L’Europe pensait avoir refermé le chapitre des bras de fer douaniers avec Washington. Mais le dossier du Groenland a tout rouvert. Bruxelles prépare une riposte pouvant atteindre environ 100 milliards de dollars.
En bref :
- L’Union européenne prépare une riposte commerciale d’ampleur face aux menaces américaines liées au Groenland.
- Bruxelles travaille sur un paquet pouvant aller jusqu’à environ 100 milliards de dollars, avec des droits de douane sur des importations venues des États-Unis
- En parallèle, l’UE envisage aussi des restrictions d’accès au marché pour certaines entreprises américaines si la tension monte
Groenland : Une riposte calibrée autour de 93 milliards d’euros
Le plan combine des droits de douane et des restrictions d’accès au marché. Certaines entreprises américaines seraient directement visées. L’UE veut être prête si les menaces américaines se transforment en mesures concrètes.
Bruxelles ne parle pas d’un geste symbolique. Il s’agit d’un paquet de tarifs qui viserait 93 milliards d’euros d’importations américaines. C’est un volume suffisamment massif pour compter dans une négociation, mais assez ciblable pour rester modulable. Ce paquet pourrait « repartir » après une suspension de six mois, avec une possible entrée en vigueur début février.
L’élément déclencheur, lui, ressemble à une scène de politique-fiction devenue diplomatie réelle. Le président Donald Trump a menacé d’augmenter les droits de douane à partir du 1er février 2026 sur plusieurs pays européens, tant que les États-Unis ne seraient pas autorisés à acheter le Groenland.
Comme mésure, l’UE ne veut pas donner l’impression de céder à la pression. De plus, elle veut garder une porte ouverte, parce qu’une escalade tarifaire se paie toujours cash, côté entreprises et côté consommateurs. D’où ce choix très européen de préparer la riposte, tout en essayant d’éviter de s’en servir.
En plus des droits de douane, plusieurs pays poussent l’idée d’activer l’Anti-Coercion Instrument (ACI), un mécanisme conçu pour répondre aux pressions économiques d’États tiers.
Concrètement, l’ACI ouvre un registre d’options plus large que les simples taxes à la frontière. En effet, il peut toucher l’accès aux marchés publics, certains flux d’investissement, voire des activités de services. Et c’est là que ça pique. En effet, les États-Unis disposent d’un excédent dans les services avec l’UE, notamment dans les services numériques. Autrement dit, la riposte pourrait viser des secteurs où Washington pense être à l’abri.
Davos, les marchés et la peur d’un engrenage
Le calendrier ajoute une couche de tension. L’UE prévoit des discussions au plus haut niveau, avec un sommet d’urgence à Bruxelles jeudi. Un dialogue attendu en marge du Forum de Davos, où Donald Trump doit prendre la parole.
Les marchés, eux, n’aiment pas les récits à suspense. En effet, ces menaces ont déjà secoué les changes, avec un euro et une livre en baisse face au dollar et un retour de volatilité redouté.
L’agence AP parle même d’une mise en garde européenne contre une « spirale dangereuse » pour l’unité transatlantique. On comprend pourquoi. Une querelle qui part d’un sujet territorial finit, très vite, par contaminer les alliances, les chaînes d’approvisionnement et la confiance. Ce n’est plus seulement une histoire de taxes. C’est une histoire de crédibilité.
Pour les entreprises américaines, la menace n’est pas uniquement tarifaire. En effet, les discussions autour de restrictions d’accès au marché européen créent un brouillard immédiat : appels d’offres, conformité, investissements, services numériques. Même sans décision finale, l’incertitude suffit à ralentir des projets.
Côté européen, l’objectif est aussi de préserver l’unité. Plus la riposte est “préparée”, moins chaque État membre est tenté de négocier seul dans son coin. Dans ce dossier, l’UE essaie de faire ce qu’elle fait quand elle a peur de se diviser. En effet, elle centralise, cadre, et affiche une ligne commune, même si les sensibilités diffèrent.
Enfin, pour la crypto, quand les devises bougent et que la volatilité revient, certains investisseurs réduisent l’exposition aux actifs spéculatifs. D’autres cherchent des “couvertures” alternatives, dont le bitcoin fait parfois partie dans le récit de marché. Rien d’automatique, évidemment. Mais dans une séquence où commerce, géopolitique et monnaies s’entrechoquent, la crypto n’est jamais loin du radar.
