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Crypto : Grayscale veut accélérer les ETF et cacher les projets avant leur lancement

Grayscale veut une réponse de la SEC sous 45 jours et des dépôts confidentiels pour les nouveaux ETF crypto afin de limiter les copies concurrentes.

Un gestionnaire remet un dossier ETF confidentiel à des régulateurs devant un mécanisme de compte à rebours
Grayscale propose des échanges confidentiels et un engagement de réponse de la SEC sous 45 jours pour les nouveaux ETF.

Grayscale, 21Shares et Andreessen Horowitz mettent la pression sur la SEC. Les acteurs crypto réclament un examen plus rapide des nouveaux ETF et la possibilité de soumettre leurs premiers dossiers confidentiellement, avant leur publication. Grayscale va jusqu’à proposer un engagement de réponse du régulateur sous 45 jours. Wall Street, lui, demande de ne pas confondre vitesse et précipitation.

Crypto : Grayscale réclame 45 jours

Grayscale connaît bien les lenteurs de Washington. Le gestionnaire vient encore de transformer Zcash en produit coté avec son nouvel ETF ZCSH, après plusieurs mois de démarches réglementaires.

Cette fois, il veut modifier le processus lui-même.

Grayscale propose à la SEC un système facultatif de consultation confidentielle avant le dépôt public d’un nouvel ETF. Le régulateur disposerait ensuite de 45 jours pour répondre, avec une procédure accélérée pour les dossiers ayant correctement intégré ses remarques.

L’idée n’est pas de lancer secrètement un fonds.

Le dossier deviendrait public avant sa commercialisation. La confidentialité servirait surtout pendant les premières discussions avec la SEC.

Pourquoi ? Parce qu’un émetteur qui publie une structure originale voit parfois des concurrents déposer presque immédiatement des produits similaires.

Grayscale cite son propre ETF multi-actifs GDLC : plusieurs mois de discussions avaient précédé sa cotation finale en septembre 2025.

Les copies arrivent désormais très vite

21Shares défend pratiquement la même idée. Le gestionnaire estime qu’un dépôt public trop précoce permet aux concurrents de copier une stratégie avant même que son créateur obtienne une réponse réglementaire.

La SEC elle-même reconnaît le phénomène.

Dans sa consultation officielle sur les « Novel ETFs », elle explique avoir observé plusieurs dossiers presque identiques soumis rapidement les uns après les autres. L’intelligence artificielle pourrait encore accélérer cette mécanique.

Le sujet devient sérieux alors que Bitwise avait déjà déposé une vague de 11 ETF crypto couvrant notamment AAVE, UNI, ZEC, HYPE et SUI.

Andreessen Horowitz demande également des délais raccourcis. Pour a16z, les dépôts sont désormais électroniques, de nombreuses divulgations sont standardisées et les mêmes questions réglementaires reviennent d’un produit à l’autre.

Son message est toutefois mesuré : plus vite ne doit pas signifier moins de contrôle.

Wall Street demande de garder les freins

Tout le monde n’est pas convaincu.

Jane Street avertit qu’une course au premier lancement peut pousser les émetteurs à bâcler la structure ou à consulter trop tard les market makers chargés d’assurer la liquidité. La firme propose notamment au moins deux participants autorisés pour chaque ETF.

Charles Schwab se méfie davantage de la confidentialité. Si des discussions privées sont autorisées, le groupe souhaite que le dossier devienne public au moins 75 jours avant son entrée en vigueur.

Multicoin Capital, Jito et le Solana Policy Institute profitent aussi de la consultation pour pousser les ETF crypto vers le staking, notamment via des tokens représentant des actifs placés en staking.

La SEC n’a encore fixé aucune date pour décider.

Le débat dit néanmoins beaucoup du chemin parcouru. Hester Peirce reconnaissait déjà que les anciennes règles de la SEC étaient mal adaptées à la crypto. Désormais, le conflit porte moins sur la possibilité d’avoir des ETF crypto que sur la vitesse à laquelle Wall Street pourra en fabriquer de nouveaux.

À propos de l’auteur

Tricia Bukili

Tricia Bukili

Passionnée par l’évolution technologique, j’ai découvert l’univers du Bitcoin et de la blockchain dès 2020, un écosystème dont la nature décentralisée a immédiatement fait écho à ma vision d’un monde plus autonome. Forte d’une expertise progressive acquise à travers une veille constante, l’analyse des marchés crypto et la compréhension des mécanismes on-chain, je mets aujourd’hui mes compétences au service de la vulgarisation et de l’éducation financière. Mon objectif est de rendre ces technologies accessibles, fiables et compréhensibles, convaincue qu’elles constituent un levier majeur de souveraineté financière et un outil essentiel pour reprendre le contrôle de son avenir économique.