Bitcoin n’est pas seul dans la tempête. Depuis leurs sommets respectifs, l’or a perdu environ 29 %, l’argent 52 % et le BTC près de 53 %. La chute touche donc l’ensemble des grands actifs rares. Mais cette comparaison cache des dynamiques différentes et surtout un même changement brutal : le marché ne paie plus aussi cher la protection contre la dépréciation monétaire.
Bitcoin partage désormais la baisse des métaux précieux
Cette correction commune éclaire le débat sur la dette américaine comme moteur potentiel du prochain rallye Bitcoin.
Le Bitcoin évolue autour de 60 000 dollars, contre un record proche de 126 000 dollars atteint en octobre 2025. Son recul dépasse ainsi 52 %. Cette correction figure parmi les plus profondes observées depuis le marché baissier de 2022.
L’or est passé d’un sommet proche de 5 600 dollars l’once à moins de 4 000 dollars. L’argent a subi un mouvement encore plus violent, tombant d’environ 120 dollars à moins de 59 dollars. Les pourcentages avancés sont donc globalement cohérents.
Il faut toutefois éviter une comparaison trop rapide. Bitcoin a culminé en octobre 2025, tandis que l’or et l’argent ont atteint leurs sommets en janvier 2026. Les trois baisses ne commencent donc pas exactement au même moment. Elles racontent néanmoins une rotation commune.
Le pari contre la dépréciation monétaire se retourne
Elle rejoint aussi les tensions autour de l’or et de sa valeur stratégique.
En 2025, les investisseurs achetaient de l’or, de l’argent et du Bitcoin pour une raison similaire. Ils craignaient l’endettement public, les déficits persistants et une perte progressive de la valeur des monnaies traditionnelles.
Ce scénario, souvent appelé « debasement trade », reposait également sur l’espoir de taux plus faibles. Lorsque les rendements obligataires diminuent, les actifs sans revenu comme l’or ou Bitcoin deviennent relativement plus attractifs.
Le contexte a changé. Les marchés envisagent désormais une politique monétaire plus restrictive et de possibles hausses de taux d’ici mars 2027. Le dollar et les rendements réels retrouvent ainsi de la force.
Dans cet environnement, conserver de l’or, de l’argent ou du Bitcoin devient moins séduisant. Les obligations offrent un rendement. Les actions américaines attirent les capitaux grâce au boom de l’intelligence artificielle. Les actifs rares perdent leur place centrale.
La chute simultanée ne signifie pas que ces trois actifs sont identiques. Elle montre plutôt qu’ils dépendaient partiellement du même carburant macroéconomique : une liquidité abondante et la peur de l’érosion monétaire.
Lorsque ce carburant disparaît, les investisseurs réduisent leur exposition. Ils vendent les actifs ayant fortement progressé, diminuent leur levier et recherchent des placements offrant des revenus plus visibles.
L’argent souffre davantage que Bitcoin et l’or
Les cours de l’or et des autres matières premières peuvent être suivis via Trading Economics.
L’argent affiche la plus forte baisse, avec un recul supérieur à 50 %. Sa volatilité structurelle explique une partie du mouvement. Son marché est plus petit et moins liquide que celui de l’or.
Le métal blanc possède aussi une importante demande industrielle. Il dépend de l’électronique, des panneaux solaires, des batteries et de la fabrication. Les craintes de ralentissement économique peuvent donc peser sur lui plus fortement que sur l’or.
Bitcoin se situe entre deux mondes. Il est présenté comme une réserve de valeur, mais se comporte souvent comme un actif technologique très sensible à la liquidité. Sa chute proche de 53 % confirme que son profil défensif reste incomplet.
L’or résiste mieux, malgré une baisse d’environ 29 %. Il bénéficie de la demande des banques centrales, d’un marché ancien et d’un rôle reconnu dans les réserves officielles.
Le constat reste néanmoins sévère. Aucun de ces actifs n’a protégé les investisseurs contre une correction rapide. La rareté limite l’offre. Elle n’empêche pas le prix de chuter lorsque la demande disparaît.
Les trois marchés ont également souffert de prises de bénéfices. Leurs hausses précédentes avaient attiré les capitaux spéculatifs. Lorsque la tendance s’est retournée, ces mêmes capitaux ont accéléré la baisse.
Une baisse commune, mais des reprises différentes
Pour Bitcoin, le signal peut être rapproché de la zone “Fire Sale” observée sur certains indicateurs historiques.
La correction actuelle peut représenter la fin d’un excès plutôt que l’échec définitif des actifs rares. L’or, l’argent et Bitcoin avaient tous enregistré des progressions spectaculaires avant leur retournement.
Leurs prochains moteurs seront pourtant différents. L’or dépendra des achats des banques centrales, des tensions géopolitiques et des taux réels. L’argent devra aussi compter sur la demande industrielle et le cycle économique mondial.
Bitcoin aura besoin d’un retour des flux vers les ETF, d’une amélioration de la liquidité et d’une reprise de la confiance institutionnelle. Son offre reste limitée, mais cette rareté ne crée pas seule une demande durable.
Une baisse coordonnée peut également préparer une divergence. Depuis février, Bitcoin a mieux résisté que l’or et surtout que l’argent en performance relative. Il pourrait donc rebondir plus rapidement si le marché retrouve le goût du risque.
À l’inverse, une nouvelle hausse des taux prolongerait probablement la pression. Les investisseurs doivent donc regarder au-delà des pourcentages et identifier les forces propres à chaque marché.
Le message reste brutal. Bitcoin n’est pas isolé. Le pari mondial sur les actifs rares se dégonfle. Mais lorsque le prochain cycle commencera, l’or, l’argent et le BTC ne repartiront probablement ni au même rythme ni pour les mêmes raisons.
En bref
Bitcoin, l’or et l’argent chutent depuis leurs sommets.
La perspective de taux plus élevés affaiblit les actifs rares.
La rareté ne protège pas contre une baisse brutale de la demande.
