Bitcoin remonte au-dessus de 61 000 dollars alors que les négociations entre les États-Unis et l’Iran détendent le marché pétrolier. Pour Cathie Wood, la réouverture progressive du détroit d’Ormuz affaiblit fortement le scénario d’une nouvelle flambée du brut. Ce changement réduit la pression inflationniste, mais il ne suffit pas encore à garantir une reprise durable du BTC.
Bitcoin profite du recul du risque géopolitique
Bitcoin évoluait autour de 61 900 dollars le 3 juillet, après avoir retrouvé plus de 2 % en une journée. La cryptomonnaie avait touché environ 57 800 dollars le 1er juillet. Elle a donc récupéré près de 4 000 dollars en quelques séances.
Ce rebond accompagne les progrès annoncés dans les discussions entre Washington et Téhéran. Les investisseurs anticipent désormais une diminution du risque autour du détroit d’Ormuz, passage essentiel pour le transport mondial de pétrole. Les marchés reviennent ainsi progressivement vers les actifs risqués.
La réaction de Bitcoin reste toutefois mesurée. L’actif demeure très loin de son sommet historique d’octobre 2025. Il sort aussi d’un mois difficile, marqué par des ventes institutionnelles et une défiance persistante envers le marché crypto.
Cathie Wood ne croit plus à une envolée durable du pétrole
Cathie Wood estime que le scénario haussier du pétrole perd rapidement sa crédibilité. La dirigeante d’ARK Invest considère que la reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz ramènera davantage de brut sur le marché mondial. Cette hausse de l’offre pourrait exercer une pression durable sur les cours.
Le Brent évoluait près de 72 dollars le baril le 3 juillet. Le WTI américain se situait autour de 68,70 dollars. Les deux références ont fortement reculé depuis les sommets enregistrés pendant l’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Le marché pétrolier commence même à intégrer un risque plus faible de pénurie. Les stocks restent élevés et plusieurs producteurs du Golfe ont augmenté leurs exportations. Citi estime que le Brent pourrait descendre entre 60 et 65 dollars avant la fin de 2026 si la trêve se maintient.
La baisse du pétrole peut soutenir Bitcoin
Un pétrole moins cher réduit les coûts de transport, de production et d’électricité. Il limite aussi le risque d’une nouvelle accélération de l’inflation. Pour Bitcoin, cet environnement peut devenir favorable, car les banques centrales disposent alors de moins de raisons pour maintenir des taux élevés.
Des taux plus bas améliorent généralement l’accès à la liquidité. Les rendements obligataires deviennent moins attractifs, tandis que les investisseurs recherchent davantage de performance sur les actions technologiques et les cryptomonnaies. Bitcoin bénéficie souvent de cette rotation, même si la relation n’est jamais automatique.
Le marché reste surtout dépendant de la Réserve fédérale américaine. Une détente du pétrole ne suffira pas si la Fed conserve un discours agressif face aux salaires ou à l’inflation des services. En juin, Bitcoin avait déjà peu réagi aux premières annonces de paix avant de retomber après des signaux monétaires plus restrictifs.
Les ETF Bitcoin recommencent à acheter
Le rebond bénéficie également du retour des capitaux vers les ETF Bitcoin au comptant. Le 2 juillet, ces produits ont enregistré environ 223,5 millions de dollars d’entrées nettes. Fidelity a attiré 166 millions de dollars, tandis que l’ETF ARK 21Shares a reçu 91,8 millions.
Cette séance a interrompu une longue série de sorties. Les ETF avaient subi dix journées consécutives de retraits, pour un total supérieur à 2,7 milliards de dollars. Le retour des entrées ne constitue pas encore une tendance, mais il montre que certains investisseurs ont profité du passage sous 60 000 dollars pour renforcer leurs positions.
La situation reste fragile. Citigroup a récemment abaissé son objectif à douze mois pour Bitcoin de 112 000 à 82 000 dollars. La banque évoque la faiblesse des flux, le ralentissement de l’adoption et les incertitudes réglementaires aux États-Unis. Son scénario pessimiste situe même le BTC à 53 000 dollars.
Bitcoin dispose donc d’un environnement légèrement plus favorable. La baisse du pétrole soulage l’inflation et le retour des ETF apporte une demande réelle. Mais une confirmation exige plusieurs séances d’entrées, une stabilisation au-dessus de 60 000 dollars et une Fed moins restrictive.
En bref
- Bitcoin rebondit avec la détente entre Washington et Téhéran.
- Cathie Wood anticipe une nouvelle baisse du pétrole.
- Les ETF Bitcoin ont retrouvé des entrées après dix séances de retraits.
