La régulation crypto américaine n’avance jamais en ligne droite. Mais ces derniers jours, les signaux envoyés depuis Washington sont inhabituels par leur cohérence. D’un côté, Ripple remet publiquement son poids politique derrière le CLARITY Act. De l’autre, la Maison-Blanche laisse entendre que le secteur bancaire pourrait enfin entrer pleinement dans l’arène crypto. Un alignement rare, qui mérite d’être décortiqué.
En bref :
- La régulation crypto américaine sort enfin de l’immobilisme.
- Ripple mise sur un cadre imparfait plutôt que sur l’attente.
- Banques et crypto s’acheminent vers une convergence assumée.
Ripple assume une approche imparfaite mais pragmatique
Dans un message publié sur X, Brad Garlinghouse n’a pas cherché à enjoliver le débat. Le PDG de Ripple reconnaît que le CLARITY Act ne sera jamais parfait, mais il juge qu’attendre une loi idéale serait une erreur stratégique. Le secteur a besoin de règles applicables, pas d’un flou prolongé par l’inaction. D’autant que le signal politique se précise : le Sénat américain remet la loi crypto sur les rails, preuve que Washington recommence à avancer sur le dossier.
Le message est clair : mieux vaut un cadre imparfait mais applicable qu’un statu quo réglementaire qui freine l’innovation. Une position cohérente avec la trajectoire de Ripple, historiquement favorable à une normalisation du marché crypto aux États-Unis, quitte à composer avec des compromis.
Cette approche pragmatique est de plus en plus partagée dans l’écosystème. À Washington, la dynamique va dans le même sens : le projet de loi sur la structure du marché est entré en phase finale, signe que les décideurs cherchent à verrouiller un cadre clair pour les actifs numériques avant que l’élan politique ne retombe.
Marchés haussiers et débat autour de l’impact réel du CLARITY Act
En parallèle du débat réglementaire, Garlinghouse a réitéré une lecture très optimiste du marché. Lors d’une interview sur CNBC, il a affirmé que les cryptomonnaies pourraient inscrire de nouveaux sommets historiques cette année. Une déclaration assumée, qu’il dit prêt à défendre publiquement.
Tout le monde ne partage toutefois pas la même lecture sur l’impact concret du CLARITY Act. L’analyste unknowDLT estime par exemple que cette loi n’aura aucun effet structurel sur le XRP. Selon lui, la législation vise avant tout l’architecture globale du marché, sans avantage spécifique pour un jeton en particulier. Un point qui alimente un débat plus large : la régulation bénéficiera-t-elle équitablement à l’ensemble de l’écosystème ou renforcera-t-elle surtout les acteurs déjà établis ?
Les banques et la crypto sur une trajectoire de convergence
C’est sans doute sur ce point que les propos de David Sacks ont le plus marqué les esprits. Interrogé également par CNBC, le conseiller crypto de la Maison-Blanche estime qu’une fois la loi sur la structure du marché adoptée, les banques entreront pleinement dans la crypto. Pas à la marge. Pas timidement. Mais comme un prolongement naturel de leur activité.
Selon Sacks, la séparation historique entre banque traditionnelle et crypto est appelée à disparaître. À terme, il ne resterait qu’une seule industrie : celle des actifs numériques. Il insiste aussi sur un principe clé du CLARITY Act : mêmes produits, mêmes règles, quel que soit l’acteur qui les propose.
Le sujet sensible du rendement sur les stablecoins a également été abordé. Sacks rappelle que si certaines lois, comme le GENIUS Act, limitent les rendements directs versés par les émetteurs, l’écosystème trouvera toujours des mécanismes alternatifs via des prestataires tiers. Autrement dit : la finance crypto continuera d’innover, avec ou sans bénédiction bancaire totale.
