L’année 2026 s’est ouverte sur une scène rare : un compte de teneur de marché sur Binance aurait été compromis, et une tentative de manipulation sur le token BROCCOLI(714) s’est retournée contre son auteur. Le trader Vida dit avoir profité de l’anomalie pour gagner près d’un million de dollars.
Le scénario BROCCOLI : une hausse artificielle qui laisse des traces sur Binance
Selon Lookonchain, l’attaquant aurait pris le contrôle d’un compte de market making. Il s’en serait servi pour acheter agressivement du BROCCOLI au comptant, tout en ouvrant des positions sur des contrats perpétuels via d’autres comptes. L’idée est de pousser le spot, puis monétiser le rattrapage des dérivés.
Sauf que la mécanique a grincé. Le token a bondi très vite, avant de reperdre une partie de ses gains. Les réseaux sociaux ont parlé de pump, et certains articles ont évoqué une volatilité “suspecte”.
Le choix de BROCCOLI n’a rien d’un hasard. Sur un marché étroit, quelques ordres suffisent à fabriquer un décor. Et ce décor peut piéger des traders, ou attirer des arbitragistes trop tard.
Le signal qui a alerté Vida sur Binance : la profondeur du carnet comme témoin
Vida explique avoir vu une structure “bizarre”. Côté spot, une profondeur d’achat énorme, avec des dizaines de millions d’USDT empilés à l’achat. Côté futures, presque rien d’équivalent.
Cette asymétrie est un drapeau. Quand le spot affiche une muraille et que les perpétuels ne suivent pas, la liquidité peut être artificielle. Dans un marché normal, l’arbitrage recolle vite les deux mondes.
Son récit est presque chirurgical. Il accompagne d’abord la hausse avec un long, tout en guettant une intervention des contrôles de risque. Puis, quand de gros ordres d’achat disparaissent d’un coup, il sort, inverse, et vend la chute. C’est ce timing qui, selon lui, a fait le million.
Pourquoi un compte de teneur de marché est une cible de choix
Un market maker, ce n’est pas “juste” un trader sur Binance. C’est souvent une machine à coter, branchée via des clés API et des systèmes automatisés. Les permissions sont parfois larges, sinon la liquidité se casse.
Si un attaquant prend ce volant, il ne vole pas seulement des fonds. Il récupère une capacité d’influencer la micro-structure, ne serait-ce que quelques minutes. Sur un token fin, quelques minutes suffisent.
C’est aussi ce qui alimente la rumeur d’une complicité interne. Dans l’affaire BROCCOLI, rien ne prouve un délit d’initié. Mais l’opacité du “comment” laisse un vide, et le vide adore les théories.
Une leçon plus large : sécurité et liquidité marchent ensemble
Sur un token très liquide, un écart spot/futures se fait généralement arbitrer. Sur un token plus étroit, l’écart peut durer. Et il suffit d’un faux mur dans le carnet pour tromper l’œil.
Le contexte de fin 2025 n’aide pas. Trust Wallet a confirmé un incident lié à son extension Chrome, avec des pertes rapportées au-delà de 7 millions de dollars. Cela rappelle qu’un “point d’accès” est souvent plus dangereux qu’un bug exotique.
Binance a déjà montré qu’elle pouvait écarter des market makers et geler des profits après des irrégularités, avant d’évoquer des compensations. Ce précédent ne raconte pas l’affaire BROCCOLI, mais il montre que ce maillon est sous surveillance.
Au fond, le million de Vida est presque secondaire. Le vrai sujet, c’est la fragilité des marchés “minces”. Quand la liquidité est faible, la manipulation coûte moins cher. Et quand l’infrastructure est compromise, le prix devient un outil, pas un thermomètre. Pour l’utilisateur, la prudence est banale mais utile. Sur ces jetons, l’effet de levier amplifie surtout les erreurs. Et les volumes “flash” méritent toujours une seconde lecture.
