Les paris sur un shutdown américain avant le 14 février grimpent autour de 84 %, tandis que le Bitcoin s’accroche à la zone des 67 000 $. Ce duo est explosif, parce qu’il mélange peur politique et fragilité technique. Et, en crypto, la peur fait rarement les choses à moitié.
En bref :
- Le risque de shutdown remonte fort, et le marché déteste l’incertitude.
- Le Bitcoin tient 67 000 $, mais la structure reste fragile.
- La zone 65 700–60 000 $ est la vraie ligne de défense.
Shutdown : un compte à rebours qui tend les marchés
Le risque ne tombe pas du ciel. Il est lié à une échéance de financement et à des négociations qui patinent, notamment autour du Département de la Sécurité intérieure (DHS). L’idée d’un nouvel arrêt partiel des services redevient crédible.
Cette menace pèse sur le “mood” global. Un shutdown, même court, n’est pas qu’un sujet administratif. Il ravive les scénarios de stress, de retards, de tensions politiques, et donc un réflexe classique : réduire le risque.

Et les plateformes prédictives amplifient ce ressenti. Polymarket ne “prédit” pas la réalité, mais il mesure une nervosité en temps réel. Quand la probabilité s’emballe, le marché lit surtout ceci : l’incertitude gagne du terrain.
Pourquoi le Bitcoin réagit à la politique américaine
Le Bitcoin adore se raconter comme un actif “hors système”. Pourtant, dans les phases de baisse, il se comporte souvent comme un actif de risque. Quand les investisseurs coupent l’exposition, la crypto est rarement la dernière à trinquer.
Ce n’est pas forcément rationnel, c’est mécanique. Les desks et les traders gèrent des portefeuilles. Si les actions vacillent, si les conditions financières se durcissent, les positions les plus volatiles deviennent des variables d’ajustement.
Le timing n’aide pas. Le marché crypto est déjà en mode “extrême peur”, avec un indice tombé autour de 9 ces derniers jours. Dans ce climat, la moindre mauvaise nouvelle ne fait pas juste peur. Elle sert d’alibi à une vente qui attendait son moment.
Graphique : une zone de support qui ressemble à une dernière marche
Sur le plan technique, la zone 60 000–70 000 $ est devenue un champ de bataille pour Bitcoin. Après le rejet du sommet de début 2026, la dynamique s’est retournée. Le marché a cassé ses zones de consolidation précédentes, et le prix du bitcoin a glissé vers le bas comme sur une rampe.
Le RSI proche de la survente raconte une fatigue. C’est le genre de signal qui peut déclencher un rebond court, presque nerveux. Mais un RSI bas n’est pas une promesse. C’est une alerte sur l’intensité du mouvement.
Le MACD, lui, décrit la gravité. Quand il reste profondément négatif, la “tendance de fond” domine encore. Le marché peut rebondir, oui. Il peut aussi rebondir juste assez pour piéger les acheteurs, puis retomber. C’est souvent là que les nerfs lâchent.
Deux scénarios crédibles, et un piège psychologique
Premier scénario : la volatilité en range. Certains analystes voient un Bitcoin coincé un moment entre 60 000 et 80 000 $, avec des poussées brèves suivies de replis secs. Ce type de marché n’est pas spectaculaire. Il est usant. Il force les traders à douter de tout, même de leurs bons choix.
Deuxième scénario : une accélération baissière si le support cède proprement. Les niveaux proches de 65 700 $, puis 60 000 $, servent de repères. En dessous, le marché peut chercher une zone où la demande redevient “évidente”. C’est là que des cibles comme 55 000 $, voire 50 000 $, reviennent dans les conversations.
Le piège, c’est de confondre peur et certitude. Un shutdown peut créer un choc, mais il peut aussi être évité au dernier moment. Et même s’il arrive, le Bitcoin ne baisse pas “parce qu’un shutdown”. Il baisse si la liquidité et le sentiment se dégradent en même temps.
