La crypto recule nettement ce 26 janvier, et le signal est clair dès l’ouverture de la semaine : la peur a repris la main. Bitcoin a glissé sous des zones techniques suivies de près, avec un retour vers le bas des $88 000 et des pointes plus faibles observées autour de $86 000.
En bref :
- La crypto baisse ce 26 janvier sur un mélange de tensions commerciales et de stress politique à Washington.
- Bitcoin subit la casse de niveaux techniques et l’effet domino des liquidations.
- Les annonces de la Fed et le PPI peuvent encore renverser le sentiment.
Le choc des tarifs : le marché déteste l’imprévu
Le déclencheur le plus bruyant vient de la politique commerciale américaine. Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 100% sur les biens canadiens si Ottawa allait plus loin dans un rapprochement commercial avec la Chine.
Même si la mesure n’est pas encore appliquée, l’effet est immédiat. La crypto réagit souvent avant les autres classes d’actifs, car elle est liquide, mondiale, et sensible à l’humeur “risk-on / risk-off”. Quand le scénario devient flou, beaucoup réduisent l’exposition sans attendre d’avoir raison.
Le point important, c’est le mot “guerre commerciale”. Il ne décrit pas seulement un conflit économique. Il annonce surtout des semaines de déclarations, de ripostes et de négociations. Bref, un brouillard durable. Et la crypto aime rarement le brouillard.
Washington en mode pause : le spectre du shutdown
Deuxième couche d’inquiétude : la perspective d’un government shutdown américain. Quand le financement fédéral patine, les marchés entendent “retard”, “blocage”, “incertitude”, même si l’impact concret est parfois limité à court terme.
Pour la crypto, le sujet est encore plus sensible à cause de la régulation. Un shutdown peut ralentir le calendrier politique et compliquer l’avancée de textes suivis par l’industrie, dont le Digital Asset Market Clarity Act.
Le CLARITY Act a déjà montré qu’il pouvait se gripper, même sans shutdown. Reuters a rapporté un report de discussions/amendements au Sénat, dans un contexte de critiques et de friction politique. Ajoutez une paralysie budgétaire, et le marché se dit que “le dossier crypto” peut encore être renvoyé à plus tard.
Bitcoin casse des niveaux : la mécanique des liquidations
Quand le marché est tendu, la technique fait le reste. Passer sous certains seuils déclenche des ventes automatiques, des stops, et surtout des liquidations sur les produits à levier. C’est rarement élégant. C’est souvent brutal.
Ce week-end et ce lundi, la baisse a effacé une partie de la capitalisation crypto en peu de temps. On évoque environ $100 milliards retranchés lors du mouvement, signe d’une sortie “en bloc” plutôt que d’une simple prise de bénéfices.
Dans ce type de phase, Bitcoin n’est pas “attaqué” parce qu’il serait faible. Il est vendu parce qu’il est vendable. C’est l’actif crypto le plus liquide. Et quand la panique arrive, la liquidité devient une porte de sortie… donc une cible.
Les rendez-vous macro qui peuvent retourner l’ambiance
Le marché ne tombe pas dans le vide. Il tombe juste avant des rendez-vous macro qui peuvent changer le décor. Le plus surveillé, c’est la réunion de la Fed des 27-28 janvier 2026. La décision est attendue le 28.
Si la Fed laisse les taux inchangés avec un ton jugé “plus souple”, l’appétit pour le risque peut revenir vite. À l’inverse, un discours ferme sur l’inflation ou sur la durée des taux élevés peut prolonger l’hiver, même si le calendrier montre déjà assez de nervosité.
Autre point sur l’agenda : la publication du PPI (inflation des prix à la production) de décembre 2025, prévue le 30 janvier 2026. Bitcoin réagit souvent aux surprises inflationnistes, car elles modifient les anticipations de taux.
Entre tarifs, shutdown et macro, la crypto n’a pas “un” problème. Elle a un empilement de doutes. Et dans ce marché, les doutes s’additionnent plus vite que les bonnes nouvelles.
