Le week-end, c’est censé être l’heure creuse des marchés. Pourtant, c’est précisément dans ce creux que le Bitcoin a encore rappelé sa spécialité : bouger vite, fort, et parfois sans prévenir. Et quand un visage ultra-médiatique comme Jim Cramer qualifie l’actif de « peu fiable » à court terme comme monnaie, la mèche se consume instantanément sur les réseaux.
En Bref :
- Jim Cramer critique la volatilité du Bitcoin et doute de sa fiabilité comme monnaie sur le court terme.
- Les mouvements du week-end amplifient la panique, faute de liquidité et avec des réactions techniques plus violentes.
- Il évoque une pression ciblée liée aux résultats de Strategy/Michael Saylor, ravivant le débat monnaie ou réserve de valeur.
Le vrai sujet n’est pas la chute du Bitcoin : c’est le mot “monnaie”
Cramer ne dit pas seulement “c’est volatile”. Il touche un point bien plus sensible : la capacité du Bitcoin à tenir le rôle de monnaie. Son raisonnement est simple, presque brutal : si un actif peut décrocher sur un week-end, il devient difficile de l’imaginer régler des salaires, des loyers ou des factures sans installer, à chaque paiement, une dose d’incertitude.
Ce qui rend la sortie encore plus piquante, c’est qu’au même moment, le mouvement inverse existe aussi : malgré ces secousses, l’idée d’un Bitcoin intégré aux stratégies publiques gagne du terrain, comme le montre le Tennessee qui accélère sur une réserve Bitcoin. Autrement dit, la question n’est plus seulement “ça monte ou ça baisse”, mais plutôt “à quoi sert vraiment le Bitcoin : une monnaie du quotidien, ou une réserve de valeur assumée ?”.
Et c’est là que la réaction devient électrique, parce que le débat “Bitcoin = monnaie” n’est jamais neutre. Dans la communauté, beaucoup acceptent la volatilité comme le prix à payer d’un actif jeune. D’autres, plus pragmatiques, le positionnent surtout comme réserve de valeur à long terme. En ciblant la fonction “monnaie”, Cramer ravive une fracture interne que tout le monde préfère oublier quand le prix monte.
Le week-end, ce laboratoire parfait pour les mouvements “bizarres”
Le week-end, la liquidité se raréfie. Moins de profondeur de carnet, plus d’écarts, et des réactions en chaîne plus faciles à déclencher. Résultat : un mouvement identique à celui d’un mercredi peut paraître “normal”, tandis que le même mouvement un dimanche ressemble à une alerte rouge. Plusieurs analyses ont noté un recul sous les 80 000 $ fin janvier 2026, dans une atmosphère de marché déjà tendue.
Le contexte macro n’aide pas. Quand l’appétit pour le risque se contracte, le bitcoin arrête parfois de jouer au “digital gold” et redevient, aux yeux des gérants, un actif sensible à la liquidité globale. Le Financial Times soulignait justement ce décalage : l’or montait pendant que le Bitcoin glissait, ce qui fragilise le récit protecteur que certains lui collent depuis des années.
La politique de marché derrière le tweet
Dans ses messages, Cramer lie la pression sur le Bitcoin à un calendrier précis : les résultats de Strategy attendus le 5 février 2026. Il laisse entendre que certains baissiers chercheraient à créer une ambiance de panique avant l’échéance, notamment parce que l’entreprise reste associée à la stratégie Bitcoin de Michael Saylor.
Ce passage est important, car il déplace le débat : on ne parle plus seulement de “Bitcoin peu fiable”, mais d’un marché où l’on peut attaquer des symboles. Et Cramer mentionne un mécanisme que Wall Street connaît bien : le short “contre les convertibles” (souvent une forme d’arbitrage), qui peut amplifier la pression sur l’action et, par ricochet, sur le narratif. Même si tout le monde n’adhère pas à sa lecture, l’idée de manœuvre organisée suffit à alimenter les commentaires.
