La Loi Clarity reste en vie au Sénat américain, mais son adoption demeure incertaine. Cynthia Lummis affirme discuter quotidiennement avec les démocrates pour trouver un compromis. Les négociations se concentrent encore sur les pouvoirs de la CFTC, la lutte contre les activités illicites et les règles éthiques visant les responsables politiques.
Loi Clarity : les négociations continuent chaque jour
Cynthia Lummis assure que les échanges bipartisans se poursuivent après près de onze mois de discussions. Cette séquence prolonge le vote décisif du CLARITY Act au Sénat, devenu le principal test politique de la régulation crypto américaine.
La sénatrice républicaine du Wyoming dit avoir travaillé tard sur la partie de la Loi Clarity concernant la Commodity Futures Trading Commission, ou CFTC. Selon elle, le chef de la majorité républicaine, John Thune, réserve depuis plusieurs semaines un espace au calendrier du Sénat.
Cette déclaration traduit une volonté politique d’avancer. Elle ne garantit toutefois ni une date de vote ni l’existence des 60 voix nécessaires pour franchir l’étape procédurale de la clôture.
La pression augmente à l’approche de la suspension estivale des travaux parlementaires. Bill Hagerty demande au Sénat de soumettre rapidement le texte au vote. Pour ses défenseurs, poursuivre indéfiniment les discussions pourrait finalement condamner une réforme préparée pendant presque une année.
Les démocrates réclament encore plusieurs garanties
La Loi Clarity bloque notamment sur les dispositions liées à l’éthique. Plusieurs démocrates veulent empêcher le président, le vice-président, les parlementaires et certains hauts responsables de profiter financièrement de projets crypto pendant l’exercice de leurs fonctions.
Cynthia Lummis affirme qu’un accord historique a déjà été élaboré sur ce sujet. Mais les tensions restent visibles depuis que le vote sur Todd Blanche menace l’accord éthique du CLARITY Act, un dossier devenu sensible pour les démocrates.
Le deuxième désaccord porte sur la criminalité financière. Des élus démocrates demandent des pouvoirs renforcés contre le blanchiment, les plateformes décentralisées et les services utilisés pour masquer l’origine des fonds.
La minorité démocrate de la commission bancaire estime que la version actuelle laisse encore des failles concernant certains acteurs de la DeFi et les mixeurs crypto. Dans une note de sécurité nationale, ses équipes affirment que le texte doit mieux fermer les vulnérabilités exploitées par les criminels, les groupes terroristes et les acteurs sanctionnés.
La CFTC pourrait gagner un rôle central
La Loi Clarity cherche principalement à tracer une frontière plus nette entre les actifs numériques considérés comme des titres financiers et ceux traités comme des marchandises. Cette séparation déterminerait si un actif relève principalement de la SEC ou de la CFTC.
La version actualisée publiée par Cynthia Lummis le 22 juillet 2026 fusionne les travaux des commissions bancaire et agricole. Elle doit servir de base aux discussions finales sur le partage des compétences et l’encadrement des plateformes.
Le projet prévoit notamment de donner à la CFTC une autorité sur les marchés au comptant de certaines marchandises numériques proposés par des plateformes réglementées. Les exchanges, courtiers et émetteurs concernés devraient suivre de nouvelles procédures d’enregistrement et de transparence.
Pour l’industrie crypto, ce partage des compétences réduirait le risque de découvrir les règles uniquement après une procédure judiciaire. Pour les critiques, une mauvaise définition pourrait au contraire permettre à certains tokens d’échapper trop facilement aux exigences du droit des valeurs mobilières.
Un vote reste possible, mais loin d’être acquis
La Chambre des représentants a adopté la Loi Clarity en juillet 2025 avec des voix républicaines et démocrates. Le comité bancaire du Sénat a ensuite validé sa version le 14 mai 2026 par 15 voix contre 9. Le texte peut désormais être examiné en séance plénière.
Mais le soutien obtenu en commission ne suffit pas. Le Sénat doit généralement réunir 60 voix pour mettre fin aux débats et avancer vers un vote définitif. Les républicains doivent donc conserver leur propre camp tout en convainquant plusieurs démocrates.
Cette difficulté explique pourquoi DCG presse le Sénat d’adopter le CLARITY Act avant que le calendrier ne rende l’accord plus difficile. Les partisans du texte savent que le temps joue désormais contre eux.
La déclaration de Cynthia Lummis apporte un signal encourageant, pas une victoire. Les discussions quotidiennes prouvent que les négociateurs cherchent encore un terrain commun. Elles révèlent aussi que cet accord n’existe pas totalement.
La prochaine étape dépendra moins des discours favorables à la crypto que des concessions sur l’éthique, les stablecoins et la lutte contre les flux illicites. Ce bras de fer prolonge aussi la confrontation entre Cynthia Lummis et Elizabeth Warren, déjà visible dans notre analyse sur les attaques politiques autour du CLARITY Act.
En bref
- Cynthia Lummis négocie quotidiennement la Loi Clarity avec les démocrates.
- La CFTC, l’éthique et la criminalité financière restent au cœur des désaccords.
- Le texte doit encore réunir suffisamment de voix pour avancer au Sénat.
