Binance ajuste régulièrement ses marchés. Cette fois, le coup de balai est large. Et il touche des paires en Bitcoin et en Ethereum, ce qui surprend toujours, même quand les tokens restent listés.Dès le 23 janvier 2026 à 03:00 UTC, Binance cessera le trading sur 19 paires spot. On y trouve notamment AI/BTC, FIL/ETH, LRC/ETH, XVG/ETH, YFI/BTC ou encore LDO/BTC. Les robots de trading spot associés à ces marchés seront aussi stoppés à cette même échéance.
En bref :
- Binance retire 19 paires spot à partir du 23 janvier 2026, 03:00 UTC.
- Les tokens restent listés, mais certaines cotations en BTC et ETH disparaissent.
- Les traders techniques et les bots sont les plus directement touchés.
Une “suppression” de paires, pas une disparition des actifs
Binance ne retire pas Lido, Filecoin, dYdX ou Yearn Finance de la plateforme. L’exchange enlève seulement certaines combinaisons de cotation. Les tokens restent échangeables via d’autres paires, souvent contre USDT, FDUSD ou BNB.
Ce détail change la lecture de l’événement. On n’est pas dans un signal rouge type “delisting complet”, qui peut déclencher une panique. On est plutôt dans une chirurgie de marché, froide et méthodique, pour réduire les zones de liquidité trop fragmentées.
Et Binance ne s’en cache pas vraiment. L’annonce parle d’une revue régulière et d’une optimisation de la “qualité de marché”. Traduction simple : trop peu de volume sur certaines paires, trop de carnets clairsemés, et des spreads qui donnent une mauvaise expérience.
Pourquoi couper des paires en BTC et ETH
Voir du BTC ou de l’ETH “retirés” d’une liste de paires fait tiquer, parce que ces deux actifs ont longtemps été les devises naturelles de la crypto. Mais la réalité a glissé. Une part croissante des volumes spot se fait aujourd’hui contre stablecoins, parce que c’est plus lisible pour l’utilisateur moyen et plus pratique pour gérer le risque.
Il y a aussi un aspect micro-structure. Une paire alt/BTC ou alt/ETH peut devenir un désert si la majorité des flux passe par alt/USDT. Dans ce cas, maintenir la paire “historique” n’ajoute pas de profondeur. Ça ajoute surtout du bruit, et parfois des opportunités d’arbitrage… mais réservées à quelques acteurs ultra-équipés.
Au passage, cette décision raconte quelque chose sur la hiérarchie des devises de cotation. BTC et ETH restent centraux comme actifs. Mais comme unités de compte pour le spot retail, ils ne sont plus automatiquement la route la plus courte.
Les gagnants et les perdants : liquidité, arbitrage, stratégies automatiques
Pour un trader “classique”, l’impact immédiat est limité. S’il achetait FIL, DYDX ou ENA, il pourra souvent continuer via USDT ou FDUSD. C’est moins élégant pour certains, mais rarement bloquant.
Pour les profils plus techniques, c’est une autre histoire. Ceux qui routent leur liquidité via BTC ou ETH perdent des chemins directs. Les stratégies d’arbitrage triangulaire deviennent un peu moins riches. Les hedges qui utilisaient une paire précise doivent être recalibrés, parfois en ajoutant une étape et donc des frais, du slippage, et du risque d’exécution.
Le point le plus “piégeux” concerne les bots. Binance indique que les Spot Trading Bots liés à ces paires seront terminés à l’heure du retrait. Sans action, une stratégie automatisée peut se retrouver arrêtée net, au pire moment, si le marché bouge.
Ce que Binance essaie d’acheter avec ce ménage
Derrière la liste, il y a une logique simple : concentrer le volume là où il vit déjà. Binance préfère des carnets épais, même s’ils sont moins nombreux. Dans une période où la concurrence sur les frais et la liquidité est féroce, un marché “propre” est une vitrine.
Le choix des actifs est aussi parlant. On mélange DeFi (LDO, YFI, DYDX), infra (FIL, ZIL, XVG), et meme coins (BOME, PNUT). Ça suggère moins une chasse ciblée qu’un tri basé sur les métriques : volume, régularité, profondeur, et comportement des utilisateurs.
Enfin, il faut lire l’événement comme un thermomètre. Si les paires BTC/ETH reculent au profit des paires en stablecoins, c’est que le marché spot se “dollarise” encore. Pas au sens politique. Au sens pratique : la crypto se négocie de plus en plus comme un marché de change, avec un numéraire stable au centre.
