Des entités liées à Grayscale ont signalé des ventes de produits adossés à XRP et à la crypto Solana, au moment même où les flux d’ETF sur les altcoins se font nerveux. Le mouvement est documenté via des avis de revente, et il tombe dans une fenêtre où la confiance institutionnelle ressemble plus à un interrupteur qu’à une courbe.
En bref :
- Grayscale et des entités liées à DCG ont signalé des ventes de produits liés à XRP et Solana.
- Ces mouvements arrivent alors que les flux d’ETF altcoins restent fragiles, avec des sorties marquées sur certains produits.
- Le marché y voit surtout un ajustement de risque, plus qu’un rejet définitif de ces cryptos.
Des ventes “silencieuses” qui laissent des traces
Ce qui ressort des documents, c’est une mécanique réglementaire. U.S. Securities and Exchange Commission reçoit des formulaires de type 144, qui annoncent une intention de vendre des titres sous certaines conditions.
Dans le cas de la crypto Solana, Digital Currency Group a déclaré un projet de vente de 15 000 parts de GSOL, pour une valeur agrégée indiquée à 115 440 $, avec une date approximative au 2 février 2026. La vente passe par Canaccord Genuity, sur le marché OTCQB.
Le détail qui intrigue, c’est le contexte immédiat. Le même avis liste aussi des ventes précédentes, en blocs répétés, sur fin janvier 2026. Autrement dit, ce n’est pas un “one shot” isolé. C’est une réduction par paliers, propre, presque administrative.
XRP : le choc des rachats et la gêne des chiffres
Sur XRP, le récit est plus sensible parce que les flux d’ETF ont fait des embardées visibles. Un épisode a marqué les esprits : environ 98,39 M$ de sorties sur une seule séance pour GXRP fin janvier 2026, un montant qui a représenté l’essentiel des actifs du produit à ce moment-là, selon plusieurs suivis de marché crypto.
Dans ce climat, un rapport indique que DCG International Investments Ltd a cédé 3 620 parts de GXRP, pour 115 070 $, avec exécution datée du 2 février via Canaccord. Les titres auraient été acquis auparavant via une transaction de gré à gré.
Il faut garder la tête froide sur ce que cela signifie. Un formulaire 144 est un signal, pas une preuve de vente massive sur le marché au comptant. Mais quand le marché voit des rachats explosifs côté ETF, puis des insiders alléger, même modestement, la lecture devient politique. On ne parle plus seulement de prix. On parle de patience.
Les flux d’ETF, cette météo qui change d’heure en heure
Les ETF crypto ont un langage simple : entrées, sorties, et silence entre les deux. Sur Solana, les données de Farside Investors montrent un suivi quotidien des flux, produit par produit, avec GSOL dans la table.
Ce qui compte, ce n’est pas seulement un chiffre isolé. C’est le rythme. Quand les sorties s’alignent plusieurs jours, les desks réduisent l’exposition, même s’ils aiment l’actif “sur le long terme”. Le marché institutionnel déteste surtout une chose : devoir expliquer un drawdown qui n’était pas “dans le scénario”.
En parallèle, la structure même des produits rappelle qu’on n’achète pas la crypto “pure”. Par exemple, GXRP est présenté comme un produit coté donnant une exposition à XRP, avec des risques spécifiques, et sans les mêmes protections qu’un ETF enregistré sous le 40 Act. C’est écrit noir sur blanc dans les disclosures.
Ce que Grayscale et DCG semblent vraiment faire
On peut lire ces ventes comme un manque de foi. Ce serait trop simple. Une lecture plus réaliste, c’est la gestion du risque et de la liquidité. Quand un segment devient volatil, on réduit, on rééquilibre, et on laisse la narration aux autres.
Il y a aussi un facteur plus terre-à-terre : les conditions économiques des produits évoluent. Sur GSOL, NYSE Arca et l’écosystème des ETP crypto se livrent une guerre de frais et de “waivers”. Grayscale indique par exemple une période de frais réduits, avec une échéance de waiver mentionnée début février 2026. Ce type de calendrier peut influencer les arbitrages internes.
Enfin, il y a les personnes. Le même rapport évoque des réductions d’exposition par des dirigeants associés à l’écosystème Grayscale, dont Barry Silbert et Craig Salm. Là encore, ce n’est pas forcément un “vote contre” XRP ou Solana. C’est souvent un vote pour la flexibilité.
