Pendant que le monde surveille le conflit entre Washington et Téhéran, des fraudeurs ont transformé l’anxiété collective en source de revenus. ZachXBT vient d’exposer leur méthode avec une précision chirurgicale.
En bref
- ZachXBT expose un réseau structuré sur X qui monétise la peur de la guerre USA-Iran via des arnaques crypto coordonnées.
- Les escrocs rachètent des comptes établis, conditionnent leur audience avec du contenu alarmiste, puis basculent vers le pump and dump.
- Le réseau change de pseudonymes en permanence pour éviter toute traçabilité, mais les données blockchain trahissent des profits considérables.
Comment la peur devient une arme financière
La guerre entre les États-Unis et l’Iran n’est pas seulement une crise géopolitique, c’est désormais un outil d’escroquerie. Alors que le conflit entre dans sa quatrième semaine sans perspective de résolution, des fraudeurs ont transformé l’anxiété collective en machine à profits illicites.
ZachXBT, l’enquêteur blockchain le plus suivi du secteur, a identifié sur la plateforme X un réseau structuré de comptes coordonnés. Leur stratégie est simple mais redoutable : acheter des comptes disposant déjà d’une audience, puis inonder leurs abonnés de publications alarmistes sur le conflit. Une fois l’engagement atteint, ces mêmes comptes basculent vers la promotion d’arnaques crypto.
Les cibles ne sont pas choisies au hasard. Les escrocs visent délibérément les utilisateurs émotionnellement impliqués dans l’actualité du Moyen-Orient, des personnes dont le jugement est altéré par la peur. Cette vulnérabilité psychologique est le vrai carburant de l’arnaque.
ZachXBT a d’ailleurs formulé une mise en garde cinglante :
« Il est effrayant d’imaginer les conséquences si un État opérait le même stratagème plutôt qu’un escroc crypto, étant donné la facilité avec laquelle ce procédé est mis en œuvre. »
Une arnaque construite couche par couche
Le modus operandi révélé par ZachXBT suit une mécanique précise et répétable. D’abord, les fraudeurs achètent des comptes établis pour contourner la méfiance naturelle des utilisateurs envers les nouveaux profils. Ensuite, ils publient massivement du contenu lié à la guerre pour générer du trafic organique. Résultat : une audience captive, déjà en état d’alerte.
Une fois cette audience constituée, les comptes pivotent vers deux types d’arnaques classiques du secteur crypto : les faux concours et les schémas pump and dump. Le 22 février 2026, près de dix comptes X ont simultanément promu la crypto ORAMAMA dans le cadre d’une telle manipulation de cours, avant de n’en plus jamais reparler. Un silence qui confirme la nature purement spéculative et frauduleuse de l’opération.
Pour brouiller les pistes, le réseau change régulièrement de noms d’utilisateur et republie le même contenu sur plusieurs comptes liés. Cette technique de démultiplication amplifie artificiellement la portée des publications et complique considérablement leur traçabilité. Les données blockchain analysées par ZachXBT indiquent pourtant que ces campagnes ont généré des profits significatifs pour leurs orchestrateurs.
Ce phénomène ne s’inscrit pas dans un vide. Il s’ajoute à une recrudescence plus large des fraudes dans l’univers des actifs numériques : piratages de distributeurs automatiques de crypto, arnaques à l’investissement, usurpations d’identité. Le Minnesota a d’ailleurs récemment proposé d’interdire les ATM Bitcoin face à la multiplication des escroqueries qui leur sont liées.
Les escrocs crypto n’ont pas inventé la manipulation émotionnelle. Ils l’ont simplement industrialisée. En greffant leurs opérations sur une crise géopolitique réelle, ils bénéficient d’un flux continu d’attention anxieuse et d’une légitimité apparente que leurs propres contenus n’auraient jamais pu générer seuls. Tant que les plateformes ne traiteront pas ces réseaux comme une menace sérieuse, la prochaine crise mondiale aura déjà son écosystème frauduleux prêt à l’emploi.
