Les ETF Bitcoin au comptant américains s’enfoncent dans une séquence noire. Lundi, ils ont encore enregistré 483,8 millions de dollars de sorties nettes, portant leur série négative à 11 jours consécutifs. Le signal est brutal. En mai, ces fonds avaient déjà perdu 2,43 milliards de dollars, leur pire mois depuis novembre 2025. Le plus inquiétant vient de BlackRock : son ETF IBIT concentre l’essentiel de la fuite, avec 440,3 millions de dollars retirés en une seule journée.
Les ETF Bitcoin entrent dans une zone de panique froide
La décollecte actuelle prolonge un signal que le marché connaissait déjà : les ETF Bitcoin spot peuvent lâcher des centaines de millions de dollars en une seule séance. Cette fois, le problème n’est plus seulement l’ampleur d’une journée, mais la répétition.
La décollecte ne ressemble plus à un simple ajustement. Onze jours consécutifs de sorties nettes montrent une pression persistante. Les investisseurs ne réduisent pas seulement quelques positions. Ils retirent du capital de manière répétée.
Selon The Block, les ETF Bitcoin américains ont enregistré 483,8 millions de dollars de sorties nettes lundi, dans une série négative qui atteint désormais 11 jours.
Depuis le début de cette série, les ETF Bitcoin américains ont vu sortir environ 3,45 milliards de dollars. C’est un montant lourd, surtout pour un marché qui avait présenté ces produits comme le pont idéal entre Wall Street et Bitcoin.
Le contraste est sévère. Les ETF avaient été célébrés comme le grand moteur institutionnel du cycle. Ils deviennent maintenant une source de pression. Quand les flux se retournent, le récit change vite. L’argent qui avait porté Bitcoin peut aussi accélérer sa baisse.
BlackRock devient le symbole du malaise
IBIT de BlackRock concentre l’attention. Lundi, le fonds a enregistré 440,3 millions de dollars de sorties nettes. C’est presque toute la décollecte de la journée. Pour le marché, le message est difficile à ignorer.
BlackRock n’est pas un acteur secondaire. Son ETF représentait la validation ultime de Bitcoin par la finance traditionnelle. Le voir subir de fortes sorties donne une couleur beaucoup plus sombre à la correction actuelle.
Ce malaise s’inscrit dans une séquence plus large. Le marché s’inquiétait déjà lorsque BlackRock avait vendu près de 2 milliards de dollars de Bitcoin. La nouvelle sortie d’IBIT renforce l’idée que le soutien institutionnel peut se retourner rapidement.
La seule entrée nette notable de la journée vient de l’ETF MSBT de Morgan Stanley, avec 6,14 millions de dollars. Mais ce chiffre paraît minuscule face à l’hémorragie d’IBIT. Le déséquilibre est trop grand pour rassurer le marché.
Les institutions fuient vers l’IA
Selon Andri Fauzan Adziima, responsable de la recherche chez Bitrue Research Institute, la décollecte de mai s’explique par un environnement macroéconomique moins favorable. Inflation plus élevée, rendements obligataires en hausse et espoirs de baisse des taux affaiblis ont refroidi les investisseurs.
Dans ce contexte, les institutions semblent préférer d’autres actifs. Les actions liées à l’intelligence artificielle attirent davantage de capitaux. Elles offrent une histoire plus lisible, plus soutenue par les résultats des grandes entreprises technologiques.
Bitcoin se retrouve donc pris dans un piège narratif. Il reste un actif de long terme pour ses défenseurs. Mais à court terme, les grands investisseurs regardent surtout la performance, la volatilité et les flux. Et pour l’instant, les ETF crypto perdent cette bataille.
Cette concurrence des récits se voit aussi dans l’appétit de Wall Street pour les infrastructures liées à l’IA. Même les mineurs Bitcoin séduisent Wall Street avec le boom de l’IA, parfois davantage pour leur capacité électrique et informatique que pour leur exposition pure au BTC.
Bitcoin paie aussi le choc Strategy
La baisse du BTC aggrave la situation. Bitcoin a chuté lundi soir vers 70 200 dollars avant de se stabiliser autour de 70 750 dollars. Sur 24 heures, la baisse atteignait environ 3,6 %. Le seuil des 70 000 dollars devient donc une ligne de défense psychologique.
Les analystes pointent aussi les tensions entre les États-Unis et l’Iran. L’incertitude géopolitique pousse souvent les investisseurs à réduire leur exposition aux actifs les plus volatils. Bitcoin, malgré son récit de réserve alternative, reste traité comme un actif risqué dans ces phases de stress.
À cela s’ajoute la vente de BTC par Strategy. La société de Michael Saylor a vendu 32 bitcoins, une première depuis plusieurs années. Le montant est faible, mais le symbole est lourd. Pour Adziima, cette annonce a abîmé l’image des entreprises présentées comme investisseurs Bitcoin de long terme.
Ce choc rejoint la question ouverte autour de Strategy, ses dividendes et ses conditions de vente de Bitcoin. Quand les ETF sortent et que les trésoreries Bitcoin vendent, le marché perd deux piliers narratifs en même temps.
Le marché risque de tester plus bas
La tendance actuelle envoie un signal baissier à court terme. Les ETF vendent. Bitcoin recule. Les tensions macroéconomiques et géopolitiques restent présentes. Les investisseurs institutionnels ne semblent pas encore prêts à revenir massivement.
Il faut cependant éviter une conclusion trop rapide. Cette fuite peut traduire une prudence excessive plus qu’un rejet définitif de Bitcoin. Les grands fonds ajustent souvent leurs expositions selon les taux, les rendements et le risque global.
CoinDesk signalait déjà plus de 2,26 milliards de dollars de sorties sur deux semaines en mai. La séquence actuelle confirme donc une pression qui ne se limite pas à une seule journée.
Mais à court terme, le danger est réel. Si les sorties se poursuivent et que Bitcoin casse durablement les 70 000 dollars, le marché pourrait tester des niveaux plus bas. Les ETF Bitcoin devaient stabiliser le cycle. Pour l’instant, ils en révèlent surtout la fragilité.
En bref
- Les ETF Bitcoin américains subissent 11 jours consécutifs de sorties nettes.
- IBIT de BlackRock concentre la majorité de la fuite avec 440,3 millions de dollars retirés lundi.
- Bitcoin risque une nouvelle baisse si les flux institutionnels ne se retournent pas.
