La banque centrale européenne semble désormais peu disposée à relever ses taux dès juillet. Après le resserrement décidé en juin, le recul de l’inflation et la baisse du pétrole réduisent l’urgence d’une nouvelle intervention. Cette pause offrirait un peu d’air aux marchés financiers. Bitcoin pourrait en profiter, même si sa trajectoire reste surtout liée aux décisions américaines.
Banque centrale européenne : un changement de ton après la hausse de juin
La banque centrale européenne avait relevé son taux de dépôt de 2 % à 2,25 % le 11 juin. Cette décision visait à empêcher le choc énergétique lié aux tensions au Moyen-Orient de se propager aux prix, aux services et aux salaires.
Une nouvelle hausse en juillet restait alors sur la table. Plusieurs responsables redoutaient que la progression du pétrole entraîne une hausse durable des coûts de transport, de production et d’alimentation. La banque centrale européenne voulait donc préserver sa crédibilité face au risque inflationniste.
Mais le contexte s’est rapidement détendu. Le pétrole a reculé avec l’apaisement partiel des tensions géopolitiques. Surtout, les effets secondaires redoutés ne se sont pas matérialisés avec l’intensité prévue.
Plusieurs membres du Conseil des gouverneurs défendent désormais une approche plus patiente. Ils souhaitent attendre les prochaines données avant de relever encore les coûts du crédit. Une hausse précipitée pourrait affaiblir une économie européenne dont la croissance reste fragile.
L’inflation ralentit et réduit la pression sur la BCE
L’inflation de la zone euro a ralenti à 2,8 % en juin, contre 3,2 % en mai. Les économistes anticipaient environ 3 %. Le mouvement s’avère donc légèrement plus marqué que prévu.
L’inflation sous-jacente a également diminué. Elle est passée de 2,6 % à 2,4 %. Cet indicateur exclut notamment l’énergie et certains produits alimentaires volatils. Il permet à la banque centrale européenne d’observer les tendances de fond.
Le ralentissement des services constitue un signal important. Cette catégorie reste étroitement liée aux salaires et à la demande intérieure. Une baisse durable limiterait le risque de voir l’inflation s’installer au-dessus de l’objectif de 2 %.
Ces chiffres n’effacent toutefois pas les risques. Les prix de l’énergie restent supérieurs à leurs niveaux d’avant-crise. La canicule, les difficultés agricoles et la hausse éventuelle des engrais pourraient aussi relancer l’inflation alimentaire.
La banque centrale européenne devrait donc rester prudente. Une pause en juillet ne signifierait pas la fin du cycle de resserrement. Elle permettrait plutôt d’observer si la désinflation se confirme avant une éventuelle décision en septembre ou en octobre.
Une pause de la banque centrale européenne soulagerait les marchés
Une pause éviterait une nouvelle hausse immédiate des coûts de financement. Les ménages, les entreprises et les États endettés gagneraient un peu de visibilité. Le crédit resterait cher, mais la pression cesserait temporairement de s’accentuer.
Les taux immobiliers ne devraient pas baisser brutalement. Les banques fixent leurs conditions en fonction des anticipations monétaires sur plusieurs mois. L’absence de hausse en juillet pourrait ralentir leur progression, sans annuler le resserrement déjà engagé.
Les marchés boursiers pourraient accueillir favorablement ce changement de ton. Des taux moins élevés réduisent le coût du capital. Ils rendent également les actions plus attractives face aux obligations.
L’euro pourrait cependant s’affaiblir si la Réserve fédérale américaine reste plus restrictive. Un écart plus important entre les taux américains et européens favoriserait le dollar. Cette situation renchérirait certaines importations, notamment l’énergie.
La banque centrale européenne doit donc avancer avec précaution. Elle cherche à soutenir une économie peu dynamique sans provoquer une nouvelle vague inflationniste par l’intermédiaire d’un euro trop faible.
Bitcoin peut respirer, mais la Fed conserve le dernier mot
Pour Bitcoin, une banque centrale européenne moins agressive constitue un signal modérément positif. Une politique monétaire plus souple améliore souvent l’appétit pour les actifs risqués. Elle réduit aussi la pression exercée par les rendements obligataires.
L’effet direct restera néanmoins limité. Le marché crypto dépend davantage de la liquidité mondiale, des décisions de la Fed, des flux vers les ETF Bitcoin et du comportement des investisseurs américains.
Une pause européenne accompagnée de nouvelles hausses américaines pourrait même renforcer le dollar. Or, un dollar plus fort exerce souvent une pression sur Bitcoin et sur les autres actifs libellés en dollars.
Le scénario le plus favorable serait un ralentissement coordonné de l’inflation en Europe et aux États-Unis. Les deux grandes banques centrales pourraient alors abandonner progressivement leur discours de durcissement.
Cette évolution reste incertaine. La banque centrale européenne prévoit encore une inflation moyenne de 3 % en 2026 et de 2,3 % en 2027. Le risque d’une nouvelle hausse plus tard dans l’année n’a donc pas disparu.
La réunion du 23 juillet devrait surtout confirmer une pause. Pour Bitcoin, ce recul du risque monétaire européen offre un peu d’oxygène. La direction du prochain mouvement majeur devrait toutefois continuer à se décider à Washington.
En bref
- La banque centrale européenne devrait éviter une nouvelle hausse en juillet.
- Le ralentissement de l’inflation réduit l’urgence d’un resserrement.
- Bitcoin peut en profiter, mais la Fed reste plus déterminante.
