Le marché crypto a ce tic nerveux bien connu : il rebondit quand tout le monde serre les dents… puis il attend le prochain signal macro comme si sa vie en dépendait. Ces derniers jours, la capitalisation totale a repris de la hauteur après une phase de stress, mais l’ambiance reste fragile. Le genre de reprise qui ressemble plus à un souffle repris qu’à une victoire.
En bref :
- Le marché crypto rebondit techniquement, mais la nervosité reste forte et la tendance demeure fragile.
- La Fed, la liquidité et les données budgétaires peuvent relancer volatilité et mouvements brusques.
- Un shutdown possible retarde les statistiques, entretient l’incertitude et complique les paris macro.
La Fed au centre du tableau : nomination, crédibilité, et choc de narration
Premier point à surveiller : la bataille de perception autour de la Réserve fédérale. Donald Trump a officiellement nommé Kevin Warsh pour remplacer Jerome Powell, un mouvement qui n’est pas neutre pour les anticipations de taux et de liquidité. Même avant une confirmation, le marché price déjà une partie du changement de régime, ou au moins la possibilité qu’il arrive.
Warsh n’est pas un inconnu : il a déjà siégé à la Fed, et il traîne une réputation de discours très “structurel” (productivité, crédibilité, discipline). Certains commentaires récents mettent en avant son approche : plutôt favorable à l’idée de réduire un bilan jugé trop lourd, tout en assumant une lecture plus politique de la transmission monétaire. Traduction côté crypto : si le marché commence à croire à moins de “Fed put”, les actifs risqués peuvent devenir plus nerveux.
Et voilà pourquoi ce rendez-vous pèse : ce n’est pas une statistique, c’est une histoire. Les traders ne réagissent pas seulement aux taux, ils réagissent à ce qu’ils imaginent que la Fed “autorise” comme excès. Cette semaine, la question n’est pas “qui a raison”, mais “quelle narration gagne”.
Liquidité : l’oxygène invisible qui fait bouger Bitcoin
Deuxième zone sensible : la liquidité. On a vu passer une opération de la Fed autour de 8,3 milliards de dollars, présentée comme une action de stabilisation des marchés monétaires à court terme. Ce type de mouvement est rarement un signal haussier direct pour la crypto… mais c’est souvent un calmant pour les tensions de financement. Et quand le financement se détend, la volatilité change de visage.
Le piège, c’est de surinterpréter. Une injection ponctuelle peut soutenir le “risk mood” sans créer une vraie demande spot sur Bitcoin. Autrement dit : la liquidité peut empêcher la chute de s’accélérer, sans forcément déclencher un rallye propre et durable. C’est un filet, pas un moteur, et c’est exactement le genre de mécanique qu’on voit quand le marché encaisse une secousse puis cherche un point d’appui, comme dans cette séquence où Bitcoin chute à 60 000 $ pendant que Metaplanet accélère ses achats.
Enfin, gardez un œil sur l’état d’esprit. Après une phase de peur extrême (qu’on a clairement ressentie sur le marché), le rebond peut être violent… mais fragile. Dans ces moments-là, Bitcoin peut remonter “par manque de vendeurs”, pas par excès d’acheteurs. Et ça, ça change tout : la hausse devient réversible au premier choc macro.
Mercredi–Jeudi : budget fédéral et bilan de la Fed, deux thermomètres à surveiller
Mercredi, la balance budgétaire fédérale (Federal Budget Balance) va donner une lecture du rapport recettes/dépenses. Ce n’est pas un chiffre “crypto” à première vue, mais il nourrit le débat sur la trajectoire de dette, les besoins d’émission du Trésor et, in fine, les conditions financières. Quand le financement public se tend, les actifs spéculatifs le ressentent souvent en premier.
Puis jeudi, place au rendez-vous le plus “technique” et pourtant le plus utile : le H.4.1, le rapport hebdomadaire du bilan de la Fed. Il sort en général chaque jeudi vers 16h30 (ET) et permet de lire, derrière les discours, ce qui se passe réellement côté bilan et réserves. Les marchés adorent les phrases, mais ils finissent par obéir aux flux.
Ce duo mercredi–jeudi est souvent sous-estimé parce qu’il ne fait pas de bruit. Pourtant, c’est exactement le type d’informations qui peut faire basculer un marché “sur le fil” : soit on confirme un environnement gérable, soit on réactive la peur d’un resserrement déguisé.
Le risque crypto qui plane : un shutdown peut re-geler le marché
Dernier sujet, et pas le plus léger : la menace d’un nouveau shutdown partiel aux États-Unis. Sur Polymarket, un contrat lié à un shutdown d’ici le 14 février 2026 a affiché des probabilités élevées ces derniers jours, ce qui montre que le risque est pris au sérieux par une partie du marché.
Pourquoi la crypto déteste ça ? Parce qu’un shutdown reporte des statistiques clés (inflation, emploi, etc.), et quand les données disparaissent, l’incertitude prend la place. Résultat : spreads plus nerveux, réactions plus “émotionnelles”, et souvent une volatilité qui revient au galop.
