BTC a plongé à 64 270 $ ce lundi matin. Derrière cette chute se cache un cocktail explosif : une frappe américaine contre l’Iran potentiellement imminente, de nouveaux tarifs douaniers signés par Trump ce week-end, et un marché déjà à genoux depuis des mois.
En bref :
- Bitcoin flirte avec les 64 000 $, en recul de 24 % depuis le début de l’année
- Une frappe US contre l’Iran reste possible dans les prochains jours, selon d’anciens agents de la CIA
- 482 millions de dollars liquidés en 24h ; l’indice Fear & Greed tombe à 14 sur 100
Un ultimatum de dix jours qui expire et le marché crypto le sait
Tout commence le 19 février. Depuis la Maison-Blanche, Donald Trump lance un ultimatum brutal à Téhéran : dix jours pour signer un accord sur le nucléaire, ou faire face aux conséquences. L’USS Abraham Lincoln et l’USS Gerald R. Ford sont désormais positionnés dans la région avec douze navires de guerre et des centaines de chasseurs. Ce n’est pas du bluff militaire ordinaire,c’est une démonstration de force calculée.
John Kiriakou, ancien officier de la CIA, va plus loin. Pour lui, la décision est déjà prise. Il affirme qu’un ami passé à la Maison-Blanche lui a confié qu’une attaque contre l’Iran aurait lieu lundi ou mardi. Surtout, il rappelle le mode opératoire de Trump : l’ultimatum public sert à déstabiliser, pas à négocier. Trump annonce dix jours, et frappe au bout de deux.
Résultat direct sur le marché : Bitcoin est passé de 67 700 $ à 64 270 $ peu après minuit avant de plonger à 62 300 $, pendant que l’or s’envolait vers son plus haut niveau depuis fin janvier. Le scénario « risk-off » classique se déroule sous nos yeux, les investisseurs fuient le volatile pour le tangible. Depuis janvier, Bitcoin accuse une perte de 24 % là où l’or gagne 20 %.
Un marché déjà fragilisé face à un choc géopolitique potentiel
Ce qui rend la situation particulièrement dangereuse, c’est l’état du marché avant même ce choc. L’indice Fear & Greed plonge à 14 sur 100, en zone de « peur extrême ». Les ETF spot Bitcoin américains ont subi 3,8 milliards de dollars de sorties nettes sur cinq semaines consécutives, la plus longue série de rachats depuis février 2025. L’IBIT de BlackRock, locomotive habituelle des flux institutionnels, concentre à lui seul 2,13 milliards de dollars de ces retraits.
Sur ce terrain miné, les liquidations ont achevé le tableau. En moins de 24 heures, près de 482 millions de dollars de positions ont été détruites, les positions longues représentant l’écrasante majorité des dégâts. Bitcoin concentre 226 millions de dollars de ces liquidations, Ethereum 116 millions. Ce n’est pas une correction propre, c’est un long squeeze brutal qui précipite la chute.
L’histoire récente donne pourtant une clé de lecture. En juin 2025, lors des frappes américaines coordonnées avec Israël contre les sites nucléaires iraniens, Bitcoin a glissé jusqu’à 103 162 $.Le marché avait ensuite rebondi rapidement une fois l’escalade contenue. Mais le contexte de février 2026 est radicalement différent : depuis début 2026, Bitcoin peine à défendre la fourchette des 65 000-70 000 $, après une liquidation massive fin 2025. Le filet de sécurité est bien plus bas.
Markus Thielen, responsable de la recherche chez 10x Research, estime que la chute actuelle reflète moins un seul catalyseur qu’un marché en mode bear structurel, et n’exclut pas un recul vers 50 000 $ avant qu’un vrai plancher ne se forme.
Bitcoin se retrouve pris en étau entre deux fronts simultanés. La menace géopolitique iranienne et les nouveaux tarifs douaniers de Trump à 15 %. Le marché, vidé de ses liquidités institutionnelles et rongé par la peur, n’a plus les anticorps pour absorber un choc majeur. Si la frappe a lieu et que l’escalade dépasse le niveau de 2025, la zone des 60 000 $ deviendra le prochain champ de bataille. Pour les investisseurs long terme, l’histoire montre que ces crises passent. Pour les traders à effet de levier, chaque heure compte.
