Le premier trimestre 2026 confirme le poids stratégique de Fekola dans l’or malien. B2Gold profite à la fois d’un prix de l’or très élevé, de ventes plus fortes et d’une production supérieure aux attentes.
Fekola fait changer d’échelle les revenus de B2Gold au Mali
B2Gold a généré 734,85 millions de dollars de revenus aurifères au Mali au premier trimestre 2026, contre 254,67 millions un an plus tôt. La hausse atteint environ 188 %. Elle vient surtout de la mine de Fekola, devenue le cœur financier du groupe en Afrique de l’Ouest.
Cette performance arrive dans un contexte où les ressources africaines reprennent une place stratégique. Le cuivre en RDC, avec l’accélération d’Ivanhoe à Makoko, raconte déjà cette même bascule : les mines ne sont plus seulement des actifs industriels, elles deviennent des leviers économiques et politiques.
Le bond ne repose pas sur un seul levier. B2Gold a vendu 152 356 onces d’or sur la période, contre 87 808 onces au premier trimestre 2025. Le prix moyen réalisé a aussi explosé, à 4 823 dollars l’once, contre 2 900 dollars un an avant, selon les résultats trimestriels du groupe.
Cette combinaison donne un effet de levier brutal. Plus d’or vendu, à un prix bien plus haut, transforme Fekola en machine à cash. Dans un marché aurifère tendu, chaque once supplémentaire devient beaucoup plus rentable.
Une performance portée par le prix, mais pas seulement
La hausse du prix de l’or explique une grande partie du mouvement. Mais elle ne raconte pas toute l’histoire. Fekola a aussi produit 117 450 onces au premier trimestre 2026, au-dessus des attentes de B2Gold, grâce notamment à un débit de traitement plus élevé que prévu.
Les coûts restent un autre signal important. La mine a affiché des coûts d’exploitation de 729 dollars par once vendue, contre 1 014 dollars un an plus tôt. Cela donne à B2Gold une marge plus épaisse, dans un contexte où le métal jaune se négocie à des niveaux exceptionnels.
Le résultat dépasse donc le simple effet prix. Fekola vend plus, produit mieux et coûte moins cher par once vendue. C’est rare dans le secteur minier, où les hausses de revenus sont souvent absorbées par les dépenses de production.
Le Mali profite aussi de cette envolée
Pour Bamako, Fekola n’est pas une mine comme les autres. Le complexe est détenu à 80 % par B2Gold et à 20 % par l’État malien. Cette participation donne au pays une exposition directe aux revenus de la mine, au-delà des taxes et redevances.
Les recettes publiques peuvent donc profiter de cette séquence favorable. B2Gold indique que ses prévisions 2026 pour Fekola reposent sur un prix de l’or de 5 000 dollars l’once, avec environ 410 millions de dollars attendus en redevances et taxes de production.
Mais cette manne crée aussi une attente politique. Quand l’or rapporte davantage, les débats sur la part captée localement deviennent plus sensibles. Le Mali voit passer de gros chiffres. La pression pour transformer ces revenus en bénéfices visibles reste donc forte.
C’est le même enjeu que dans d’autres marchés africains : faire passer la ressource du statut de rente à celui de moteur financier. Les banques locales et régionales, comme le montre la montée de Rawbank en RDC, auront un rôle à jouer si les revenus miniers doivent irriguer davantage l’économie réelle.
2026 devient une année décisive pour Fekola
B2Gold maintient ses objectifs pour Fekola en 2026. Le complexe doit produire entre 410 000 et 460 000 onces sur l’année. Cette prévision inclut aussi une contribution attendue de Fekola Regional, sous réserve de l’obtention du permis d’exploitation d’ici fin juin 2026.
Ce point est crucial. Si Fekola Regional démarre comme prévu, le groupe pourra ajouter entre 60 000 et 80 000 onces à la production du complexe. Cela renforcerait encore le rôle du Mali dans les résultats de B2Gold.
Le message est donc simple. Fekola n’est plus seulement un actif minier performant. C’est un pilier financier pour B2Gold et un actif budgétaire majeur pour le Mali. Tant que l’or reste haut, la mine devient un baromètre économique. Et peut-être aussi un sujet politique.
Cette dynamique confirme une tendance plus large sur le continent : les ressources naturelles attirent plus de capitaux, mais elles exigent aussi plus de transparence, de financement local et de gouvernance. C’est aussi ce que rappelle la progression de BGFI Holding à la BVMAC, où les marchés régionaux cherchent à peser davantage dans le financement de l’économie.
En bref
- B2Gold a presque triplé ses revenus aurifères au Mali au premier trimestre 2026.
- Fekola profite d’un prix de l’or très élevé et de ventes plus importantes.
- Le Mali bénéficie directement de cette hausse via sa participation, les taxes et les redevances.
