Ledger remet le projecteur sur un sujet qui revient fort en 2026 : les introductions en bourse crypto aux États-Unis. Selon le Financial Times, le fabricant français de portefeuilles matériels vise une IPO américaine pouvant valoriser l’entreprise à plus de 4 milliards de dollars, avec Goldman Sachs, Jefferies et Barclays dans le tour de table bancaire.
En bref :
- Ledger préparerait une IPO aux États-Unis visant une valorisation supérieure à 4 milliards de dollars.
- La vague des introductions crypto repart, portée par un marché qui rouvre ses portes et une demande de sécurité plus forte.
- Dans ce décor, l’auto-garde devient un thème grand public, pas un détail technique.
Une IPO américaine qui ressemble à un signal, pas à un simple projet
Une valorisation à 4 milliards est une manière de dire que Ledger veut jouer dans la cour des infrastructures, pas dans celle des gadgets. Le matériel d’auto-garde devient une brique stratégique. L’IPO, elle, sert de mégaphone.
Le timing est parlant. Les États-Unis redonnent de l’appétit aux dossiers crypto, et pas seulement aux exchanges comme Binance. Quand un acteur de la sécurité vise New York, il cherche aussi une forme de légitimation. On parle de contrôle, de conformité, et d’accès à un capital plus profond.
Le Financial Times précise que le calendrier et la forme peuvent encore bouger. Mais l’intention existe, et elle est publique. C’est souvent l’étape où le secteur commence à se compter.
Pourquoi 4 milliards semblent crédibles, même si le chiffre pique les yeux
Ledger n’arrive pas de nulle part. L’entreprise a été fondée à Paris et s’est imposée comme référence grand public du “cold storage”, avec des appareils de type clé USB pour stocker des crypto-actifs hors ligne. Ce positionnement, banal en apparence, devient central quand les piratages s’accumulent.
La comparaison historique aide à comprendre le saut. Ledger avait déjà franchi le cap du milliard : une levée de fonds de 2021 valorisait l’entreprise à plus de 1,5 milliard de dollars. Une extension annoncée par True Global Ventures en 2023 indiquait une valorisation maintenue autour de 1,3 milliard d’euros.
Alors, comment passe-t-on de 1,5 à 4 ? Par une équation simple. Plus la crypto est adoptée, plus la surface d’attaque grandit. Et plus la surface d’attaque grandit, plus la sécurité se vend. Ledger n’est pas qu’un vendeur de boîtiers : il capte une demande structurelle, alimentée par la peur rationnelle de perdre ses clés.
La sécurité redevient une histoire de masse, pas un sujet de geeks
Le marché a changé de ton. Il y a quelques années, l’auto-garde semblait une option “pour initiés”. Aujourd’hui, c’est un réflexe qui se diffuse. L’actualité donne une pédagogie brutale : on comprend vite quand on voit les montants.
En 2025, le piratage de Bybit a marqué les esprits, avec 1,5 milliard de dollars dérobés, un événement attribué par le FBI à des acteurs nord-coréens. Ce genre d’affaire pousse les utilisateurs à douter des intermédiaires, même quand ils paraissent solides. La confiance devient un produit rare.
Même Ledger échappe rarement aux secousses périphériques. Début janvier 2026, l’entreprise a communiqué sur un incident touchant Global-e, un partenaire e-commerce : des données de commande ont pu être consultées via un accès non autorisé chez le prestataire. Ledger a précisé que les portefeuilles, appareils et phrases de récupération ne figuraient pas parmi les éléments concernés.
Ce point est important pour une IPO. Wall Street n’achète pas seulement des revenus. Elle achète aussi une capacité à gérer le risque, à communiquer vite, et à prouver ce qui n’a pas été compromis. Dans la crypto, l’absence de perte directe n’efface pas le risque de phishing et d’usurpation qui suit souvent une fuite de données.
L’effet domino des IPO crypto, et la place particulière de Ledger
Ledger s’inscrit dans une séquence plus large. BitGo a ouvert le bal des grosses IPO crypto de 2026 à New York, avec une première séance très commentée et un marché qui semble prêt à rouvrir le robinet des introductions. Cette dynamique attire mécaniquement d’autres candidats.
Le contexte politique et réglementaire compte aussi, même si personne ne veut le dire trop fort dans les prospectus. Plusieurs médias notent un climat plus favorable aux entreprises crypto sous l’administration Trump, ce qui soutient l’idée d’une “fenêtre” américaine.
Ledger a toutefois une différence clé. Beaucoup de sociétés crypto cherchent la Bourse pour monétiser une audience ou des volumes. Ledger, lui, vend une promesse inverse : réduire l’exposition au risque. Dans un monde où Chainalysis estime à 17 milliards de dollars les sommes liées aux arnaques et fraudes en 2025, cette promesse pèse lourd.
