Kiev a subi dans la nuit du 1er au 2 juillet l’une des attaques russes les plus massives depuis le début de l’invasion à grande échelle. Des centaines de drones et des dizaines de missiles ont visé la capitale ukrainienne pendant plusieurs heures. Le bilan provisoire atteint au moins 30 morts, tandis que les opérations de recherche se poursuivent dans les bâtiments endommagés.
Kiev visée par près de 500 drones et 74 missiles
L’attaque contre Kiev s’est distinguée par son ampleur. Selon la présidence ukrainienne, la Russie a lancé 496 drones d’attaque et 74 missiles de différents types contre l’Ukraine. Près de la moitié des missiles étaient balistiques. La capitale constituait la cible principale de cette offensive.
Les explosions ont duré une grande partie de la nuit. Des milliers d’habitants ont rejoint les stations de métro et les abris souterrains. Plus de 50 000 personnes auraient trouvé refuge dans le réseau métropolitain pendant les bombardements. Le bruit des interceptions, des impacts et des alertes a transformé la nuit en longue attente.
Les autorités ukrainiennes ont recensé des dégâts sur environ 130 sites à Kiev. Une soixantaine d’immeubles résidentiels, un hôtel, une station d’ambulances, des entreprises et un institut de recherche ont notamment été touchés. Dans le district de Darnytskyi, un missile a directement frappé un bâtiment de neuf étages et détruit 64 appartements.
Un bilan qui continue de s’alourdir à Kiev
Les premiers bilans faisaient état de 17, puis de 21 et 22 morts. Le nombre de victimes a ensuite été relevé à au moins 30 après la découverte de nouveaux corps dans les décombres. Plusieurs dizaines de personnes ont également été blessées. Ces chiffres peuvent encore évoluer avec la poursuite des recherches.
Les secouristes ont travaillé sur plusieurs sites simultanément. Les services d’urgence ont extrait des habitants des immeubles endommagés, éteint des incendies et sécurisé les structures fragilisées. Des volontaires de la Croix-Rouge ukrainienne ont aussi rejoint les équipes professionnelles pour soigner les blessés et rechercher d’éventuels survivants.
La ville a déclaré une journée de deuil. Pour les habitants, le retour au calme ne signifie pas la fin du danger. Certains ont perdu leur logement. D’autres doivent attendre la fin des inspections avant de pouvoir récupérer leurs affaires. L’attaque laisse derrière elle une capitale qui fonctionne encore, mais sous une pression psychologique croissante.
Une stratégie destinée à épuiser la défense aérienne
L’utilisation simultanée de drones et de missiles complique fortement le travail de la défense ukrainienne. Les drones peuvent arriver par plusieurs directions et obliger les systèmes antiaériens à multiplier les interceptions. Les missiles balistiques, beaucoup plus rapides, laissent quant à eux très peu de temps pour réagir.
Cette combinaison vise aussi à saturer les capacités disponibles. Même lorsqu’une grande partie des projectiles est détruite, quelques impacts suffisent à provoquer des pertes importantes dans une ville densément peuplée. L’attaque de Kiev montre donc que le taux d’interception ne raconte qu’une partie de la réalité.
Moscou affirme avoir visé des installations militaires, énergétiques et des aérodromes en réponse à de récentes attaques ukrainiennes. Les autorités ukrainiennes soulignent cependant l’ampleur des dégâts observés dans les quartiers résidentiels. Cette divergence accompagne désormais chaque grande vague de frappes.
Kiev réclame davantage de systèmes antiaériens
Volodymyr Zelensky demande à nouveau aux partenaires occidentaux d’accélérer la livraison de systèmes capables d’intercepter les missiles balistiques. Le président ukrainien estime qu’une défense plus dense aurait pu réduire le bilan de l’attaque. Il appelle particulièrement les États-Unis et les pays européens à renforcer leur soutien.
La multiplication des attaques sur Kiev intervient alors que les discussions diplomatiques ne produisent toujours pas de cessez-le-feu durable. Les bombardements deviennent ainsi un moyen de pression militaire, mais aussi politique. Ils rappellent aux Ukrainiens que la capitale reste accessible aux armes russes malgré les défenses installées autour de la ville.
Pour les habitants, cette nouvelle offensive dépasse les statistiques militaires. Elle impose des nuits dans le métro, des écoles perturbées et une vigilance permanente. Kiev résiste, mais chaque attaque massive use un peu plus les infrastructures et les nerfs d’une population entrée dans la cinquième année de guerre.
En bref
- Kiev a été visée par 496 drones et 74 missiles.
- Au moins 30 personnes ont été tuées.
- L’Ukraine réclame davantage de défenses antiaériennes.
