Pendant longtemps, l’intelligence artificielle s’est contentée d’exécuter les ordres humains. Aujourd’hui, la dynamique bascule : des agents autonomes commencent à recruter eux-mêmes des personnes pour intervenir dans le monde réel. Derrière cette idée digne d’une fiction technologique, un ingénieur issu de l’écosystème crypto lance une plateforme où les IA délèguent leurs tâches physiques à des travailleurs humains pour des tarifs allant jusqu’à 500 dollars par heure . Plus de 26 000 inscrits en 48 heures.
En bref
- RentAHuman.ai permet aux IA d’embaucher des humains via un simple appel MCP
- 26 000 inscriptions enregistrées avec des tarifs horaires allant de 5 à 500 dollars
- Le site fonctionne sans token crypto et a été entièrement développé par des agents IA
L’IA franchit le mur du réel et embauche désormais les humains
Vous pensiez avoir exploré toutes les frontières du numérique ? Détrompez-vous. Une nouvelle étape vient d’être franchie : certaines IA commencent désormais à recruter directement des humains pour agir à leur place.
Derrière cette idée audacieuse se trouve Alexander Liteplo, ingénieur impliqué chez UMA Protocol et Across Protocol, deux acteurs bien connus de la DeFi. Ce Lundi, il a lancé RentAHuman.ai, une plateforme conçue pour transformer les humains en relais physiques d’agents IA incapables d’interagir directement avec leur environnement.
Pour illustrer le concept, Liteplo a publié une démonstration sur sa page X. Le fonctionnement est volontairement simple : en quelques clics, une IA peut engager une personne pour récupérer un colis, assister à une réunion, prendre des photos ou signer des documents. Le slogan résume l’approche avec ironie : « Les robots ont besoin de votre corps car ils ne peuvent pas toucher l’herbe. »
L’engouement a été immédiat. Dès la première nuit, 130 personnes se sont inscrites. Parmi elles une créatrice OnlyFans et le PDG d’une startup spécialisée en IA. Aujourd’hui, la plateforme revendique plus de 26 000 profils. Chaque participant définit ses compétences, ses disponibilités et son tarif horaire, avec des missions rémunérées entre 5 et 500 $ selon le niveau d’expertise.
Une plateforme née du « vibe coding »
L’histoire technique derrière RentAHuman.ai illustre l’évolution fulgurante de l’IA agentique. Liteplo affirme avoir construit l’intégralité du site en utilisant une « armée » d’agents basés sur Claude. Cette méthode, baptisée « vibe coding », consiste à diriger des IA par des instructions en langage naturel à la place du code traditionnel.
Plus fascinant encore, le développeur a utilisé une « boucle Ralph » (Ralph loop en anglais), une technique où les agents de programmation tournent en boucle jusqu’à résoudre complètement une tâche. Ces IA vérifient leur propre travail, itèrent et corrigent jusqu’à produire un code fonctionnel.
« Je pense que nous sommes sortis de la phase de désillusion concernant les capacités de l’IA », explique Liteplo lors d’une interview dans le podcast Crosschain. « Les gens réalisent maintenant que nous pouvons déployer du vrai code avec cela, que nous pouvons avoir des boucles Ralph créant des sites web pendant que nous dormons. »
Cette déclaration prend tout son sens dans le contexte actuel. L’IA agentique, ces systèmes autonomes capables de raisonner et d’orchestrer des actions complexes, connaît une expansion fulgurante. Toutefois, ces agents rencontrent une limite fondamentale : l’absence de corps physique. RentAHuman.ai propose une solution radicale en transformant les humains en « couche physique de l’IA ».
Point crucial pour la communauté crypto : Liteplo a confirmé qu’aucun token ne sera émis. « Il n’y a pas de jeton, ça ne m’intéresse pas. Ce serait beaucoup trop stressant, et puis je ne veux pas que des gens perdent leur argent », a-t-il déclaré. Une position rafraîchissante dans un écosystème souvent critiqué pour sa tokenomanie.
Les paiements s’effectuent néanmoins en cryptomonnaies via des wallets connectés. Cependant, selon des observateurs tiers, seulement 13% des inscrits ont réellement connecté un portefeuille, suggérant que beaucoup se sont enregistrés par simple curiosité.
Entre dystopie et opportunité
L’accueil de RentAHuman.ai oscille entre fascination et malaise. Sur X, un utilisateur a qualifié le concept de « bonne idée mais dystopique ». La réponse de Liteplo ? Un simple « lmao yep » (mort de rire, ouais). Cette auto-conscience ironique caractérise toute une génération de builders crypto qui embrassent pleinement l’ambiguïté de leurs créations.
La plateforme propose neuf catégories de tâches : missions physiques, réunions, courses, recherches, organisation documentaire, dégustation culinaire, et plus encore. Certaines requêtes sont basiques (s’abonner à un compte Twitter pour 1 dollar), d’autres plus élaborées (tenir un panneau indiquant « UNE IA M’A PAYÉ POUR TENIR CE PANNEAU » pour 100 dollars).
L’efficacité réelle reste à prouver. Une tâche demandant de récupérer un colis à San Francisco pour 40 dollars n’a toujours pas trouvé preneur après deux jours, malgré 30 candidatures. Cette friction révèle les défis logistiques d’une marketplace encore embryonnaire.
RentAHuman.ai s’inscrit dans une vague d’expérimentations autour de l’IA agentique qui déferle en 2026. Le site rejoint Moltbook, cette plateforme sociale exclusivement réservée aux bots IA où ces derniers inventent leurs propres religions et pays. Les deux projets partagent une genèse similaire : création rapide via vibe coding, adoption virale, questions éthiques en suspens.
