L’info crypto, claire et rapide
BrefCryptoCrypto · Bitcoin · Afrique
Menu
Actu Crypto

Crypto : Bitcoin approche 80 000 $, Washington frappe l’Iran et les trésoreries accélèrent

Bitcoin approche 80 000 $, Strive achète 1 110 BTC, Strategy conserve 6,69 Md$ de cash et Washington étend ses sanctions au secteur crypto iranien.

Bitcoin proche de 80 000 dollars face aux sanctions américaines contre l’Iran
Bitcoin approche 80 000 dollars tandis que les trésoreries d’entreprise accélèrent leurs achats.

Bitcoin autour de 80 000 dollars, 1 110 BTC supplémentaires chez Strive, 2 milliards de dollars levés par Strategy et le secteur crypto iranien désormais directement visé par les sanctions américaines. La journée du 25 août concentre plusieurs mouvements qui dépassent largement le simple prix du BTC. Le marché vient d’inscrire sa plus forte hausse hebdomadaire en dollars. Dans le même temps, les entreprises cotées adoptent deux stratégies différentes : Strive continue d’accumuler Bitcoin pendant que Strategy choisit de conserver près de 6,7 milliards de dollars de liquidités disponibles.

Washington ajoute maintenant une troisième variable. Le Trésor américain a classé le secteur iranien des actifs numériques parmi cinq secteurs pouvant faire l’objet de sanctions secondaires.

Et pendant que la géopolitique rattrape la blockchain, Gemini prépare la distribution de marchés prédictifs directement dans les réseaux de courtiers traditionnels.

La crypto entre dans une phase assez étrange : davantage institutionnelle, davantage réglementée, et en même temps plus géopolitique que jamais.

Bitcoin approche 80 000 $, mais Strategy ne se précipite plus

Le mouvement actuel prolonge la semaine record que Bitcoin vient de signer avec plus de 14 000 dollars gagnés en sept jours.

BTC évolue désormais autour de 79 000 à 80 000 dollars, après avoir commencé la semaine précédente près de 63 000 dollars.

Le changement de rythme est spectaculaire.

Il l’est encore davantage lorsque l’on regarde les entreprises qui construisent leur bilan autour de Bitcoin.

Strive vient d’acheter 1 110 BTC supplémentaires pour environ 81,5 millions de dollars.

Les achats ont été effectués entre le 17 et le 21 août à un prix moyen d’environ 73 409 dollars par bitcoin, frais compris.

La société possède maintenant 21 356 BTC.

À environ 79 000 dollars l’unité, la réserve dépasse 1,68 milliard de dollars.

Strive devient ainsi le septième plus grand détenteur coté de Bitcoin recensé par BitcoinTreasuries.

Ce positionnement tranche directement avec celui de Strategy.

Michael Saylor possède toujours une réserve sans commune mesure : 840 447 BTC.

Pourtant, Strategy n’a acheté aucun bitcoin la semaine dernière.

Et ce malgré une levée massive.

L’entreprise a vendu 18,26 millions d’actions MSTR entre le 17 et le 23 août pour récupérer environ 2 milliards de dollars.

Une partie de cette somme aurait pu partir immédiatement dans Bitcoin.

Cela n’a pas été le cas.

Strategy a plutôt consacré 136,4 millions de dollars au rachat de ses actions préférentielles STRC, ajouté 300 millions à sa réserve de dollars et placé environ 1,59 milliard de dollars dans une nouvelle poche appelée USD Cash.

Le résultat est assez impressionnant.

Strategy possède désormais 5,10 milliards de dollars dans son USD Reserve et 1,59 milliard dans USD Cash.

Total : 6,69 milliards de dollars de liquidités désignées.

La société précise dans son nouveau dépôt réglementaire auprès de la SEC que cette nouvelle réserve pourra notamment servir à acheter des bitcoins, racheter des titres, rembourser des obligations ou payer certains dividendes et intérêts.

Ce changement mérite attention.

Pendant plusieurs années, le fonctionnement de Strategy paraissait presque automatique.

Lever.

Acheter BTC.

Lever à nouveau.

Acheter davantage.

La société avait déjà commencé à nuancer cette mécanique lorsque Strategy avait vendu une partie de ses bitcoins tout en conservant plus de 840 000 BTC.

Le nouveau cash pool pousse cette logique un cran plus loin.

Strategy se prépare désormais à plusieurs scénarios.

Si Bitcoin chute brutalement, elle pourra acheter.

Si ses actions préférentielles se négocient trop bas, elle pourra les racheter.

Et Si sa dette ou ses dividendes deviennent plus lourds, elle possède de la liquidité.

Et si BTC continue vers 90 000 ou 100 000 dollars, elle détient déjà environ 4 % de l’offre maximale de Bitcoin.

Pas besoin de courir après chaque bougie verte.

Strive et Strategy racontent donc deux phases différentes du même phénomène.

La première accumule encore.

La seconde commence à gérer une véritable institution financière construite autour de Bitcoin.

Washington place directement la crypto iranienne dans son viseur

Le plus gros changement réglementaire de la journée ne vient pourtant ni de la SEC ni du Congrès.

Il vient du Trésor américain.

Le 24 août, Washington a lancé Operation Economic Outcast, une nouvelle campagne de sanctions contre l’Iran.

Cinq secteurs sont explicitement concernés :

actifs numériques, technologie, or, aviation et transport maritime.

Le Département du Trésor explique dans son annonce officielle du 24 août que le nouveau dispositif élargit la possibilité d’imposer des sanctions à toute personne ou entreprise étrangère opérant dans ces secteurs ou fournissant certains services les soutenant.

La crypto n’est donc plus seulement un moyen utilisé dans quelques affaires individuelles.

Elle devient un secteur iranien sanctionnable en tant que tel.

Un changement important.

Le Trésor affirme que Téhéran utilise de plus en plus les actifs numériques afin de contourner les sanctions, déplacer des capitaux et soutenir des acteurs liés au Corps des gardiens de la révolution islamique.

Un dossier attire particulièrement l’attention.

Selon Washington, Ivan Obukhov, un ressortissant ukrainien basé aux Émirats arabes unis, aurait traité depuis 2023 plus de 100 millions de dollars de paiements en cryptomonnaies afin de faciliter des ventes de pétrole pour la Force Qods de l’IRGC.

Son entreprise Foscom FZE est également sanctionnée.

Le montant illustre l’évolution du rôle de la blockchain dans les sanctions internationales.

On ne parle plus de quelques milliers de dollars envoyés depuis un wallet anonyme.

Des réseaux commerciaux peuvent utiliser des stablecoins ou d’autres actifs pour déplacer plusieurs dizaines de millions de dollars entre différentes juridictions.

Washington répond en appliquant à la blockchain une logique qui ressemble de plus en plus à celle utilisée contre les banques correspondantes.

Si une institution continue de faciliter des transactions importantes avec des acteurs sanctionnés, elle peut à son tour risquer son accès au système financier américain.

Le Trésor a également sanctionné près de 60 entités, personnes et navires impliqués selon lui dans des réseaux nucléaires, balistiques, cyber ou pétroliers iraniens.

Cette évolution rejoint directement les nouvelles restrictions appliquées récemment aux plateformes crypto liées aux réseaux A7, à la Russie et au Nigeria.

Même mécanique.

Autre géographie

La blockchain est mondiale, mais les sanctions commencent maintenant à suivre les transactions beaucoup plus loin.

Cette évolution peut avoir des conséquences sur les exchanges.

Lorsqu’un wallet interagit avec une entité sanctionnée, les outils d’analyse on-chain permettent de reconstruire une partie de son historique.

Un utilisateur peut donc recevoir des cryptomonnaies qui ont circulé plusieurs transactions auparavant par une plateforme ou une adresse surveillée.

Cela ne rend pas automatiquement son wallet illégal.

Cela peut cependant déclencher davantage de contrôles lorsqu’il dépose ensuite les fonds sur un exchange réglementé.

La frontière entre conformité bancaire et conformité blockchain devient de plus en plus mince.

Gemini, Circle et Wall Street continuent d’avancer

La troisième tendance de la journée est moins spectaculaire.

Elle pourrait être plus durable.

Gemini et Apex Fintech Solutions veulent distribuer les marchés prédictifs crypto directement à travers les réseaux de courtiers.

Les deux entreprises ont signé une lettre d’intention.

Dans le modèle prévu, Gemini Titan deviendrait le lieu réglementé exclusif pour l’exécution et la compensation des contrats événementiels crypto distribués par l’intermédiaire d’Apex.

Gemini ne construirait donc plus seulement un produit destiné aux utilisateurs de son exchange.

Il fournirait une infrastructure pouvant être proposée par d’autres courtiers.

La société dispose déjà d’une licence Designated Contract Market délivrée par la CFTC depuis décembre 2025, tandis que Gemini Olympus a obtenu en avril une licence de Derivatives Clearing Organization.

L’ensemble permet à Gemini de contrôler davantage la chaîne.

Création du marché.

Exécution.

Compensation.

Puis distribution via les courtiers partenaires

Ce mouvement intervient alors que New York enquête justement sur Gemini Titan, Coinbase, Kalshi et Polymarket au sujet de certaines pratiques publicitaires.

Le marché prédictif devient donc simultanément plus institutionnel et plus surveillé.

Apex explique de son côté que ses clients pourront proposer les contrats sans construire eux-mêmes toute l’infrastructure réglementaire nécessaire.

C’est le même mouvement que celui observé avec les ETF Bitcoin.

L’utilisateur final n’a plus besoin d’entrer dans une plateforme crypto spécialisée.

Le produit crypto vient progressivement à lui dans une interface financière traditionnelle.

Même logique chez Circle

Au 20 août, environ 72,7 milliards de dollars d’USDC étaient en circulation.

Au deuxième trimestre, Circle avait indiqué 73,3 milliards de dollars d’USDC en circulation, en hausse de 19 % sur un an, tandis que le volume de transactions on-chain trimestriel avait atteint 14 800 milliards de dollars, soit +151 %.

Le stablecoin se déplace lui aussi vers les banques et infrastructures classiques.

BlackRock recommande déjà une petite allocation Bitcoin dans certains portefeuilles diversifiés.

Standard Chartered distribue désormais un stablecoin réglementé de Hong Kong.

Visa et Mastercard construisent leurs propres passerelles stablecoins.

Gemini branche les marchés prédictifs sur les réseaux de courtiers.

Strive accumule Bitcoin.

Strategy commence à gérer plusieurs milliards de dollars de cash autour de sa trésorerie BTC.

Dit autrement, l’institutionnalisation de la crypto ne signifie plus seulement « les banques achètent Bitcoin ».

Elle signifie que les infrastructures financières commencent à absorber les produits crypto un par un.

Bitcoin.

Stablecoins.

Tokenisation.

Marchés prédictifs.

Custody.

Paiements.

Le mouvement reste loin d’être terminé.

Et il ne rend pas le marché moins risqué.

Bitcoin vient de gagner plus de 20 % en une semaine. Une correction après un mouvement aussi rapide serait parfaitement normale.

Les tensions Iran–États-Unis peuvent également provoquer une nouvelle hausse de volatilité sur le pétrole et les actifs risqués.

Les sanctions peuvent frapper des flux crypto.

Les régulateurs peuvent durcir certaines règles.

Mais le point important du 25 août se trouve ailleurs.

Il y a quelques années, une journée crypto était dominée par le lancement d’un token, un hack ou une déclaration d’Elon Musk.

Aujourd’hui, le Département du Trésor, la SEC, des sociétés cotées, les banques et les courtiers traditionnels occupent une grande partie du fil d’actualité.

La crypto devient plus normale.

Et paradoxalement, beaucoup plus politique.

En bref

  • Bitcoin évolue autour des 79 000 à 80 000 dollars après sa semaine record.
  • Strive a acheté 1 110 BTC pour 81,5 millions $ et détient maintenant 21 356 BTC.
  • Strategy a levé environ 2 milliards $, mais n’a acheté aucun nouveau bitcoin.
  • Strategy possède désormais environ 6,69 milliards $ de liquidités entre USD Reserve et USD Cash.
  • Les États-Unis ont ajouté le secteur iranien des actifs numériques aux secteurs exposés aux sanctions secondaires.
  • Washington accuse un intermédiaire basé aux Émirats d’avoir traité plus de 100 millions $ en crypto pour des ventes de pétrole liées à l’IRGC-QF.
  • Gemini et Apex veulent distribuer des marchés prédictifs crypto à travers des courtiers traditionnels.
  • L’USDC conserve une offre proche de 73 milliards de dollars.

À propos de l’auteur

Mosengo Léon

Mosengo Léon

Mosengo Léon est un analyste crypto et rédacteur pour BrefCrypto.com, reconnu pour ses analyses approfondies des marchés Bitcoin et cryptomonnaies, l’impact des événements structurants comme les crises et levées de fonds, et sa capacité à rendre accessibles les enjeux techniques et économiques de la blockchain pour investisseurs et passionnés