Le Royaume-Uni envoie un message clair : la crypto ne reste plus cantonnée aux coulisses “pro”. Avec Valour (filiale UK de DeFi Technologies), des ETP crypto adossés à Bitcoin et Ether avec une mécanique de provenance et de rendement peuvent désormais viser les investisseurs particuliers sur la London Stock Exchange.
En bref :
- La FCA valide Valour, qui liste des ETP Bitcoin et Ether pour les particuliers au Royaume-Uni.
- L’exposition est simple, régulée, avec une touche “staking”.
- Le marché reste volatil : les flux sur les ETP crypto peuvent chuter vite.
La FCA rouvre le robinet retail, mais pas sans filtres
Ce changement n’est pas tombé du ciel. La FCA a officiellement levé, le 8 octobre 2025, l’interdiction qui bloquait l’accès des particuliers à certains produits de type crypto ETN/ETP, à condition qu’ils soient sur la liste officielle et admis à la négociation sur une place reconnue au Royaume-Uni (comme la LSE).
Pour comprendre comment ces ETP/ETN crypto sont réellement accueillis par le marché, il suffit de regarder les flux : les ETP crypto ont enregistré 1,73 milliard de dollars de sorties en une semaine. Il s’agit d’un indicateur directement lié à l’intérêt des investisseurs pour ces produits réglementés.
En clair : la crypto rentre par la grande porte… mais en costume trois pièces. Le régulateur ne dit pas “faites-vous plaisir”, il dit plutôt “voici le couloir autorisé, marchez dedans”. Cette nuance compte : elle force les émetteurs à jouer la transparence, la documentation, la structure produit.
Et c’est précisément pour ça que l’annonce de Valour a un goût particulier. C’est une exposition cadrée, cotée et visible, accessible au retail UK sur un marché traditionnel.
Des ETP “staking” : le détail qui change la perception du risque
Valour lance deux produits : 1Valour Bitcoin Physical Staking et 1Valour Ethereum Physical Staking, désormais négociés à Londres. Sur le papier, c’est “juste” un ETP. Dans la réalité, le mot “staking” ajoute une couche : l’exposition ne se limite plus à suivre un prix, elle cherche aussi à capter un rendement lié à l’infrastructure réseau.
C’est là que la discussion devient intéressante côté Crypto : pendant longtemps, beaucoup d’investisseurs ont confondu “acheter du BTC/ETH” et “faire tourner la machine”, alors que les produits “staking” brouillent volontairement cette frontière, et ce glissement ne s’arrête pas au staking puisque Metaplanet encaisse 680 M$ de pertes latentes sur ses bitcoins, preuve que la logique économique derrière le BTC peut aussi se retourner contre ceux qui l’intègrent dans leur stratégie de bilan.
Cela dit, ne nous racontons pas d’histoires : le rendement n’est pas magique. Il dépend d’une mécanique opérationnelle, de coûts, de paramètres réseau, et d’un cadrage réglementaire strict. C’est précisément pour ça que l’approbation compte : elle suggère que la structure, la cotation et la conformité ont été jugées suffisamment robustes pour le retail.
Londres accélère : concurrence mondiale crypto et humeur du marché
Le timing est loin d’être anodin. La London Stock Exchange n’est pas un petit terrain d’essai : elle revendique plus de 50 émetteurs et plus de 2 300 ETP listés à Londres. Autrement dit, la crypto arrive au milieu d’un supermarché financier déjà rempli, et doit prouver qu’elle mérite une étagère “grand public”.
Et le marché bouge déjà. Après la réouverture retail, Londres a vu un regain d’activité sur ces produits : certains médias rapportent environ 280 millions de dollars de volume de trading sur les crypto ETN/ETP sur le mois de décembre (dans la foulée du changement). Ce chiffre n’est pas qu’un trophée : il dit que la demande existe dès que l’accès devient simple et “bancarisable”.
