux incidents et la couche sociale.
Le passage le plus important est sans doute celui sur l’UX. Il dit que la sécurité commence à l’interface, et qu’une seule erreur, une clé compromise ou une approbation précipitée peut entraîner une perte irréversible. Voilà le cœur du sujet. En 2026, Ethereum n’est plus un laboratoire pour initiés. Il prétend porter des stablecoins, des actifs réels, des paiements, des titres tokenisés et peut-être demain une partie de l’internet financier. Si l’utilisateur moyen peut encore se ruiner en signant trop vite la mauvaise chose, alors le problème n’est pas accessoire. Il est structurel.
Pectra améliore Ethereum, mais ajoute aussi de nouvelles couches
Pectra a bien apporté de vraies améliorations. C’est important de le reconnaître. La mise à niveau activée le 7 mai 2025 introduit notamment l’EIP-7702, qui permet aux EOA d’adopter temporairement des comportements de smart accounts. En clair, cela ouvre la porte au batching, aux transactions sponsorisées, à de meilleurs schémas de récupération et à des wallets plus souples. Pectra relève aussi le maximum d’effective balance par validateur jusqu’à 2048 ETH.
Officiellement, cela réduit la surcharge réseau et simplifie les opérations pour les gros stakers. Techniquement, c’est logique. Politiquement, cela raconte autre chose. Chaque progrès d’Ethereum semble exiger une couche de sophistication supplémentaire. Le wallet simple devient programmable. Le validateur simple devient un objet optimisé pour opérateurs plus capitalisés. La chaîne améliore l’expérience, mais souvent en ajoutant de nouvelles abstractions. C’est la marque d’un système très avancé. C’est aussi la définition d’un protocole qui devient plus difficile à expliquer à quelqu’un qui n’est pas déjà dedans.
L’écosystème lui-même admet qu’Ethereum reste en chantier
Le plus révélateur, c’est que l’écosystème officiel en a parfaitement conscience. Dans la mise à jour de priorités publiée en février 2026, le suivi protocolaire d’Ethereum se réorganise autour de trois axes : Scale, Improve UX et Harden the L1. Rien que ces intitulés valent commentaire. Quand un protocole dominant choisit explicitement de centrer son travail sur l’échelle, l’expérience utilisateur et le durcissement du L1, il admet implicitement que ces trois fronts restent insuffisamment résolus.
Le même billet rappelle qu’en 2025, Pectra a livré l’EIP-7702, que Fusaka a apporté PeerDAS, que le gas limit mainnet est monté de 30 millions à 60 millions et que des travaux comme la fast confirmation rule ont progressé côté clients. Tout cela est solide. Tout cela montre aussi qu’Ethereum reste en chantier. Un chantier ambitieux, cohérent, sérieux. Mais un chantier quand même. Le réseau qui prétend servir de colonne vertébrale au web onchain est encore occupé à réparer plusieurs des frottements fondamentaux de son expérience.
Vitalik lui-même appelle à retrouver la simplicité
C’est aussi pour cela que le texte le plus important sur Ethereum ces derniers mois n’est pas forcément un launch post, mais une critique venue de l’intérieur. Dans “Simplifying the L1”, Vitalik Buterin explique que l’un des meilleurs aspects de Bitcoin est la beauté de sa simplicité et propose qu’Ethereum, d’ici cinq ans, devienne “close to as simple as Bitcoin”. Il a relayé lui-même ce billet sur X.
Cette phrase devrait faire beaucoup plus de bruit qu’elle n’en fait. Elle veut dire que le fondateur d’Ethereum ne cherche plus seulement à scaler, à optimiser ou à enrichir l’arsenal technique. Il reconnaît qu’une partie du problème est civilisationnelle.
Un protocole trop complexe devient plus dur à maintenir, plus dur à auditer, plus dur à expliquer, plus dur à exécuter par des gens ordinaires. Cette autocritique est saine. Elle est aussi redoutable. Car si même Vitalik considère qu’Ethereum doit réapprendre la simplicité, alors le reproche principal n’est plus une attaque venue de maximalistes extérieurs. Il devient un diagnostic interne.
Ethereum devient une infrastructure de plus en plus institutionnelle
À ce stade, une autre critique apparaît. Ethereum est en train de devenir une infrastructure respectable, presque institutionnelle, et cela change son visage. La politique de trésorerie de l’Ethereum Foundation, publiée en juin 2025, parle ouvertement d’asset-liability management, de réserve de fonctionnement, de buffer d’opex et de posture contre-cyclique.
En février 2026, la fondation a annoncé le staking d’environ 70 000 ETH avec les récompenses redirigées vers sa trésorerie. Elle précise utiliser des clients minoritaires, une infrastructure mixte hébergée et auto-gérée, plusieurs juridictions, un signataire distribué et des outils pensés pour limiter les risques de diversité client.
Rien de cela n’est choquant. Au contraire, c’est prudent. Mais cela raconte quelque chose de profond. Ethereum ne ressemble plus seulement à une expérience cypherpunk qui pousse à la marge. Il ressemble de plus en plus à une infrastructure gérée, stewardée, financée, pilotée avec des réflexes presque quasi-institutionnels. Cette maturité rassure les professionnels. Elle retire aussi un peu de netteté au vieux récit romantique du protocole sauvage et spontané.
Une roadmap ambitieuse, mais un protocole toujours plus abstrait
Même la manière dont Ethereum en 2026 prépare ses prochaines étapes montre cette transformation. La roadmap officielle place Glamsterdam au premier semestre 2026 et Hegotá au second. Glamsterdam doit notamment pousser l’enshrined proposer-builder separation et des listes d’accès au niveau bloc. Fusaka, activé le 3 décembre 2025, a déjà apporté PeerDAS et introduit les BPO forks pour ajuster plus vite les paramètres de blobs. Checkpoint #8 rappelle d’ailleurs qu’après Fusaka, Ethereum vise déjà 14 blobs par bloc avec un maximum de 21, soit une hausse de 2,3 fois de l’espace de données pour les L2 par rapport à la situation antérieure.
Tout cela confirme le sens de l’histoire : Ethereum ne veut plus seulement être une chaîne de smart contracts. Il veut devenir la grande couche de règlement, de disponibilité des données et d’orchestration de l’activité rollup. Cette ambition est cohérente. Elle est même brillante. Mais elle transforme aussi Ethereum en couche de base presque “invisible”, au profit d’une périphérie où l’utilisateur final passe son temps et où la valeur immédiate semble souvent se former.
Le vrai problème d’Ethereum en 2026 : la complexité perçue
Et c’est précisément là que ma critique se durcit. Ethereum en 2026 a peut-être gagné la guerre intellectuelle de la crypto. Il a imposé l’idée que la vraie richesse onchain se construit par couches, avec une base sûre, des rollups, des standards, des apps, des stablecoins et des actifs réels. Mais il n’a pas encore gagné la guerre psychologique. Celle de la simplicité perçue. Celle du récit évident. Celle de la promesse que l’utilisateur comprend immédiatement.
Bitcoin reste grossier sur beaucoup de points, mais son pitch tient dans la tête d’un humain normal. Solana reste plus centralisée, mais son pitch d’usage se lit vite. Ethereum, lui, demande désormais un lexique entier : blobs, L2, PBS, account abstraction, intents, DA, client diversity, MEV, bridges, stages, inclusion lists, history expiry. Ce n’est pas seulement un problème marketing. C’est un problème de civilisation logicielle. Un système trop complexe finit toujours par taxer l’attention de ses utilisateurs. Et en 2026, Ethereum taxe encore énormément l’attention.
Conclusion : un réseau essentiel, mais toujours inachevé
Il faut donc dire les choses franchement. Ethereum en 2026 n’est pas faible. Il n’est pas dépassé. Ethereum n’est pas inutile. La critique paresseuse passe complètement à côté du moment actuel. Le vrai reproche est plus sévère que ça. Ethereum est devenu essentiel sans devenir évident. Il est devenu dominant sans devenir simple. Il est devenu la capitale de la finance onchain tout en restant un territoire dont l’expérience se fragmente dès qu’on s’éloigne du slogan.
C’est une réussite technique monumentale. C’est aussi une faiblesse politique et cognitive majeure. Le réseau sert déjà des masses de capital, des millions d’utilisateurs et une grande partie des cas d’usage qui comptent. Mais il continue d’exiger un niveau de contexte disproportionné pour être utilisé, évalué et défendu correctement. Dans la durée, ce genre de friction compte autant que le débit ou les frais. Parfois même plus.
Mon verdict sur Ethereum en 2026 est donc simple. Le réseau reste probablement la machine la plus importante de la crypto après Bitcoin. Mais il paie le prix de son propre génie. Il a voulu tout faire. Il a presque tout réussi. Pourtant, à force d’empiler les solutions intelligentes, il a construit un écosystème moins limpide que sa propre ambition historique. Ethereum ne souffre pas d’un manque d’utilité. Il souffre d’un excès de sophistication.
Tant qu’il ne transformera pas sa puissance en simplicité vécue, sa domination restera réelle, mais incomplète. Et c’est peut-être la critique la plus dure qu’on puisse formuler contre lui en 2026. Le roi est toujours assis sur le trône. Mais il parle désormais une langue que trop peu de gens comprennent du premier coup.
