Sur Hyperliquid, le contrat perpétuel SILVER-USDC a frôlé puis dépassé le milliard de dollars de volume en 24 heures, devant des marchés pourtant “naturels” sur un DEX de dérivés, comme SOL ou XRP. Derrière ce chiffre, il y a plus qu’un pic de curiosité. On voit un mélange rare : une matière première “classique” réemballée en produit crypto, des traders qui cherchent du mouvement alors que le bitcoin se fige, et une toile de fond politique américaine qui se remet à bouger.
En bref :
- Silver-USDC a frôlé ou dépassé 1 Md$ de volume sur Hyperliquid, devant SOL et XRP.
- Le mouvement reflète une chasse à la volatilité, avec un intérêt ouvert élevé et un marché très disputé.
- En parallèle, le Sénat américain remet la structure du marché crypto sur les rails, avec un vote/markup attendu jeudi.
Un milliard sur un DEX, ce que raconte vraiment le chiffre
Le volume proche du milliard n’est pas un détail technique. Il place Silver, sur une journée, au niveau d’actifs crypto majeurs sur la même place. Et il arrive au moment où la liquidité se fragmente. Une partie se déplace vers les plateformes comme Binance où l’exécution est rapide et l’effet de levier facile.
Le prix du contrat s’est vu autour de 110 $ pendant les heures asiatiques, avec une activité qui a pris de vitesse les repères habituels du marché crypto. Ce n’est pas l’argent métal “physique” qui change de main sur Hyperliquid. C’est une exposition synthétique. Mais, pour un trader, c’est souvent suffisant.
Autre indicateur à surveiller, l’open interest. Il tournait autour de 145 à 155 M$, signe que ce n’est pas seulement du scalping minute par minute. Il y a des positions qui restent ouvertes. Et quand les taux de financement sont légèrement négatifs, on devine un marché à deux faces. Longs et shorts se répondent, sans domination écrasante.
Pourquoi le Silver bouge quand le Bitcoin hésite
Le timing est parlant. Plusieurs flux décrivent un Bitcoin “coincé”, peu inspiré, pendant que l’or et l’argent attirent l’attention. Quand le leader ralentit, les traders cherchent des actifs qui offrent une histoire courte et un graphique nerveux.
Silver coche beaucoup de cases. C’est un actif connu, mais moins “usé” que BTC dans l’imaginaire macro. Il réagit aux narratifs inflation, industrie, tensions de taux. Et il se prête bien au trading de dérivés. Sur une plateforme crypto, il devient aussi un produit “exotique familier”. L’étrangeté rassure, paradoxalement.
Il y a aussi un effet de vitrine. Les marchés tokenisés de type matières premières donnent l’impression d’une crypto qui sort de son bocal. Ce n’est plus seulement des L1 et des memecoins.
Dans un cycle où tout le monde cherche “le prochain thème”, l’idée d’un RWA en version tradable, c’est un aimant à volume, même si l’objet reste synthétique.
Hyperliquid, la fabrique des tendances instantanées
Hyperliquid joue ici son rôle de bourse-labo. Les perpétuels y servent de capteurs. Ils montrent, en temps réel, où se déplace l’appétit pour le risque. Quand un contrat comme SILVER-USDC passe devant SOL ou XRP en volume sur 24h, ce n’est pas une preuve de valeur fondamentale. C’est un indicateur de température.
Ce type de pic dit aussi quelque chose sur la microstructure. Les traders aiment les carnets profonds, les frais lisibles, la possibilité d’entrer et sortir vite.
Plus la plateforme attire, plus elle peut créer ses propres “moments” de marché. Cela ressemble à une boucle. Liquidité appelle liquidité.
Et ce n’est pas isolé. L’activité autour d’Hyperliquid et de son écosystème s’est emballée récemment, avec un intérêt accru pour ses marchés. Dans ce contexte, Silver devient le prétexte parfait. Un actif simple à expliquer, mais assez surprenant pour faire cliquer. Et pour faire trader.
À Washington, la régulation avance et change l’arrière-plan
Pendant que les écrans clignotent, l’arrière-scène politique se réactive. Un projet de loi américain sur la structure du marché crypto est censé progresser jeudi, après que des démocrates clés ont signalé qu’ils ne bloqueraient pas l’étape d’examen. Le fait marquant, c’est la désescalade sur un sujet parasite.
Le sénateur Roger Marshall a accepté de mettre de côté un amendement lié aux frais d’interchange des cartes de crédit, après des négociations. Selon les informations rapportées, des responsables de la Maison-Blanche auraient aussi averti que cet ajout pouvait faire dérailler l’ensemble. Traduction : on préfère faire avancer un texte imparfait plutôt que de le faire exploser avec une bataille annexe.
https://x.com/EleanorTerrett/status/2015891914885664909?s=20
Le calendrier met la pression. Les débats se déroulent près d’une échéance budgétaire, avec le risque d’une paralysie des services fédéraux autour du 31 janvier. Pour le marché, ce type de séquence compte. Les dérivés on-chain adorent l’incertitude à court terme. Mais les capitaux plus lourds, eux, aiment surtout la clarté. Et c’est là que le lien se fait : un Silver à 1 Md$ sur Hyperliquid n’a pas besoin d’une loi pour exister. En revanche, une industrie qui veut durer finit toujours par en dépendre.
